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SRAS : fin d'une épidémie ou accalmie provisoire ?

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Il y a deux semaines nous apprenions qu'une maladie ressemblant étrangement au SRAS sévissait dans deux maisons de retraites au Canada et avait déjà fait 6 morts. Depuis l'OMS a déclaré que le virus responsable de cette maladie n'était pas le virus du SRAS. Cependant, des zones d'ombres inquiétantes demeurent inexpliquées, notamment pourquoi certains malades se sont révélés positifs au dépistage du virus du SRAS.

L'hémisphère Nord est maintenant dans la saison des grippes. La grippe ayant des symptômes respiratoires proches de ceux provoqués par le SRAS, il va être nécessaire d'effectuer un dépistage systématique des malades afin de s'assurer que l'épidémie ne refait pas surface. L'OMS appelle d'ailleurs les autorités sanitaires à débuter aussi rapidement que possible les campagnes de vaccination contre la grippe, afin de faciliter le suivie épidémiologique du SRAS.

Actuellement les analyses effectuées sur des échantillons prélevés sur les malades au Canada sont contradictoires d'un laboratoire à l'autre. Pour le laboratoire de microbiologie national de Winnipeg le virus pourrait être un hybride entre le SRAS et un virus apparenté moins virulent.

Tout a commencé en Juillet, lorsque le personnel d'une maison de retraite développa des symptômes assimilables à la grippe. Dix personnes âgées développèrent par la suite une pneumonie classique, 6 personnes décédèrent. Malgré le fait que ces symptômes n'étaient pas typiques du SRAS, des tests furent effectués. Chez 8 patients un fragment d'ADN identique au gène " M " présent dans la souche de SRAS " TOR2 " (responsable de l'épidémie à Toronto) fût identifié. Chez un autre patient, un fragment d'ADN connu pour être présent uniquement dans le virus du SRAS et absent de tous les autres coronavirus connus actuellement, a été mis en évidence. L'équipe a aussi montré que les anticorps des patients convalescents reconnaissaient fortement les protéines du SRAS.

Cependant, un autre laboratoire (celui qui séquença le premier le génome du SRAS) indiqua il y a deux semaines, qu'il n'avait pas été en mesure d'identifier le moindre gène caractéristique du SRAS chez les malades. En revanche les chercheurs identifièrent des séquences très similaires à des séquences présentent dans un autre coronavirus le OC43, qui est responsable des rhumes.

Ces résultats contradictoires pourraient s'expliquer si les malades ont été infectés simultanément par les deux virus, ou par un virus hybride entre le SRAS et le OC43. Enfin une dernière possibilité est que ce mystérieux virus est un virus encore inconnu.

Le virus du SRAS a été mis en évidence chez de très nombreuses espèces animales ce qui est assez inhabituel puisque généralement un virus n'infecte qu'un nombre restreint d'espèces. Il est donc possible qu'il existe une grande variété du virus du SRAS. Dans ce cas-là, de grandes précautions devront être prises afin de suivre leurs transmissions. Mais cela risque de s'avérer une tache difficile sans un test fiable.

A l'heure actuelle, aucun réponse n'existe pour expliquer ces différents résultats, les laboratoires concernés n'utilisent pas exactement les mêmes outils pour leurs diagnostiques. Il est donc possible que ces différences proviennent de problèmes techniques.
En revanche, si ces laboratoires ont réellement mis en évidence un nouveau virus qui ne provoque pas le SRAS, mais qui réagit positivement au test de détection, cela risque de compliquer sérieusement la surveillance d'une éventuelle réapparition du SRAS.

Personne ne sait si l'épidémie de SRAS peut resurgir où non. Seule une surveillance accrue et précise des infections pulmonaires permettra d'éviter une seconde épidémie mondiale.

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