Le vaccin Pfizer réduirait aussi le risque de transmission de la Covid-19. © terovesalainen, Adobe Stock
Santé

Le vaccin de Pfizer diminue significativement la charge virale 12 jours après la première dose

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[EN VIDÉO] Comment fonctionne un vaccin à ARN messager ?  Pfizer et Moderna ont choisi cette technique de pointe pour concevoir en un temps record leur vaccin contre le Covid-19. Cette vidéo présente tout ce qu'il faut savoir sur les vaccins à ARN messager en trois minutes ! 

Une étude israélienne, récemment prépubliée, est parue dans Nature Medicine. Cette dernière indique que la charge virale est plus faible chez les personnes vaccinées par le vaccin élaboré par Pfizer.

Début février (voir ci-dessous), nous partagions les résultats d'une étude prépubliée qui indiquait que le vaccin Pfizer diminuait la charge virale. Elle a finalement été publiée dans une revue à comité de relecture, Nature Medicine, sous la forme d'une communication, le 29 février dernier. Les résultats, revus et corrigés, confirment ceux de la prépublication : les personnes infectées par le coronavirus après avoir reçu une première dose du vaccin Pfizer ont une charge virale plus faible que les personnes non-vaccinées.

Les personnes ayant reçu une dose de vaccin Pfizer voient leur charge virale diminuer après 12 jours. © Justin Tallis, AFP, Archives

Une charge virale plus faible après le vaccin Pfizer

Ici, la charge virale a été estimée grâce au cycle de seuil (Ct) observé lors des RT-PCR de dépistage réalisés auprès de 4.938 patients en Israël. Le Ct correspond au nombre de cycles d'amplification nécessaires pour atteindre le seuil de détection du coronavirus dans l'échantillon. Il dépend de plusieurs paramètres, dont la charge virale initiale de l'échantillon. Ainsi, un Ct élevé indique qu'il faut beaucoup de cycles d'amplification pour détecter le coronavirus dans l'échantillon, et donc qu'il n'est présent qu'en faible quantité.

Entre 12 et 28 jours, après la première dose du vaccin Pfizer, le cycle de seuil augmente significativement en comparaison avec le groupe de personnes non-vaccinées qui ont le même profil démographique. Les Ct varient selon les gènes du coronavirus recherchés (nucléocapside, enveloppe ou ARN polymérase du virus) mais, dans tous les cas, sa valeur est plus haute. Les auteurs indiquent que ces différences de Ct se traduisent par une charge virale 2,8 à 4,5 fois moins importante chez les vaccinés. Mathématiquement, une charge virale plus faible devrait diminuer le risque de transmission du virus, mais cela reste à confirmer.

Pour en savoir plus

Espoir et prudence : le vaccin Pfizer réduirait aussi la charge virale

Article publié le 9 février 2021 par Julien Hernandez

Une récente étude prépubliée suggère que le vaccin développé par le laboratoire Pfizer pourrait aussi avoir un effet sur la charge virale des personnes vaccinées. Selon des résultats préliminaires à prendre avec précaution, il pourrait la réduire, ce qui, dans une perspective mécaniste, pourrait conduire à une baisse des transmissions. 

Une bonne nouvelle sur la planète Covid-19 ? Même si les résultats que nous vous présentons sont à prendre avec précaution car ils sont issus d'une étude prépubliée, qui n'est donc pas encore passée par la case peer-review, nous ne résistons pas à saupoudrer un peu d'espoir dans cette lutte contre ce virus qui dure depuis plus d'un an désormais. Ces données proviennent d'expériences réalisées par des chercheurs israéliens. En effet, ce pays compte plus de 650.000 personnes vaccinées depuis le 25 janvier. 

Une charge virale qui semble réduite entre 12 et 28 jours après l'infection 

En analysant des échantillons de patients infectés (vaccinés et non vaccinés), les chercheurs ont remarqué que le nombre de seuils de cycle pour détecter la présence du virus à l'aide d'un test PCR était plus important entre 12 et 28 jours après l'infection chez les échantillons des personnes vaccinées. Cela suggère donc qu'il y a moins de matériel génétique du virus chez les patients vaccinés, étant donné qu'on a plus de difficulté à détecter l'ARN du virus via un test PCR au fur et à mesure que l'infection évolue. Les mesures de charges virales se rejoignent à nouveau après 28 jours, lorsque la charge virale revient progressivement à des quantités faibles, même chez les patients non vaccinés.

La vaccination augmenterait le seuil de cycle nécessaire pour détecter le matériel génétique du virus dans un échantillon lors d'un test PCR. © Medrxiv

Prudence avec les données d'observations 

Toutefois, même si ces résultats sont encourageants et poussent à l'engouement, il faut rester mesuré comme dans toutes analyses de résultats scientifiques. Ces données émanent d'une étude d'observation et pas d'une étude clinique, contrôlée et randomisée. Même si les chercheurs ont fait en sorte d'apparier leurs données afin de disperser l'influence de variables d'intérêts connues - l'âge et le sexe notamment - on ne peut occulter, dans le cadre d'une étude d'observation, l'influence de facteurs de confusion (état de santé de base des patients, infection à un variant qui se traduit par une charge virale plus basse) qui ne serait pas portée à notre connaissance.

Enfin, les échantillons prélevés sont issus de la cavité nasopharyngée. Les résultats ne valent donc que pour la présence du virus dans cette cavité. Cependant, elle n'est pas toujours la zone la plus représentative de la charge virale et du potentiel infectieux du patient. Il est donc important d'attendre plus de données pour conclure définitivement. Mais un peu d'espoir, pourvu qu'il soit mesuré et ne pousse pas à la cacophonie médiatique, ne fait de mal à personne. 

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