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Peurs et traumatismes : une thérapie pour les atténuer en dormant ?

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Sujets à des phobies ou à un stress post-traumatique ? Oubliez le psy et restez dans votre lit. Car c'est peut-être durant la nuit qu'agira une thérapie qui vise à éteindre les peurs. Lors d'une expérience préliminaire, elle a plutôt bien fonctionné chez 15 patients.

Pour faire table rase du passé et oublier certains traumatismes ou phobies, des chercheurs proposent une thérapie durant le sommeil pour éviter de trop souffrir de l'objet de ses peurs. © Alessandro Zangrill, Wikipédia, DP

Une peur irraisonnée du vide ou des araignées ? Un souvenir traumatisant qui continue à hanter les nuits ? Face à ces craintes, les psychologues proposent aujourd'hui des thérapies par l'exposition. Il s'agit de confronter le patient à l'objet de ses angoisses dans une situation sans danger, afin de faire progressivement disparaître son anxiété. Mais pour certains, la démarche est un véritable calvaire. Que faire ?

Alors que l'on pensait que cette thérapie n'était effective que chez des personnes éveillées et conscientes, des chercheurs de l'université Northwestern, dans la banlieue de Chicago (États-Unis), ont cependant imaginé que l'on pourrait obtenir le même effet thérapeutique chez des sujets endormis. Voilà ce qu'ils ont expliqué dans la revue Nature Neuroscience.

La thérapie vient en dormant

Seuls 15 volontaires ont pris part aux expériences. Dans un premier temps, ils observaient des photos de visages présentées en même temps qu'une odeur particulière, comme celle de la menthe, du citron ou de la rose. Pour deux visages (et donc deux odeurs), les participants recevaient un léger choc électrique. Lorsque les photos en question repassaient, les volontaires manifestaient leur crainte en anticipation de la décharge par une augmentation bien marquée de la sudation. En parallèle, l'activité de l'amygdale, région du cerveau impliquée dans les émotions et la peur, était observée.

De nombreuses peurs apparaissent durant l'enfance. Des angoisses qui naissent beaucoup plus vite qu'il ne faut de temps pour les oublier... © Pink Sherbet Photography, Flickr, cc by 2.0

Après cette douloureuse expérience, tous les cobayes étaient invités à faire une sieste de deux heures, avec des électrodes sur la tête afin de mesurer les ondes cérébrales. Grâce à cette mesure, les chercheurs ont pu déterminer quand les participants rentraient dans le sommeil profond, phase durant laquelle le cerveau se repasse et renforce les souvenirs de la journée. À ce moment-là, l'une des odeurs associées aux chocs électriques était relâchée toutes les 30 secondes dans la pièce. Les sujets n'avaient pas été informés de cette démarche. D'abord, ils ont commencé par transpirer beaucoup, puis progressivement, les sécrétions ont diminué.

Une fois réveillés, les participants ont dû une fois encore se confronter aux différents portraits, toujours associés aux mêmes parfums. Au visionnage de la photo en lien avec l'odeur diffusée durant le sommeil, la sudation avait nettement baissé par rapport à ce qui avait été observé durant la première phase. L'activité de l'amygdale avait également changé, suggérant l'établissement d'un nouveau souvenir, plus doux, ayant remplacé l'autre. En revanche, pour l'autre visage qui déclenchait le choc électrique (et dont l'odeur associée n'avait pas été diffusée lors de la sieste), la peur était toujours aussi présente.

Effacer les peurs, aussi simple qu’une nuit de sommeil ?

Une découverte bien accueillie par la communauté des spécialistes. Alors que l'on pensait que se rappeler un souvenir durant le sommeil avait plutôt tendance à le renforcer, dans certains cas il pourrait être atténué. Mais ce travail n'en est qu'à une phase bien préliminaire : il reste à déterminer la durée d'efficacité ou encore à mesurer l'impact du sommeil régulier, auquel on s'adonne durant la nuit.

Cependant, les auteurs le confessent, les vrais traumatismes et les phobies bien installées sont indubitablement plus complexes à traiter que ce cas de figure artificiellement créé. Quelle pertinence cette thérapie aura-t-elle dans la vie réelle?

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