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Examiner le cerveau... en regardant au fond des yeux

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On dit que les yeux sont le miroir de l'âme. Ils sont aussi celui du cerveau. À en croire les résultats d'une étude, on pourrait par un scanner rétinien connaître l'état de santé du cerveau. Comment ? Des problèmes au niveau des vaisseaux sanguins de l'œil peuvent être le signe de maladies vasculaires, et cet organe y est particulièrement sensible.

L'œil est un organe complexe, tapissé sur la majorité de sa face interne par une membrane, la rétine, la partie sensible de la vision. Elle est notamment irriguée par des vaisseaux sanguins très fins qui peuvent parfois se boucher. Si c'est le cas, alors la probabilité que pareil phénomène se passe dans le cerveau est plus élevée. © Grégory Tonon, Flickr, cc by sa 2.0

Le cerveau est un organe central. Sa bonne santé est donc fondamentale. Parfois, des AVC silencieux peuvent être la cause d'une baisse des capacités cognitives. Ces accidents vasculaires privent certains neurones d'un apport sanguin suffisant (à cause d'une artère bouchée ou percée : une ischémie). N'ayant plus accès à l'oxygène et aux nutriments, ces cellules nerveuses meurent et ne sont plus en mesure d'assurer leur fonction.

Problème : le cerveau n'est pas l'organe le plus simple d'accès, enfermé dans une boîte crânienne protectrice, donc difficile à observer. Comment estimer la bonne santé du cerveau ? D'après les travaux de chercheurs de l'université de Californie (San Francisco) et publiés dans Neurology, il existe un lien entre l'état des vaisseaux sanguins de la rétine et ceux du cerveau. Il suffirait donc de regarder les dommages vasculaires dans le fond des yeux pour estimer le risque d'accidents du même ordre dans l'encéphale.

Se regarder dans le fond des yeux

Leurs recherches se basent sur les résultats obtenus à partir de 511 femmes ménopausées, de 65 ans minimum (âge moyen : 69 ans) suivies depuis dix ans. Chaque année, elles ont effectué des tests de mémoire et d'expression verbale, aussi bien orale qu'écrite. Quatre ans après le début du suivi, la santé de la rétine a été évaluée. À la huitième année, un scanner permettait de constater l'état du cerveau.

Quels ont été les constats ? Sur le panel de femmes, 39 (soit 7,6 %) présentaient des rétinopathies, dans ce cas une rétine avec des vaisseaux enflés, présentant une fuite ou avec une croissance anormale. En moyenne, leurs scores aux tests de réflexion et de mémorisation étaient inférieurs de 10 à 15 % par rapport aux autres femmes. Le scanner a également révélé que le volume des zones ischémiques était supérieur de 47 % à l'échelle du cerveau chez ces mêmes sujets par rapport au reste de la population étudiée, et qu'il s'élève même à 68 % au niveau du lobe pariétal. En revanche, aucune atrophie cérébrale n'est constatée et lors de tests visuels, rien ne distingue les deux groupes de femmes.

L'imagerie médicale permet d'observer le cerveau in situ, comme on peut le voir sur cet exemple grâce à la tomographie à émission de positons. Cependant, la méthode est bien plus contraignante en test de routine qu'un scanner rétinien. © Jens Langner, DP

Yeux et cerveau : dans quel ordre ?

Ainsi, ce travail vient confirmer de précédents travaux, qui montraient également que les rétinopathies pouvaient servir de marqueurs afin d'estimer les risques de maladies vasculaires cérébrales.

Mary Hann, l'une des auteurs de l'étude, s'en réjouit. « Cela peut s'avérer très utile si un simple scanner rétinien nous donne une indication précoce sur les gens potentiellement à risque de présenter des problèmes avec la santé de leur cerveau et son fonctionnement. » Une façon de connaître l'état des vaisseaux sanguins par une méthode non invasive et rapide.

Attention cependant à ne pas faire trop de raccourcis : une rétinopathie ne doit pas être systématiquement associée à un déficit cognitif. Cette technique ici décrite permet seulement d'estimer un risque de présenter des troubles dans la circulation sanguine du cerveau, mais aucunement d'affirmer qu'ils se sont produits ou qu'ils se produiront.

Justement, la suite du programme consiste à déterminer aussi l'ordre d'apparition de ces troubles. Affectent-ils d'abord le cerveau avant de se manifester au niveau oculaire ? Est-ce l'inverse ? Est-ce aléatoire ? De nouvelles études apporteront un jour probablement la bonne réponse.

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