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Grippe porcine : l'alerte de l'OMS passe au niveau 5

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Le docteur Margaret Chan, directeur général de l'OMS, a décidé dans la soirée du 29 avril de passer l'alerte pandémique grippale au niveau 5 (sur 6). On discute aussi de la possibilité de débaptiser la maladie, afin de dédouaner le porc et la filière porcine, complètement innocents.

Situation de la grippe porcine en Europe le 30 avril 2009, par pays. En jaune pâle, pas de cas observé (Portugal, Italie, Belgique...), mais les Pays-Bas viennent, après la réalisation de cette carte, de confirmer un cas. En brun, il existe des cas probables (France). En jaune-orangé, des cas sont confirmés (Grande-Bretagne, Espagne, Allemagne...). En gris, les pays non membres de l'agence européenne ECDC. © ECDC

La décision de monter d'un cran le niveau d'alerte pour la grippe porcine est partagée pleinement en Europe par l'ECDC (European Centre for Disease Prevention and Control). Comme le rappelle l'OMS, elle signifie qu'« une propagation interhumaine du virus (a été observée) dans au moins deux pays d'une région de l'OMS. Si la plupart des pays ne sont pas touchés à ce stade, la déclaration de la phase 5 est un signal fort indiquant qu'une pandémie est imminente et qu'il reste peu de temps pour finaliser l'organisation, la diffusion et la mise en œuvre des mesures d'atténuation prévues ».

Alors que la pandémie (c'est-à-dire selon la définition de l'OMS, une épidémie répandue à l'ensemble de la planète) paraît inévitable, il y a débat quant à la dénomination officielle à lui donner. Pour éviter de stigmatiser la filière porcine qui est tout à fait étrangère aux événements, l'OMS plaide pour l'appellation de grippe nord-américaine... dont on voit mal ce qu'elle a de moins stigmatisant. En tout état de cause, tous les documents en ligne de l'Organisation font référence à la grippe porcine...

Dans une déclaration en fin de journée le 29 avril, Margaret Chan souligne que « le monde est mieux préparé pour faire face à une pandémie de grippe qu'il ne l'a jamais été. Les mesures de préparation prises face à la menace de la grippe aviaire due au virus H5N1 auront été un investissement dont nous récoltons aujourd'hui les fruits ».

Un virus porcin très différent de celui de la grippe humaine saisonnière

L'Organisation tient à jour en permanence le niveau d’alerte de ses services, et elle appelle aujourd'hui tous ses Etats membres à intensifier leurs efforts de préparation.

En France, un plan de pandémie est opérationnel depuis plusieurs années. Sans doute parmi les plus complets au monde, il vient d'être révisé et mis à jour. Le public peut s'informer au 0825 302 302 (0,15 euro la minute) du lundi au samedi de 9 heures à 20 heures. Soulignons enfin qu'un conseil extraordinaire des ministres de la santé de l'Union européenne se tiendra aujourd'hui à Luxembourg.

Les recherches se poursuivent pour l'identification du génome de la souche virale concernée. C'est un préalable à la mise au point - puis à la culture pour production industrielle - d'un vaccin. Le virus A/H1N1 porcin est en effet très différent sur le plan antigénique de son cousin A/H1N1 humain qui entre, lui, dans la composition du vaccin grippal saisonnier. En revanche, tant l'OMS que le Center for Diseases Control and Prevention (CDC) américain reconnaissent l'efficacité du Tamiflu contre le virus d'origine porcine.

Son fabricant, le suisse Roche, confirme avoir satisfait à ce jour des commandes à hauteur de 220 millions d'unités de traitement. Selon nos informations, le stock stratégique français (un des plus importants au monde) est de l'ordre de 23 millions de doses. Le fabricant indique également avoir fait don à l'OMS de stocks à hauteur de 3 millions de traitements, détenus par l'Organisation et mobilisables sous 24 heures dans les régions où ils seront nécessaires.

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