La technique de vitrification des ovocytes permet de les conserver efficacement. Pourtant, la technique est réservée à certaines femmes. Un chantage insupportable pour le Collège national des gynécologues et obstétriciens français alors que les hommes sont libres de conserver leur sperme.
Cela vous intéressera aussi

Pour un homme, congeler son sperme au cas où, c'est possible. La conservation des ovocytesovocytes est, elle, soumise à des critères bien plus restrictifs, essentiellement liés à des raisons médicales. Alors même qu'une technique de congélation rapide très efficace, la vitrification, permet aujourd'hui une bonne conservation des gamètesgamètes mâles comme femelles. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) estime donc que le droit à l'autoconservation sociétale des ovocytes (c'est le terme choisi) devrait être ouvert à toutes.

Contrairement à la technique de congélation lente, la vitrificationvitrification permet aujourd'hui une conservation efficace des ovocytes. « Autorisée par la loi de bioéthiquebioéthique de juillet 2011 pour raison médicale, elle est devenue courante lorsque la fertilité est menacée par un traitement, comme la chimiothérapiechimiothérapie ou la radiothérapie », précise le CNGOF. Pourtant, « il n'y a pas de raison particulière pour que l'autoconservation de convenance des gamètes soit réservée aux hommes ».

Certains traitements, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, détruisent les stocks d'ovocytes chez les patientes. C'est à ce titre que certaines femmes bénéficient de la congélation de leurs ovules. © Yorgos Nikas, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

Certains traitements, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, détruisent les stocks d'ovocytes chez les patientes. C'est à ce titre que certaines femmes bénéficient de la congélation de leurs ovules. © Yorgos Nikas, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

La vitrification des ovules, un traitement contre l'infertilité efficace

En dehors de ces raisons médicales, « la loi prévoit de limiter l'autoconservation aux seules femmes qui accepteraient de donner une partie de leurs ovocytes », ajoute le Collège. « Un chantage éthiquement inacceptable. »

Pour appuyer son point de vue, le CNGOF avance plusieurs arguments. « L'autoconservation est la seule méthode de traitement de l'infertilité, avec le don d'ovocytes, réellement efficace après 40 ans. » Or, la France souffre d'une pénurie du don de gamètes, poussant de nombreux couples à s'adresser à des cliniques à l'étranger.

De plus, « l'âge de la maternité ne cesse de reculer, et les femmes qui consultent pour infertilité sont de plus en plus âgées ». Pour autant, le Collège « ne souhaite pas encourager les grossesses tardives ». Les risques pour la mère et l'enfant augmentent en effet dès 40 ans, puis encore davantage après 45 ans. Pourtant, si un âge limite pour l'utilisation des ovocytes congelés devrait être fixé, le CNGOF estime que « la congélation de convenance devrait être accessible à toutes les femmes, jusqu'à 35 ans ».