À l’arrivée de la cinquantaine, les fonctions reproductrices chez la femme ralentissent progressivement jusqu’à la ménopause qui marque l’arrêt de l’ovulation et la disparition des règles. Pourtant, une activité sexuelle fréquente pourrait retarder ce phénomène. Voilà le constat établi par une étude menée pendant dix ans auprès de plusieurs milliers de femmes qui se sont confiées sur leurs habitudes sexuelles.

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Contrairement à l'homme, la femme ne peut pas procréer tout au long de sa vie. Le glas de son horloge biologiquehorloge biologique sonne quand elle atteint la ménopause. Cet état physiologique inévitable est marqué par l'arrêt de l'ovulationovulation et la disparition des règles ainsi que par la diminution progressivement de l'œstrogèneœstrogène et de la progestéroneprogestérone. Elle apparaît généralement chez les femmes entre 45 et 55 ans, et entraîne un ensemble de symptômes désagréables comme des bouffés de chaleurchaleur ou des troubles du sommeiltroubles du sommeil.

Des chercheurs de l'University College London ont tissé un lien entre cette période charnière dans la vie d'une femme et son activité sexuelle, laquelle, pratiquée au moins une fois par semaine, réduit ses chances de ressentir les effets de la ménopauseménopause, quel que soit son âge, en comparaison avec une femme moins active, côté « roucoulades ». Conserver une activité sexuelle informerait le corps qu'il y a toujours une chance de procréer, ce qui influencerait le cycle ovarien en prolongeant la production d'ovuleovule.

Une courbe de survie de l'apparition de la ménopause naturelle en fonction de l'âge et des habitudes sexuelles des femmes présentes dans le panel. © Margot Arnot et Ruth Mace
Une courbe de survie de l'apparition de la ménopause naturelle en fonction de l'âge et des habitudes sexuelles des femmes présentes dans le panel. © Margot Arnot et Ruth Mace

Un rapport sexuel hebdomadaire éloignerait la ménopause

Pour cette étude, 2.938 femmes se sont exprimées sur leurs habitudes sexuelles pendant dix ans. Ce panel était constitué majoritairement de femmes mariées ou en concubinage et de mères, ayant de deux enfants en moyenne. Aucune d'entre elles n'était déjà ménopausée mais elles étaient toutes à l'aubeaube de cette transition physiologique. Parmi elles, 46 % étaient péri-ménopausées, c'est-à-dire que ces femmes éprouvaient des troubles dans leur cycle menstruel ainsi que les premières bouffées de chaleur. Les autres étaient en pré-ménopause sans symptôme apparent. Selon le questionnaire, 45 % des femmes du panel ont expérimenté une ménopause naturelle à environ 52 ans.

En modélisant les habitudes sexuelles -- comprenant la pénétration, mais aussi le sexe oral ou la masturbation -- en fonction de l'âge de l'apparition de la ménopause, les scientifiques ont remarqué que la régularité d'une activité sexuelle hebdomadaire chez les femmes retardait de 28 % les effets désagréables de la ménopause comparativement avec la situation de femmes moins actives et ce, peu importe leur âge. « Ces résultats suggèrent que si une femme n'a pas de rapport sexuel, et qu'elle n'a plus la possibilité d'être enceinte, l'organisme choisit de ne plus investir dans l’ovulation, comme si c'était inutile. Il s'agit peut-être d'un « troc » d'énergieénergie entre la fonction reproductrice et une autre, comme l'implication dans les liens familiaux », explique Megan Arnot, premier auteur de l'étude.

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Bien que la ménopause soit un changement physiologique qu'aucune habitude de vie ne saurait prévenir, celle-ci semble s'adapter aux chances de procréer. Ainsi, une vie sexuelle riche et épanouie éloigne un peu ce moment redouté par la plupart des femmes.