Des scientifiques chinois ont créé un vaccin anti-Covid sous forme de patch. © Andrey Popov, Adobe Stock
Santé

Bientôt des patchs de vaccinations contre la Covid-19 ?

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Se faire vacciner sans douleur et sans aiguille, c'est ce que promettent les patchs. Des scientifiques chinois travaillent sur ces dispositifs vaccinaux innovants pour lutter contre la Covid-19.

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Les pays développés ont pu massivement vacciner leur population, mais ce n'est pas le cas partout. Dans les pays pauvres, les vaccinés contre la Covid-19 sont minoritaires car ils n'ont pas accès aux doses vaccinales, accaparées par les autres nations, ou ils n'ont pas la logistique pour assurer la chaîne du froid. En effet, les vaccins aujourd'hui autorisés, surtout les vaccins à ARNm sont fragiles. Ils doivent être conservés au froid pendant tout le transport jusqu'aux centres de vaccination pour garantir leur sûreté et leur efficacité.

Le patch vaccinal mis au point à l'Académie des Sciences de Pékin. © Yue Yin et al., ACS Nano 2021

Un patch vaccinal à 100 aiguilles

Les scientifiques de l'Académie des sciences de Pékin proposent un vaccin anti-Covid sous forme de patch qui n'a pas besoin d'être stocké au froid. Le patch, constitué de 100 micro-aiguilles biodégradables s'applique sur la peau sans douleur. Chaque pic, plus fin que le dard d'une abeille, contient une molécule d'ADN qui code pour la protéine S ou la protéine de nucléocapside du SARS-CoV-2, ainsi qu'un adjuvant. Les cellules immunitaires, nombreuses dans la peau, intègrent l'ADN et expriment alors un morceau du SARS-CoV-2 qui active les autres effecteurs de l'immunité.

Des souris vaccinées avec ce procédé ont présenté une réponse immunitaire robuste, aussi bien cellulaire qu'humorale, et aucun effet secondaire. Ces essais préliminaires ne permettent pas de conclure sur l'efficacité et la sûreté de ce vaccin en patch chez l'être humain. Seuls des essais cliniques rigoureux pourront répondre à ces questions. Le prototype des scientifiques chinois n'en est pas encore à ce stade. Le patch peut être stocké jusqu'à 30 jours à température ambiante sans perdre ses capacités immunogéniques. Si l'efficacité contre la Covid-19 de ce patch se confirme, il pourrait devenir une alternative intéressante aux vaccins aujourd'hui disponibles pour les pays qui en sont privés. 

Pour en savoir plus

Se faire vacciner en portant un patch : la révolution des micro-aiguilles

Article écrit par Claire Peltier, publié le 23 juillet 2010

Un patch qui délivre un vaccin, c'est la nouvelle méthode de vaccination, a priori efficace et sans danger, mise au point par des chercheurs de l'institut de technologie de Géorgie à l'Université d'Emory.

Les phobiques des aiguilles n'auront plus aucune excuse pour ne pas aller se faire vacciner ! En effet, la vaccination à l'aide d'une seringue et d'une aiguille sera peut-être bientôt dépassée. Et avec elle, tous les problèmes qu'elle pouvait causer : des douleurs lorsque la piqûre est mal réalisée, ou pire, des contaminations par le virus du Sida ou de l'hépatite B lors de la réutilisation de seringues, dans les pays pauvres.

Aujourd'hui, place au patch ! Des chercheurs américains de l'université d'Emory en Géorgie ont mis au point un système constitué d'une centaine de micro-aiguilles remplies d'antigènes, fixées à un patch qui s'applique sur la peau. Les micro-aiguilles, composées d'un polymère biocompatible (poly-vinyl pyrrolidone, connu pour être sans danger), se dissolvent progressivement dans la peau en 5 à 15 minutes, laissant la solution pénétrer dans l'organisme et activer le système immunitaire.

Les aiguilles ont une longueur de 650 micromètres (moins d'un millimètre), le tout sur un patch plus petit que le bout du doigt. Les aiguilles ne vont pas plus loin que le niveau de la peau, ce qui est plutôt une bonne chose : la peau contient en effet beaucoup de cellules présentatrices d'antigènes, impliquées dans l'immunité, qui seront activées par les antigènes.

Les chercheurs ont choisi de tester leur technologie en vaccinant des souris contre la grippe. Un groupe de souris a été vacciné de manière traditionnelle (injection de l'antigène à l'aide d'une seringue dans le muscle), un deuxième lot de souris a été traité avec le patch (dont les micro-aiguilles ont donc été remplies avec des antigènes), et enfin un groupe contrôle de souris a reçu un patch aux micro-aiguilles vides.

Le patch composé de 100 micro-aiguilles, est plus petit qu'une pièce de monnaie. S'il vient à être validé après des essais cliniques positifs, le patch devrait permettre d'améliorer la vaccination à plusieurs niveaux : coût, rapidité et sécurité. © Jeong-Woo Lee / Nature Medicine

Efficace et pas cher, c’est le patch que je préfère

Trente jours plus tard, les souris ont été infectées par une grande quantité de virus de la grippe. Alors que les souris contrôles n'ont pas survécu, les souris des deux autres groupes sont restées en bonne santé. De plus, l'immunité est plus stable dans le temps : trois mois après la vaccination, d'autres souris soumises à une infection virale ont combattu plus efficacement le virus lorsqu'elles avaient été préalablement vaccinées par le patch, plutôt que par une seringue. D'après ces résultats, publiés dans le journal Nature Medicine, le patch confèrerait donc une très bonne immunité aux souris, aussi bonne, sinon meilleure que celle apportée par la vaccination traditionnelle.

Les patchs ont d'autres avantages, dus à leur conditionnement. Les antigènes lyophilisés sont placés à la base de chaque aiguille, qui sont ensuite polymérisées à température ambiante sous rayons ultra-violets. Les patchs et les antigènes peuvent ainsi se conserver très longtemps. Ils pourraient être achetés en pharmacie ou envoyés directement au domicile des patients, qui pourraient alors s'administrer le vaccin eux-mêmes.

Avant sa généralisation, la technique doit tout d'abord être testée cliniquement pour écarter tout risque de complication, due au polymère utilisé, et pour certifier de l'efficacité de la protection immunitaire. Cette technique pourrait par la suite faciliter les procédures de vaccination, réduire les coûts de consommables et de personnel, et sécuriser les patients dans les pays où les seringues sont sources de contaminations.

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