Santé

Santé dans les prisons : VIH et hépatite C à des taux très élevés

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Une enquête nationale révèle l'état de santé des personnes incarcérées en France. Il y a de quoi s'inquiéter, car les incidences du VIH et de l'hépatite C y sont six fois plus élevées que dans le reste de la population. Et ces virus touchent surtout les femmes...

Selon l’enquête Prévacar, en prison, 2,5 % des personnes incarcérées sont touchées par le VIH et le virus de l'hépatite C. © Luftlüzer, Wikipédia, cc by sa 3.0

Parmi les 60.975 détenus que comptait la France en 2010 dans 188 établissements pénitentiaires, 2.154 individus ont été tirés au sort. L'objectif de l'enquête Prévacar était d'estimer la prévalence du VIH et du virus de l'hépatite C (VHC), ainsi que leur prise en charge. Il ressort de ce travail que 2,5 % des personnes incarcérées étaient infectées par les deux virus. Et ceci depuis de nombreuses années. Dans la dernière édition du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), les auteurs s'inquiètent du « risque de transmission par voie sanguine, en cas de partage de matériel ou de pratiques à risque ».

La prévalence du VIH s'est établie à 2 %. Elle était plus élevée chez les femmes (2,6 %) que chez les hommes (2 %). Pour le VHC, la prévalence était estimée à 4,8 %. La différence entre les deux sexes était encore plus significative : 11,8 % chez les femmes contre 4,5 % chez les hommes ! Ainsi en milieu carcéral, les prévalences de ces maladies sont six fois plus élevées que dans population générale.

Le VIH, ici représenté au microscope, est à l'origine du Sida, une maladie qui détruit le système immunitaire et qui le rend vulnérable à la moindre infection. © A. Harrison, P. Feorino, CDC, DP

Après le VIH et le VHC, la tuberculose et le VHB

Au total, 75 % des patients séropositifs au VIH recevaient un traitement antirétroviral. Concernant le VHC, la proportion était seulement d'un malade sur deux. « Ces résultats indiquent que les traitements sont disponibles en milieu carcéral, mais leur accès pourrait être amélioré », soulignent les auteurs.

Cette étude a montré la faisabilité d'enquêtes au niveau national en milieu pénitentiaire en France, afin d'améliorer la surveillance de la santé des détenus. Elle ouvre la voie à de nouveaux projets réalisables selon une méthodologie similaire pour d'autres thématiques : tuberculose, hépatite B, santé mentale, diabète, etc.

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