Santé

La grippe A/H1N1 inquiète moins

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L'OMS appelle ses membres à rester vigilants mais l'épidémie semble contenue. Au Mexique et aux Etats-Unis, pays les plus touchés, les autorités deviennent rassurantes. Dans le monde, la grippe A/H1N1 aurait gagné 21 pays.

Carte de l'épidémie en Europe au 5 mai 2009. En jaune pâle, les pays où aucun cas n'est signalé. En jaune-orangé ceux où des cas probables ou confirmés sont observés. En gris, les pays non membres de l'ECDC. Les ronds rouges donnent une indication du nombre de cas confirmés, avec trois seuils, 1, 10 et 100. On voit que l'Espagne et la Grande-Bretagne sont les plus touchés. © ECDC

Ce mardi 5 mai 2009, l'OMS (Organisation mondiale de la santé) comptabilise 1.124 cas dans le monde répartis dans 21 pays du monde et 26 morts, dont 25 au Mexique et 1 aux Etats-Unis. L'organisation annonce également la distribution de 2,4 millions de doses d'antiviraux (comme le Tamiflu) dans 72 pays.

Ces deux pays, eux, font savoir leur optimisme devant l'évolution de l'épidémie. Selon Richard Besser, directeur des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC), la grippe A/H1N1 (puisqu'elle n'est officiellement plus porcine) « n'a pas l'air jusqu'à présent plus sévère qu'une souche de grippe saisonnière ». Cependant, avec 286 cas dans 36 Etats, les Etats-Unis ne baissent que faiblement leur garde et, par exemple, maintiennent fermées 530 écoles.

Les dégâts économiques semblent aujourd'hui préoccuper les dirigeants politiques. Le Mexique a décidé la réouverture progressive des commerces et des écoles, tandis que les cinémas, les théâtres et les discothèques doivent, eux, restés portes closes jusqu'à nouvel ordre. En Europe, la Commission européenne recommande aux gouvernements des pays de l'Union de réfléchir à deux fois avant de prendre des mesures, afin d'éviter que « la crise sanitaire ne devienne également une crise économique ».

Des mesures sanitaires à modifier ?

De nombreux pays touchés conservent cependant un haut degré de vigilance et continuent de se protéger, ce qui ne va pas sans conséquences. Le Canada proteste contre la Chine qui interdit les importations de porc de la province d'Alberta. Les autorités égyptiennes poursuivent leur campagne d'abattage des porcs dans les élevages sauvages tenus par la communauté copte. Le Mexique apprécie peu les restrictions sur les lignes aériennes décidées par plusieurs pays.

De son côté, l'OMS parle encore de « situation préoccupante » et annonce toujours craindre, avec des propos plutôt alarmants, une résurgence en automne avec une virulence accrue.

Pendant ce temps, les scientifiques cherchent l'origine de la maladie et veulent comprendre comment un virus d'origine porcine s'est diffusé dans la population humaine. Les moyens de contrôle sanitaires devront probablement être modifiés. C'est ce qu'a déclaré à l'AFP Peter Ben Embarek, directeur pour la sécurité des aliments de l'OMS. Lorsque des éleveurs ou les autorités sanitaires d'un pays détectent ce genre de maladie animale, ils n'ont pas obligation, contrairement au cas de la grippe aviaire, de déclarer l'événement aux autorités internationales. Ces règles seront peut-être modifiées.

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