Santé

L’immunothérapie fait ses preuves contre une grande variété de cancers

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Deux essais cliniques menés par des laboratoires concurrents montrent l'intérêt des immunothérapies contre différents cancers parmi les plus mortels. Si ces résultats de phase I sont encore très préliminaires, ils suggèrent un avenir prometteur aux traitements anti-PD-1 et anti-PD-L1 pour améliorer la survie des patients malades.

Vue d’artiste d’une surface fonctionnalisée munie d’anticorps anticancéreux (en forme de Y). L'immunothérapie, testée depuis 1893, représente certainement l'une des pistes d'avenir pour le traitement des cancers. © PNNL, Flickr, cc by nc sa 2.0

Si les tumeurs se développent, c'est parce qu'elles échappent au système immunitaire. En effet, les cellules cancéreuses se servent de molécules comme les protéines PD-1 ou PD-L1 pour inactiver les lymphocytes T, normalement chargés de les éliminer. Les scientifiques travaillent depuis longtemps avec l'idée de stimuler les défenses de l'organisme contre les tumeurs. Le premier travail sur cette question remonte d'ailleurs à 1893.

Les découvertes récentes suggèrent même que l'immunothérapie pourrait se généraliser à un nombre de cancers toujours plus grand. L'an passé, au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (Asco), on désignait l'anticorps anti-PD-1 molécule de l'année. Et lors d'un essai clinique mené par la compagnie pharmaceutique Bristol-Myers Squibb, cet intérêt semble réellement se confirmer.

Sur un panel de 52 patients atteints de mélanome, environ un tiers des patients ont vu leur cancer de la peau reculer rapidement et de manière importante grâce à un double traitement, composé d'ipilimumab (contre la molécule CTLA-4) et de nivolumab (s'attaquant à PD-1). Une avancée intéressante non dénuée de quelques effets secondaires dus à l'inflammation qui découle de l'activité lymphocytaire, mais qui ne présentent pas de danger et sont facilement traités. Cette étude clinique sera plus longuement évoquée lors du prochain congrès de l’Asco, qui se tiendra à Chicago du 31 mai au 4 juin.

Les cancers de la peau, dont on peut voir une cellule tumorale, ne peuvent pas toujours être soignés. Mais les médicaments anti-PD-1 et anti-PD-L1 pourraient bien traiter efficacement la maladie chez de nouveaux patients, pour qui les autres thérapies se sont montrées inefficaces. © Anne Weston, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Les anti-PD-L1, l’immunothérapie anticancéreuse à large spectre

Mais les laboratoires concurrents ont eux aussi des informations importantes à délivrer. Lors de cette même conférence, la firme pharmaceutique Roche parlera de l'essai clinique qu'elle mène avec son médicament, MPDL3280A, qui stimule l'immunité contre divers types de cancers.

Cet anticorps qui cible la molécule PD-L1 des cellules cancéreuses permet de faire régresser les tumeurs de manière significative chez 20,7 % des patients atteints d'un mélanome avancé, d'un cancer du poumon ou du rein. Ce composé active une fois encore les lymphocytes T et les pousse à détruire les cellules malades.

L'efficacité diffère selon les types de tumeurs. Les auteurs, dirigés par Roy Herbst, du Yale Cancer Center, notent une réponse positive dans 31 % des mélanomes, 22 % des carcinomes pulmonaires et 13 % des cancers rénaux. Depuis, l'étude a été élargie afin d'incorporer de nouveaux patients atteints de cancers du côlon, de la vessie ou de la tête et du cou.

Le traitement du cancer passera par l’immunothérapie

Selon le chercheur, le médicament possède un avantage sur ses concurrents anti-PD-1. Car par son action plus spécifique, il limite les épisodes inflammatoires et donc les effets indésirables. Dans ces premières phases de l'essai clinique, qui visent justement à s'assurer de l'innocuité du traitement, seuls quelques cas bénins ont été signalés, mais ils n'ont pas duré.

Il est cependant trop tôt pour tirer toutes les conclusions de cette étude. On ignore encore par exemple la période de survie sans aggravation, à savoir le temps nécessaire avant qu'un cancer progresse, ainsi que les bénéfices exacts sur la survie. Mais Roy Herbst fait part de son optimisme et pense que ces délais sont bien plus importants comparés aux contrôles.

Il reste encore, dans les deux cas, des problèmes à surmonter, afin de déterminer par exemple quels patients pourraient bénéficier de ces traitements vraiment prometteurs lorsqu'ils fonctionnent. Mais les travaux vont se poursuivre et, espérons-le, déboucher d'ici quelques années sur la mise au point de nouvelles thérapies anticancéreuses toujours plus puissantes.

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