La consommation de lait de vache n'est pas associée à une incidence plus élevée de cancer du sein. © svetlana_cherruty, Adobe Stock
Santé

Non, boire du lait de vache n'augmente pas le risque de cancer du sein

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Une nouvelle étude d'observation vient d'être publiée et reprise dans la presse qui affirme que « boire du lait de vache augmenterait le risque de cancer du sein ». Sauf que cette affirmation est erronée. Voici pourquoi.

Une nouvelle étude vient d'être publiée dans l'International Journal of Epidemiology et les journaux se sont empressés de reprendre l'info en titrant « Boire du lait de vache augmenterait le risque de cancer du sein ». C'est ce qu'on pourrait appeler de la mésinformation. Nous vous expliquons pourquoi.

Que nous dit réellement l'étude ? 

Si l'on voulait donner une réponse cohérente à cette question, il faudrait dire ceci : après ajustement statistique des consommations de soja, un apport modéré à élevé de lait de vache augmente le risque relatif de développer un cancer de 22 à 84 % chez les femmes ménopausées ou en préménopause qui fréquentent les églises adventistes. Pas vraiment la même chose que « boire du lait de vache augmenterait le risque de cancer du sein », n'est-ce pas ? 

Ensuite, c'est une étude d'observation qui vient s'inscrire dans un corpus de preuves déjà disponibles. Si l'on veut bien traiter l'information, il convient de se familiariser avec ce corpus. Or, les méta-analyses disponibles dans la littérature scientifique concernant la consommation de lait de vache (écrémé, demi-écrémé et entier) et le risque de cancer du sein dans la population générale aboutissent à la conclusion qu'il n'existe aucune corrélation entre ces deux variables.

De plus, les auteurs précisent bien que la corrélation entre lait de vache et cancer du sein devient positive uniquement lorsqu'on ajuste celle-ci par rapport à la consommation de soja dans leur cohorte. Seule, elle ne l'est pas. Mais le plus étonnant, c'est cela : sur cette cohorte de 52.795 femmes, seulement 1.057 ont développé un cancer du sein au cours du suivi alors même que la prévalence pour la région est d'une femme sur huit. Une femme sur huit, pour une cohorte de cette taille, on s'attendrait à voir, statistiquement, pas moins de 6.599 cas de cancer. Mais si vous avez bien suivi, l'échantillon de base est biaisé, on peut donc conclure qu'il y a apparemment moins de cas de cancer dans cette sous-catégorie de la population nord-américaine, peut-être grâce à des composantes de leur mode de vie.

Par ailleurs, on peut aussi se demander si ces cas de cancer ne seraient pas survenus quand même, avec ou sans consommation (excessive ou non) de lait de vache ou de soja. Il faudrait pour cela, connaître le taux de base d'incidence du cancer dans cette population précise. Enfin, les auteurs s'enlisent dans des explications causales pour justifier leurs résultats. Rappelons qu'il faut mettre en évidence un fait avant d'en chercher la cause.

Ne changez pas vos habitudes alimentaires à cause de ces résultats (sauf excès). © doucefleur, Fotolia

Que faire ? 

Sauf si vous avez une consommation excessive de soja ou de lait de vache, ne changez pas vos habitudes alimentaires concernant ces deux aliments à cause de ces résultats. Adoptez un régime alimentaire équilibré, riche en fruits et légumes de type méditerranéen, pratiquez une activité physique régulière et évitez les toxiques tels que l'alcool ou le tabac si vous voulez prendre soin de votre santé et réduire votre risque de développer un cancer plus tard dans votre vie. Rappelons que consommer des produits laitiers n'est absolument pas essentiel. Vous pouvez en consommer pour le plaisir si vous les aimez, à hauteur de deux par jour selon les recommandations diététiques en vigueur.

  • La consommation de lait de vache n'est pas associée à une augmentation de l'incidence de cancer du sein dans les méta-analyses disponibles sur le sujet. 
  • Cette nouvelle étude est observationnelle, et constate une augmentation du risque dans une cohorte très particulière et seulement si l'incidence est ajustée par rapport à la consommation de soja.
  • Il n'y a aucune raison de modifier vos habitudes alimentaires (sauf excès majeur) à cause des résultats de cette étude.
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