Face au risque de la Covid-19, nous sommes tous différents. © Good Studio, Adobe Stock
Santé

Quel genre de preneur de risque êtes-vous face au Covid-19 ?

ActualitéClassé sous :Pandémie , psychologie , mesures barrière

[EN VIDÉO] Certains gels hydroalcooliques vendus en France sont inefficaces  La DGCCRF, en charge des contrôles et de la répression des fraudes, indique que 73% des gels hydroalcooliques vendus sur Internet, dans les petits commerce ou les grandes surfaces sont soit non conformes soit dangereux. 

Une récente étude s'est intéressée aux variations psychologiques des individus en fonction de leur prise de risque face à la Covid-19. 

Les mesures comportementales ont permis de sauver des vies. Pourtant, nous ne respectons pas tous ces indications sanitaires de la même manière, c'est un fait. Certains prennent plus de risques que d'autres. Comment expliquer ces variabilités individuelles en matière de prise de risque au niveau psychologique ? Des chercheurs qui publient leur étude dans la revue Judgment and Decision Making se sont penchés sur la question.

Risque actif et risque passif 

Tout d'abord, il convient de faire la distinction entre deux types de comportements : le risque actif et le risque passif. Ce sont deux concepts assez simples à comprendre. Le risque actif fait intervenir physiquement l'agent (par exemple continuer à se serrer la main même en période de pandémie) tandis que le risque passif le fait intervenir par omission (par exemple oublier de se laver les mains avec du gel hydroalcoolique à l'entrée d'un magasin). Les scientifiques font bien la distinction entre ces deux types de prises de risques dans leur article. 

Pour analyser les 215 participants de l'étude dans ces deux groupes, les investigateurs utilisent deux outils standardisés :

  • une échelle de prise de risque passif comportant 25 énoncés mesurant la passivité de la prise de risque dans de nombreux domaines. Le sujet doit alors auto-évaluer son accord avec l'énoncé sur une échelle de 1 (très improbable) à 7 (très probable) ;
  • une échelle de prise de risque spécifique au domaine comportant 30 énoncés mesurant la probabilité d'engagement des sujets dans des activités décrites relatives à plusieurs domaines de la vie, toujours sur une échelle de notation de 1 à 7, similaire à la précédente. 
Oublier de se laver les mains avec du gel hydroalcoolique est un risque passif. © Tierney, Adobe Stock

Les variables d'intérêts 

Dans leur expérience, les scientifiques font aussi passer des questionnaires au même échantillon afin d'étudier les éventuelles associations entre les deux types de prises de risques susmentionnées et des variables d'intérêts comme la perspective temporelle du futur ou l'hédonisme du présent, la maîtrise de soi et bien évidemment leurs comportements réels lors de la pandémie de Covid-19

Les hypothèses prédictives a priori des auteurs sont les suivantes : 

  • une corrélation positive entre les résultats de l'échelle de prise de risque passive et les comportements risqués passifs dans le questionnaire Covid ; 
  • une corrélation positive entre les résultats de l'échelle de prise de risque spécifique au domaine et les comportements risqués actifs dans le questionnaire Covid ;
  • les comportements risqués actifs du questionnaire Covid peuvent prédire les résultats de l'échelle de prise de risque spécifique au domaine, ainsi que celle relative au self-control (l'inhibition dans ce cas précis) et celle de la perspective temporelle (plus dirigée vers le présent hédoniste dans le cas précis) ; 
  • les comportements risqués passifs du questionnaire Covid peuvent prédire les résultats de l'échelle de prise de risque passive, ainsi que celle relative au self-control (l'initiation dans ce cas précis) et celle de la perspective temporelle (plus dirigée vers un futur potentiel dans ce cas précis). 
Les personnes tournées vers le présent prennent moins de risques passifs que celles tournées vers le futur. © Racle fotodesign, Adobe Stock

Que disent les résultats ? 

Les deux premières hypothèses, assez intuitives, sont confirmées par les analyses de données des chercheurs : on est plutôt un preneur de risque passif (actif, respectivement) si nous avons un score élevé à l'échelle de prise de risque passif (de prise de risque spécifique au domaine, respectivement). En revanche, les résultats sont beaucoup moins évidents pour les deux dernières hypothèses. En effet, il semblerait, selon cette seule étude, que les individus plus tournés vers le présent soit moins des preneurs de risques passifs que ceux tournés vers le futur. 

Pour expliquer cela, les auteurs suggèrent que cela était prévisible : actuellement, la menace de maladie est dans le présent et elle est constamment mise en lumière. Dès lors, il semble cohérent que les personnes qui sont enclines à vivre « ici et maintenant » soient également prêtes à agir davantage (c'est-à-dire à éviter les risques passifs) afin d'éviter de tomber malades. Les auteurs rappellent que leur étude comporte des limites et que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour identifier davantage les différences individuelles dans le respect des mesures sanitaires liées à la Covid-19.

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