Santé

De nouvelles cibles pour lutter contre l'hypercholestérolémie

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Trois études publiées à quelques jours d'intervalle apportent différentes pistes pour réduire l'athérosclérose due à l'hypercholestérolémie. Si ces recherches aboutissaient un jour, de nouveaux traitements devraient faire reculer nettement les maladies cardiovasculaires.

La nourriture grasse est très fortement déconseillée aux personnes atteintes d'athérosclérose. À l'avenir, les régimes deviendront deviendront-ils moins stricts si l'on parvient à mettre sur le marché des traitements efficaces ? © Chris Bakelet, Flickr, cc by nc nd 2.0
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Petite piqûre de rappel. Le cholestérol n'est rien d'autre qu'une molécule lipidique fondamentale de l'organisme car elle se trouve impliquée à différents niveaux (composant des membranes plasmiques, précurseurs des hormones stéroïdes, synthèse de neurotransmetteurs...). Synthétisé dans les cellules du foie et de l'intestin, ce lipide est transporté aux différents organes via la circulation sanguine.

Par sa nature hydrophobe, le cholestérol se lie à des transporteurs pour se solubiliser dans le sang. Les transporteurs chargés d'amener le lipide du foie vers les organes sont appelés LDL (pour low density lipoprotein). Dès lors qu'ils ne peuvent se lier aux cellules-cibles ou que leur densité est trop élevée, ces couples LDL-cholestérols se déposent dans les vaisseaux sanguins. À force de s'accumuler, ils forment une plaque d'athérome. Le diamètre des conduits diminue et, dans certains cas, les vaisseaux finissent même par se boucher.

Ce trouble, appelé athérosclérose, est à l'origine de nombreuses maladies cardiovasculaires, dont on compte parmi les plus célèbres les infarctus, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou les angines de poitrine.

Le cholestérol est une longue molécule de formule C27H46O. Elle joue de nombreux rôles dans l'organisme, servant notamment de précurseurs aux hormones stéroïdes comme la testostérone ou l'estradiol. © Boris TM, Wikipédia, DP

Davantage d'IDOL, moins de LDL

Des études parues en décembre viennent de montrer deux nouvelles cibles pour la mise au point de médicaments contre l'hypercholestérolémie. Parmi ces travaux, deux ont été menés conjointement par des chercheurs de l'université de Leicester (Grande-Bretagne) et d'autres de l'université de Californie à Los Angeles (États-Unis). Il a été remarqué qu'une enzyme, nommée IDOL, jouait un rôle déterminant dans l'augmentation du nombre de récepteurs aux LDL, permettant ainsi de limiter les LDL circulants.

Dans Gene & Development, les scientifiques ont caractérisé l'affinité qui existait entre IDOL et une autre enzyme, appelée UBE2D, pour dégrader les LDL. Dans leur deuxième article, publié dans Pnas, ils ont montré la spécificité existante entre IDOL et les récepteurs à LDL. Ils travaillent désormais à la mise au point d'un médicament stimulant IDOL pour l'utiliser en complément des traitements habituels à base de statine, cumulant ainsi les effets hypocholestérolémiants.

Les LDL, également appelés mauvais cholestérol, servent de transporteur et emmènent le cholestérol, synthétisé par le foie, vers les organes périphériques. Lors d'une prise de sang, il ne faut pas en détecter plus de 1,58 g/L, un taux plus important est signe d'hypercholestérolémie. © DR

L’activation d’A2bAR, une piste prometteuse contre le cholestérol

La troisième étude, émanant de chercheurs de l'école de médecine de l'université de Boston (États-Unis) et publiée dans Circulation, a ciblé l'effet d'A2bAR, un récepteur à l'adénosine, sur les taux de cholestérol. En inhibant la synthèse de ce récepteur, les souris servant de cobaye ont développé une athérosclérose importante lors d'un régime riche en graisses. En restaurant les taux normaux, ces mêmes souris ont retrouvé une cholestérolémie normale, réduisant ainsi l'athérosclérose. Les chercheurs sont alors allés plus loin et ont administré un activateur d'A2bAR, diminuant d'autant plus la formation de plaques d'athérome.

La recherche progresse donc, et des médicaments pourraient voir le jour à l'avenir si tout se passe comme prévu. Rappelons qu'en France, les maladies cardiovasculaires qu'entraîne l'hypercholestérolémie sont la deuxième cause de décès derrière les cancers. Dans les pays anglo-saxons, les dégâts sont encore pires. Il s'agit donc d'une grave question de santé publique.

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