Progressivement, l’enquête sur la mort de trois bébés à l’hôpital de Chambéry avance. Le coupable est en passe d’être identifié : une bactérie encore sans nom, rarement rencontrée en milieu hospitalier, mais qui pourrait venir de l’eau ou du sol.
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Le voile se lève (un peu) sur le décès de trois nourrissons, la semaine passée, au centre hospitalier de Chambéry (Savoie). Au cours d'une conférence de presse mardi 7 janvier en fin d'après-midi, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a confirmé que les poches d'alimentation parentérale administrées aux trois enfants étaient contaminées par une bactérie inconnue.

« Les premiers résultats des analyses réalisées par l'institut Pasteur montrent que six poches d'alimentation parentérale, dont trois présumées intègres, sont contaminées, explique le ministère. Elles proviennent du lot du 28 novembre 2013, c'est-à-dire produit le même jour que les poches administrées aux trois enfants. Elles contiennent un seul et même germegerme, rarement retrouvé dans des cas d'infection en milieu hospitalier, évoquant une origine environnementale (eau, sol, etc.). »

C'est à cause d'une poche d'alimentation parentérale comme celle-ci, mais contaminée par une entérobactérie anonyme, que Milie, Théo et Chloé sont décédés. © Tristanb, Wikipédia, cc by sa 3.0

C'est à cause d'une poche d'alimentation parentérale comme celle-ci, mais contaminée par une entérobactérie anonyme, que Milie, Théo et Chloé sont décédés. © Tristanb, Wikipédia, cc by sa 3.0

Le laboratoire de production suspendu

Il s'agit d'une nouvelle espèceespèce d'entérobactérieentérobactérie encore sans nom, « proche d'Ewingella et de Rahnella ». Pour l'heure, l'origine de cette contamination exceptionnelle des poches est inconnue. « L'ensemble de la chaîne continue à faire l'objet d'investigations approfondies, de la production à la délivrance », poursuit le ministère.

La ministre a donc demandé la suspension du laboratoire de production Marette, basé à Courseulles-sur-Mer, dans le Calvados, qui a fourni les lots en question. Ce dernier doit également « mettre dès à présent en quarantaine les poches stockées dans ses locaux. La mise en quarantaine de tous les produits du laboratoire encore présents dans les établissements hospitaliers a également été demandée ».