Santé

Mineurs chiliens : retour de l'enfer

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Confinés sous terre depuis plus de deux mois, les 33 mineurs sont en train d'être évacués depuis ce matin. Alors qu'ils sont libérés d'un énorme poids, les « 33 » doivent désormais faire face à de possibles problèmes de santé.

L'opération de remontée est gérée par une équipe médicale. © www.redsalud.gov.cl

Même si un dispositif radio capable de vaincre la roche et de communiquer avec des mineurs est désormais au point, rien ne vaut la lumière du jour. Les 33 mineurs chiliens coincés, depuis 68 jours sous terre après l'effondrement de la mine San Jose, sont en train de remonter un à un depuis ce matin. Suite à la construction d'un puits de 622 mètres, la remontée est effectuée grâce à une nacelle de 53 centimètres de diamètre et dure environ 20 minutes, plus le temps consacré à l'harnachement, soit environ une heure au total. Les « 33 » sont tour à tour accueillis par les familles, les médecins et les officiels, sous les yeux de milliers de journalistes du monde entier.

Pour préparer les hommes et organiser l'opération de remontée, deux secouristes, un spécialiste du sauvetage minier et un infirmier sont descendus par la nacelle. Selon le programme prévu, les quatre premiers mineurs devaient être les plus « habiles » afin de pouvoir faire face à d'éventuels imprévus au cours de la remontée. Les suivants devaient être les plus faibles psychologiquement ou physiquement, et les derniers ont été choisis pour leur force de caractère, leur conférant le courage ou la patience d'attendre leur tour sereinement.

Après leur ascension, les hommes sont immédiatement emmenés par hélicoptère vers un hôpital à une cinquantaine de kilomètres pour effectuer des contrôles sanitaires sur une durée de deux jours. Car si les mineurs ont eu le temps de se préparer physiquement grâce à une heure de sport quotidienne, ils sont néanmoins soumis à plusieurs risques.

Panique à bord ?

La remontée en tant que telle est le principal risque immédiat. Des chutes de pierres sont possibles, car seule une partie du puits est protégée par un cylindre métallique. Les mineurs peuvent aussi céder à la panique ou à la claustrophobie. C'est pourquoi ils possèdent un casque d'écoute avec un microphone intégré permettant de communiquer avec les médecins et les psychologues.

Ils sont également suivis médicalement grâce à un bioharnais doté d'électrodes pour enregistrer leur fréquence cardiaque, respiratoire, leur tension ou leur température. Des masques reliés à des bouteilles d'oxygène sont aussi inclus dans la nacelle. Afin d'éviter les caillots sanguins provoqués par l'ascension rapide, de l'aspirine (aux effets antiagrégants plaquettaires) leur a été administrée et des bas de contention leur ont été donnés. La Nasa leur a aussi fourni un liquide hautement calorique destiné à éviter des vomissements dus aux rotations de la nacelle.

Le ministre de la Santé chilien, Jaime Manalich, répond aux questions des journalistes. © www.redsalud.gov.cl

Bien que très attendu, le retour à la lumière peut aussi s'avérer dangereux. Selon le ministre de la Santé chilien, Jaime Manalich, « ils pourraient avoir des problèmes comme l'exposition à la lumière intense du soleil ». Les mineurs sont donc dotés de lunettes spéciales, pour protéger leurs yeux après deux mois passés dans la pénombre de la mine car ils risquent une affection « qui abîmerait gravement la rétine ».

Infections et stress post-traumatique

Le reste du corps n'est pas plus à l'abri d'éventuels problèmes. Les mineurs pourraient également être victimes de problèmes d'infections par des bactéries ou des champignons, malgré les vaccinations qui leur ont été administrées peu après les premiers contacts établis. Des problèmes respiratoires ou de tension peuvent aussi survenir après le passage à l'air libre.

En plus des dommages physiques que la remontée peut engendrer, il ne faut pas sous-estimer le stress post-traumatique, qui survient généralement après une épreuve de ce type. Celui-ci peut durer plusieurs semaines ou plusieurs mois et nécessite une réadaptation à la vie normale. D'après les psychologues, pour les mineurs il y a eu un « avant » et il y aura désormais un « après »...

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