Identifié en 2007 sur des oiseaux sauvages, le virus de la grippe A(H10N8) vient de faire sa première victime humaine, une Chinoise de 73 ans. Selon les experts, la surveillance est de mise, mais la menace épidémique reste relativement faible.

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    Le ministère de la Santé de Hong Kong a annoncé la mort d'une Chinoise de 73 ans victime d'un nouveau virus aviaire de type A, le H10N8. « Ce virus est présent depuis au moins deux ans parmi des volailles d'élevage dans le sud de la Chine, précise Bruno Lina, directeur du Centre national de référence de la grippe à Lyon. Il n'y a pas lieu de s'alarmer, surtout dans un contexte où la surveillance des virus aviaires s'est fortement renforcée en Chine ces derniers temps, en particulier depuis l'épidémie de grippe H7N9. »

    D'après les autorités de Hong Kong, la victime serait décédée le 6 décembre dernier, des suites d'une pneumonie. Il semble qu'elle souffrait d'une affection chronique. Elle s'était par ailleurs rendue les jours précédents dans un marché aux volailles. Ses proches ont été placés sous surveillance, mais ne présentent pour l'heure aucun symptômesymptôme.

    La grippe A existe sous de très nombreuses formes, que l'on nomme en fonction de deux protéines de surface : l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). © Dan Higgins, CDC, DP

    La grippe A existe sous de très nombreuses formes, que l'on nomme en fonction de deux protéines de surface : l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). © Dan Higgins, CDC, DP

    Le virus H10N8, une menace sérieuse ?

    En réalité, cette souche H10N8 n'est pas tout à fait nouvelle, et a fait l'objet d'une publication dans la revue Virology en 2011. Le virus aurait été isolé pour la première fois en 2007 sur des oiseaux sauvages, dans les zones humideszones humides du lac Dongting, dans la province chinoise du Hunan. « Il a aussi été détecté en janvier 2012 dans des élevages de canards », ajoute Bruno Lina.

    D'après les constatations des chercheurs, le virus H10N8 serait peu pathogènepathogène pour le poulet. En revanche, il se répliquerait très facilement chez la souris, notamment dans les tissus pulmonaires. Dans leurs conclusions, les chercheurs chinois précisent donc que le H10N8 est susceptible de constituer une menace pour les mammifèresmammifères, et en particulier pour l'Homme. Cependant, depuis sa découverte voilà six ans, il n'a fait qu'une seule victime humaine.

    Dans ce genre de situations, les scientifiques redoutent les mutations que subissent souvent les virus aviaires, et qui peuvent les rendre plus virulents. « Ce virus H10N8 est à surveiller, mais ne présente pas de danger immédiat », rassure le chercheur.