Une nouvelle étude publiée grâce aux données de la cohorte française NutriNet-Santé met en évidence une corrélation entre la consommation d'aliments ultra-transformés et le développement du diabète de type 2.

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Existe-il une corrélation entre consommation d'aliments ultra-transformés et cette pathologiepathologie si répandue et qui ne fait que s'accroître au fil du temps, qu'est le diabètediabète de type 2 ? Oui, selon les données de la cohortecohorte NutriNet-Santé. Après avoir souligné des corrélations entre mortalité toutes causes confondues, cancer et consommation d'AUT (Aliments Ultra Transformés), cette grande collecte d'informations sur ce que mangent les Français -- surtout les femmes, au regardregard de la composition de la cohorte : 80 % de femmes -- nous apprend que leur consommation est aussi associée au diabète de type 2. Mais, comme à chaque fois, l'étude NutriNet-Santé met en évidence une corrélation et non une causalité de par son caractère observationnel.

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Le saviez-vous ?

Un aliment ultra-transformé est un faux aliment qui a été recomposé à l'aide de fractions de plusieurs aliments naturels. La biodisponibilité des sucres et des graisses est généralement accrue au sein de ces produits, de même que leur vitesse d'absorption.

Ce que dit l'étude

L'étude met en évidence que, pour chaque augmentation de 10 % d'AUT dans une journée d'alimentation, le risque de développer un diabète de type 2 augmente lui aussi de 15 %. Et ces statistiques restent significatives -- c'est-à-dire qu'elles ont peu de chance d'être dues au simple hasard -- même après ajustements et corrections par les chercheurs en prenant en compte d'autres caractéristiques importantes comme la qualité globale de l'alimentation, les co-morbidités associées ou encore les variations de poids. C'est à partir de 100 grammes d'AUT par jour que le risque augmente et cela, même si l'ensemble de l'alimentation est peu, voire non transformée

Au supermarché, misez plutôt sur l'achat de produits frais. © benjaminnolte, Adobe Stock
Au supermarché, misez plutôt sur l'achat de produits frais. © benjaminnolte, Adobe Stock

Des recommandations de santé publique en mouvement 

Les dernières recommandations de Santé publique France vont dans le sens de toutes ces études d'observations. Même si on ne sait pas si une relation de causalité existe bel et bien, mieux vaut inciter la population à manger des aliments frais. Les AUT, de par l'ensemble des procédés technologiques qu'ils subissent, sont souvent des aliments avec une densité calorique élevée, c'est-à-dire qu'ils sont très caloriques, et une densité nutritionnelle faible, c'est-à-dire qu'ils sont pauvres en nutriments essentielsnutriments essentiels.

Une alimentation trop peu riche en produits bruts conduit inexorablement à des carences. Elle est aussi symptomatique de la co-existence, dans les pays développés, entre obésitéobésité et malnutrition. Des aliments qui gavent sans nourrir vraiment. Ils sont à consommer avec parcimonie. En plus de l'argument santé, cuisiner des aliments frais possède un atout de taille : c'est considérablement moins cher que d'acheter des préparations industrielles. Privilégions donc le fait-maison.