Chaque année, parmi les bonnes résolutions figure souvent la volonté de faire plus de sport. Mais il n'est pas facile de rester motivé. Une étude montre que chez des souris obèses, l'inactivité serait en fait liée à un problème au niveau des récepteurs de la dopamine. En comprenant mieux les causes de la sédentarité, les chercheurs espèrent trouver des moyens pour encourager l’activité physique des personnes obèses.
Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Notre second cerveau responsable de l'obésité ? Raphaël Moriez, neurobiologiste à l’université de Nantes, explique le lien qu’il vient de découvrir avec ses collègues entre le système nerveux entérique, aussi appelé « second cerveau », et l’obésité. © Inserm

Vous vous êtes promis de vous mettre sérieusement au sport en 2017 ? Ceux qui ont déjà fait ce type de bonne résolution du Nouvel An savent qu'il n'est pas toujours évident de s'y tenir sur le long terme. Une étude parue dans Cell Metabolism apporte un nouvel élément de réponse pour expliquer notre manque de motivation à faire du sport lorsque l'on a des kilos en trop : les chercheurs ont trouvé que, chez les souris obèses, l'inactivité physiquephysique provient d'une altération des récepteurs de la dopaminedopamine.

L'obésité est associée à l'inactivité physique et la sédentarité augmente le risque de problèmes de santé liés au surpoidssurpoids, comme le diabètediabète de type 2 ou les maladies cardiovasculairesmaladies cardiovasculaires. Comment expliquer cette association entre obésitéobésité et inactivité physique ? Certes l'excès de poids peut être invalidant, car il ne facilite pas les mouvementsmouvements. Mais cette nouvelle étude montre que ce n'est pas la seule raison.

Avant de travailler sur l'obésité, Alexxai Kravitz, chercheur au NIH à Bethesda, a fait des recherches sur la maladie de Parkinson. Quand il a commencé à s'intéresser à l'obésité, il a été frappé par des ressemblances entre les comportements de souris obèses et de souris Parkinson. Or dans la maladie de Parkinsonmaladie de Parkinson, les neuronesneurones à dopamine sont détruits.

L’activité physique présente de nombreux atouts pour la santé. Encore faut-il trouver la motivation. © Goran Bogicevic, Shutterstock

L’activité physique présente de nombreux atouts pour la santé. Encore faut-il trouver la motivation. © Goran Bogicevic, Shutterstock

L’obésité induit un déficit du récepteur D2 de la dopamine

La dopamine est un neurotransmetteurneurotransmetteur impliqué dans le circuit de la récompense. D'autres travaux ont fait un lien entre un problème de signalisation de la dopamine et l'obésité, suggérant que le système de la récompense était altéré chez les personnes obèses. Ici, les chercheurs se sont demandé si l'inactivité pouvait être liée à un problème de signalisation de la dopamine, étant donné que celle-ci joue un rôle dans le mouvement.

Durant 18 semaines, des souris ont été nourries soit avec un régime standard, soit avec un régime riche en graisses. À partir de la deuxième semaine, celles qui mangeaient gras ont commencé à grossir plus que les témoins. À la quatrième semaine, elles faisaient moins d'exercice que les autres.

Les chercheurs ont trouvé que les souris obèses et inactives avaient un déficit dans la fixation sur le récepteur D2 de la dopamine, dans le striatum. En revanche, les niveaux de dopamine et le récepteur D1 de la dopamine n'étaient pas affectés. Des expériences ont confirmé le lien entre récepteur D2 et activité physique : sans récepteurs D2, des souris minces génétiquement modifiées faisaient moins d'activité. À l'inverse, en restaurant la signalisation de la dopamine (en agissant sur la protéine Gprotéine G couplée au récepteur D2), il était possible d'augmenter l'activité des souris obèses.

L'obésité induirait donc une baisse de motivation pour le sport en agissant sur les récepteurs de la dopamine. Pour Danielle Friend, principale auteur de l'article : « Il y a probablement d'autres facteurs impliqués aussi, mais le déficit en D2 est suffisant pour expliquer le manque d'activité ». La baisse de l'activité physique serait plus une conséquence qu'une cause de l'obésité chez la souris.