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Le percholoroéthylène des pressings vit-il ses derniers jours ?

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Le ministère de l'Écologie annonce étudier de plus près la nocivité du perchloroéthylène, un solvant couramment utilisé dans les pressings et dont les vapeurs pourraient être toxiques pour les employés et le voisinage. Le produit devrait disparaître progressivement.

Les vapeurs de perchloroéthylène (C2Cl4) seraient cancérigènes et nocives pour différents organes, à commencer par le système respiratoire et les yeux, mais aussi le système nerveux, les reins et le foie. D'autre part, certains pensent que le solvant pourrait favoriser des pathologies psychiatriques comme la schizophrénie. Il est également toxique pour l'environnement mais est pourtant déversé dans les égouts. © Benjah-bmm27, Wikipédia, DP

Le perchloroéthylène, ce solvant utilisé dans les pressings, vit-il ses derniers jours ? Classé comme « potentiellement cancérigène » par l'Union européenne (UE) et néfaste pour l'environnement, il est pour le moment toujours autorisé en France. C'est pourquoi le ministère de l’Écologie a mis en consultation, fin 2011, un projet d'arrêté encadrant « les installations de nettoyage à sec l'utilisant ».

« Contrairement à ce que l'on peut entendre ici et là, il ne s'agit là que d'un projet d'arrêté ministériel, explique Patricia Blanc de la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) auprès du ministère en charge de l’ÉcologieAvant d'être adopté, il sera soumis, cet été, à la signature du ministre de l'Écologie. »

Ce texte prévoit :

  • l'interdiction immédiate du perchloroéthylène dans les nouvelles installations ; 
  • la fermeture immédiate des installations induisant une contamination des riverains supérieure à 1.250 microgrammes par mètre cube ;
  • l'arrêt au 1er janvier 2014 des installations de plus de 15 ans ;
  • l'arrêt des installations existantes dites non NF au 1er janvier 2018 ;
  • l'arrêt au 1er janvier 2022 des installations NF qui ne respecteraient pas certaines distances de rejet par rapport aux bâtiments voisins.
Le perchloroéthylène est un solvant utilisé dans les nettoyages à sec, et pour dégraisser les métaux. Mais il n'est pas sans risque pour la santé des personnes exposées. Il risque donc de vivre ses derniers jours. © Phovoir

Le percholoroéthylène, un suspect qui sera enfin jugé

Le perchloroéthylène est le solvant le plus utilisé par les pressings pour le nettoyage à sec. Il sert également à dégraisser les pièces métalliques dans les industries automobile et métallurgique. On le trouve également dans quelques produits d'usage ménager comme des solvants pour la peinture ou pour enlever les taches.

Il est classé par l'Union européenne (UE) comme « cancérigène suspecté de catégorie 3 ». Autrement dit, ses effets sont probables, mais les preuves scientifiques sont insuffisantes. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) le classe quant à lui comme un cancérigène probable (catégorie 2A). « En cas d'exposition fréquente et intense, le perchloroéthylène peut se révéler toxique pour les reins et le système nerveux, et provoquer des irritations des yeux et des voies respiratoires, ainsi que des vertiges et des nausées » précise le ministère en charge de la Santé dans un communiqué.

Les vapeurs nocives pour les pressings et les alentours

Selon le collectif associatif, Réseau environnement santé (RES), « lors de l'ouverture du hublot d'une machine de nettoyage à sec, les vapeurs de perchloroéthylène s'échappent. Les personnes travaillant ou habitant au-dessus d'un pressing sont exposées à ces vapeurs. Ces dernières peuvent traverser le béton et les planchers. Les alentours des pressings au perchloroéthylène sont aussi très souvent contaminés et sont dangereux pour les passants, clients et voisins des pressings au perchloroéthylène ».

Pour étayer son propos, le RES rappelle le cas d'une septuagénaire décédée en 2009 et dont l'appartement était situé au-dessus d'un pressing. Son autopsie avait révélé la présence du solvant dans presque tous ses organes. Le procès du gérant, pour homicide involontaire, est d'ailleurs en cours à Nice.

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