Santé

Une épidémie de rougeole fait trembler la Grande-Bretagne

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Depuis novembre 2012, une épidémie de rougeole frappe la ville de Swansea, au pays de Galles, avec 808 cas constatés. Les autorités britanniques redoutent que le virus atteigne l'ensemble du territoire et surtout la capitale, Londres. Ce serait alors 2 millions d'enfants susceptibles de déclarer la maladie, potentiellement mortelle.

Le virus de la rougeole, ici à l'image, est très contagieux et peut se révéler fort pathogène. Il est susceptible de causer des troubles oculaires, d’abaisser l'audition ou d’endommager le cerveau par des encéphalites. Parfois, il peut même être mortel. © C. Goldswmith, W. Bellini, CDC, DP

La rougeole n'a rien d'anodin. Avant la mise au point d'un vaccin dans les années 1960 luttant à la fois contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), on dénombrait 6 millions de victimes de cette maladie virale dans le monde, principalement des enfants. Heureusement, la vaccination massive s'est révélée efficace : de 135 millions de cas vers 1960, on est passé à 158.000 malades en 2011. Presque un facteur mille.

C'est bien, mais on peut encore mieux faire, la France en tête. En 2011 par exemple, on y a enregistré 15.000 cas, quand sur la même année, les États-Unis n'en ont compté que 222. Pourtant, ce n'est plus vers l'Hexagone et certains de ses voisins européens que se portent les inquiétudes, mais de l'autre côté de la Manche.

Depuis novembre dernier, la ville de Swansea au pays de Galles fait face à une épidémie responsable de 808 malades, dont 77 enfants nécessitant une hospitalisation. Ces chiffres peuvent paraître petits mais ils révèlent une augmentation importante. En 1996 par exemple, sur l'ensemble du territoire britannique, on ne signalait que 112 cas sur l'année. Pour les années à venir, ils pourraient être plus élevés puisque deux millions d'enfants et de jeunes entre 10 et 18 ans seraient menacés.

Le vaccin ROR, qui préserve aussi bien contre la rougeole, la rubéole et les oreillons, nécessite deux injections durant l'enfance pour être pleinement efficace et protéger à vie. © Pascal Dolémieux, Sanofi Pasteur, Flickr, cc by nc nd 2.0

Andrew Wakefield : le fraudeur au vaccin 

En effet, la tranche d'âge des 10 - 18 ans est particulièrement susceptible de contracter la rougeole, car elle n'est que peu vaccinée. Pourquoi ? À cause d'un seul homme : Andrew Wakefield. Ce médecin britannique avait fait grand bruit quand, en 1998, il publiait dans la très sérieuse revue The Lancet un article qui établissait un lien entre la vaccination contre cette maladie infantile et l'autisme. De quoi créer la crainte outre-Manche.

Ainsi, entre 1998 et 2003, de nombreux enfants ont échappé aux piqûres... mais pas au risque d'avoir la rougeole. En théorie, la vaccination consiste en une première injection à l'âge d'un an, suivie quelques années plus tard d'une seconde, pour renforcer la puissance de l'immunité. Aujourd'hui, beaucoup de jeunes de cette génération n'ont pas reçu cette dernière administration. À Londres, cela concernerait par exemple 45 % d'entre eux.

Pourtant, les investigations vont, quelques années plus tard, désavouer Andrew Wakefield. L'homme était en lien avec l'industrie pharmaceutique et aurait mis au point une fraude scientifique afin de s'enrichir à millions. Depuis, son article, falsifié, a été retiré de la revue originelle.

Le vaccin pour tous pour endiguer l’épidémie de rougeole

Maintenant, les autorités sanitaires britanniques craignent que l'épidémie, pour le moment cantonnée à une région, ne s'étende à travers toute l'île et ne vienne frapper la capitale, auquel cas le nombre de malades grimperait inéluctablement en flèche. Le virus, qui se propage par voie aérienne, est très contagieux.

Pourtant, les médecins tirent la sonnette d'alarme : il faut à tout prix vacciner ceux qui ne le sont pas. Pour ce faire, des vaccins ROR viennent d'être fournis gratuitement aux écoles dans le sud et le centre du pays. Mais jeudi dernier, au lendemain du lancement de cette nouvelle campagne de vaccination, les premiers chiffres n'ont pas rassuré les scientifiques. La population ne semble pas aussi impliquée qu'ils l'espéraient. Pourtant, ils le clament : pour mettre un terme à cette épidémie, la piqûre est obligatoire. Pour que l'épidémie soit bien contrôlée, il faudrait que 90 % de la population soit immunisée. Et aujourd'hui ce n'est pas le cas...

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