Santé

L’épidémie de choléra n’en finit pas au Cameroun

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Le Cameroun est fortement touché par une épidémie de choléra dans le nord du pays. Les autorités recensent déjà 155 morts et 2.078 malades, le plus lourd tribut depuis une dizaine d'années.

Vibrio cholerae, la bactérie responsable du choléra. © Wikimedia Commons

Disparu en France, le choléra n'en est pas pour autant éradiqué de la surface de la planète : selon les estimations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 120.000 personnes décèdent chaque année de la maladie et 3 à 5 millions de personnes la contractent.

La bactérie bacilliforme Vibrio cholerae est l'agent infectieux du choléra. Elle atteint les voies digestives en provoquant généralement de violentes diarrhées qui déshydratent les malades et dont l'issue peut être fatale en quelques heures. La maladie se transmet facilement de manière oro-fécale, par la consommation d'eau ou de nourriture contaminée. Si le principal moyen de se prémunir reste l'hygiène, le manque de structures sanitaires rend difficile la prévention.

Il existe toutefois des traitements contre le choléra, à base de sels réhydratants, qui s'avèrent efficaces s'ils sont bien suivis (mortalité inférieure à 1%). Dans les zones où les traitements ne sont pas administrés, la mortalité peut atteindre 30 à 50%. Il existe également des vaccins efficaces mais pour une durée limitée seulement et leur prix reste dissuasif, si bien qu'ils ne sont souvent utilisés que par des voyageurs occidentaux s'aventurant dans les pays à risques.

C'est pourquoi de nombreux pays souffrent toujours de la maladie. C'est le cas du Cameroun où depuis le 6 mai, date du premier cas détecté, l'épidémie de choléra ne cesse de prendre de l'ampleur. Lundi 9 août, le ministère de la Santé camerounais recensait 155 morts et 2.078 cas, et, 12 août, certaines sources parlaient de 170 morts et 2.266 cas déclarés. Jusqu'à présent, le nombre de districts touchés par la maladie sont au nombre de 17 sur les 28 que comptent la région.

Un ensemble de facteurs aggravants

Le manque d’eau potable et d'hygiène sont les deux principaux facteurs de la propagation de la maladie. Gervais Ondobo du ministère de la Santé camerounais explique que seulement 29% de la population du nord du pays bénéficie d'un accès à une source d'eau potable et moins de 5% ont accès à des latrines (toilettes rudimentaires).

Le manque d'alphabétisation de la population est aussi un facteur aggravant. Des campagnes de prévention avaient été initiées mais les panneaux exposés en français ou en anglais sont totalement inutiles dans une région majoritairement illettrée et où la langue la plus pratiquée est le peul (ou foufouldé). Les autres causes contribuant à l'épidémie sont la saison des pluies et la mobilité de la population, qui favorisent la présence d'eau souillée contaminante.

Cette épidémie est la plus grave de cette dernière décennie qui en a déjà connu deux précédentes : en 2009 et 2004, le choléra avait fait respectivement 51 et 100 morts dans le pays. Elle reste toutefois plus modeste que l'épidémie qui avait touché le Zimbabwe en 2008, faisant plus de 1.000 morts. Les associations humanitaires (ONU, Unicef, Croix-Rouge, OMS) qui fournissent gratuitement à la population des traitements contre le choléra luttent maintenant pour maintenir les chiffres aussi bas que possibles.

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