Santé

Le Truvada, un antirétroviral redoutable contre le Sida

ActualitéClassé sous :médecine , SIDA , VIH

-

Un antirétroviral, le Truvada, avait déjà montré son efficacité pour réduire le risque d'infection par le VIH par une prise quotidienne préventive. L'étude Ipergay montre aujourd'hui que, chez les hommes homosexuels, la prise au moment du rapport sexuel est encore plus efficace. Avec des effets secondaires faibles, le Truvada suscite donc de très grands espoirs.

Le VIH ou virus de l'immunodéficience humaine est l’agent responsable du Sida. © Microbe World, Flickr, CC by-nc-sa 2.0

Chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, la prise d'un traitement antirétroviral préventif, le Truvada, au moment des rapports diminue de 86 % le risque d'infection au VIH. Ce résultat prometteur ressort de l'étude Ipergay menée par l'agence nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites (ANRS). Elle a été menée à partir de 2012 chez 414 hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) dans le cadre d'un essai randomisé en double aveugle. Autrement dit la moitié du groupe prenait du Truvada au moment des rapports sexuels, l'autre un placebo.

Tous les participants ont bénéficié d'un ensemble de mesures de prévention : conseils individualisés, distribution de préservatifs et de gel, dépistages répétés du VIH, dépistage et traitement des autres infections sexuellement transmissibles, vaccination contre les hépatites B et A, mise à disposition du traitement post-exposition etc.

L'étude Ipergay a mesuré l'efficacité d'un traitement PrEP (prophylaxie pré-exposition) à la demande, c'est-à-dire par la prise d'un médicament au moment d'un rapport sexuel. © ANRS

Le risque d'infection diminue de 86 %

Après un suivi moyen de près de 13 mois, les chercheurs ont constaté que 16 hommes ont été infectés par le VIH : 14 dans le groupe « placebo » et deux dans le groupe « Truvada ». Le risque relatif d'infection est donc diminué de 86 %. D'ailleurs, il se trouve que les deux personnes infectées dans le groupe « Truvada » avaient en réalité interrompu la prise du traitement préventif. Ce dernier a été globalement bien toléré. « Il n'a pas engendré plus d'effets secondaires graves que le placebo », indique l'ANRS dans un communiqué. Il a en revanche provoqué des nausées et des douleurs abdominales.

« Si nous apportons aujourd'hui une réelle innovation dans la prévention du VIH, nous avons également innové dans la manière dont nous avons mené la recherche, en établissant un partenariat très original avec le monde associatif, déclare le professeur Jean-François Delfraissy, directeur de l'ANRS. Avec l'association AIDES, d'une part, qui a construit avec nous le protocole de recherche [et] en a co-assuré le suivi [...], mais aussi avec le comité d'associations LGBT, d'autre part, qui a veillé tout au long de l'étude à ce que soit garanti l'intérêt des participants à la recherche ».

Cela vous intéressera aussi