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L’e-cigarette potentiellement toxique selon 60 millions de consommateurs

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Les vapeurs inhalées par les vapoteurs contiendraient des substances potentiellement cancérigènes, comme le formaldéhyde ou l'acroléine, si l'on en croit le numéro de septembre de la revue 60 millions de consommateurs. Une étude qui relance le débat sur l'utilisation de la cigarette électronique, produit à la mode pour tenter de se sevrer du tabac, et qui pourrait inciter les autorités à renforcer les contrôles autour de ce phénomène nouveau.

La cigarette électronique est principalement utilisée contre la dépendance tabagique. Pourtant, on ignore encore ses dangers potentiels pour la santé. Bien qu'elle ne contienne pas les 4.000 molécules différentes produites par la combustion du tabac, la vapeur pourrait malgré tout contenir quelques substances toxiques et cancérigènes. © Leonardrodriguez, Flickr, cc by nc nd 2.0

Que risquent les utilisateurs de cigarette électronique ? Cette question agite le monde médical et politique depuis que ce produit commence à s'imposer en France. Créée en 2002 au Japon, mais améliorée et brevetée en 2005 par des Chinois, l'e-cigarette devient la nouvelle arme à la mode pour lutter contre la dépendance tabagique. Cela ressemble à une cigarette, on la met en bouche comme une cigarette, sauf qu'on ne la fume pas, on la vapote.

Pas besoin de briquet. Une batterie chauffe une résistance placée dans un liquide contenant souvent du propylène glycol, mais aussi quelquefois de la nicotine. La chaleur permet l'évaporation des molécules, et la fumée ainsi produite est inhalée par l'utilisateur.

Récemment débarquée en France, elle aurait déjà fait plusieurs centaines de milliers d'amateurs, le plus souvent des personnes désireuses de mettre fin à leur consommation de tabac. Mais l'e-cigarette a conquis le marché sans même qu'une étude sur ses dangers potentiels pour la santé n'ait été menée. D'où la réticence de certains médecins, qui préfèrent attendre des travaux concrets pour la conseiller à leurs patients.

Formaldéhyde, acroléine, acétaldéhyde et métaux lourds

L'Institut national de la consommation (INC) pourrait avoir fait un premier pas en ce sens. Dans le numéro de septembre de son magazine, 60 millions de consommateurs, une enquête a été menée afin de détecter les molécules retrouvées dans la vapeur émise par une dizaine de modèles de cigarettes électroniques vendues en France.

Cela ressemble à une cigarette classique, mais ce n'en est pas une. Pourtant, certaines molécules toxiques émises par la combustion de tabac sont également présentes dans la vapeur des e-cigarettes. © Jakemaheu, Wikipédia, DP

Leurs analyses révèlent la présence de certaines substances toxiques à des taux parfois aussi élevés, voire plus élevés, que dans la fumée de la cigarette traditionnelle. Par exemple, la revue note dans 30 % des produits testés des taux de formaldéhyde (aussi connu sous le nom de formol et cancérigène probable) comparables à ceux retrouvés dans une cigarette classique. Dans l'un des modèles, les taux d'acroléine, molécule que l'on sait particulièrement dangereuse par inhalation, peuvent même dépasser les concentrations retrouvées dans les vraies cigarettes. La faute sûrement au dispositif de chauffage, trop intense.

L'acétaldéhyde, classé comme cancérigène potentiel, a également été détecté dans les vapeurs d'e-cigarettes. Certes, les taux sont inférieurs à ceux que l'on retrouve classiquement dans la fumée issue de la combustion des feuilles de tabac, mais ils ne sont pas pour autant négligeables, d'après le magazine. La présence de métaux lourds comme le chrome et le nickel a aussi été signalée. Il y aurait également dans une moindre mesure du plomb et de l'aluminium.

La cigarette électronique vraiment plus dangereuse que le tabac ?

L'article mentionne aussi d'autres défauts. Dans l'étiquetage déjà. Par exemple, il souligne que les produits qualifiés sans propylène glycol en contiennent pourtant, tandis que d'autres omettent de le préciser sur l'emballage. Il en va de même pour la nicotine, retrouvée à des taux incohérents avec ce qui est affiché. De plus, la présence d'un bouchon n'est pas systématique, ce qui pourrait permettre à des enfants de jouer avec. Or, la nicotine est particulièrement nocive pour les plus jeunes, et peut même devenir mortelle à des doses élevées. Par voie de presse, Thomas Laurenceau, rédacteur en chef du magazine, précise que « ce n'est pas une raison pour les interdire. C'est une raison pour mieux les contrôler. »

Jusque-là, on ne pensait pas forcément retrouver à des taux aussi élevés de telles molécules toxiques. Malgré cela, les politiques s'étaient déjà emparés du débat. En mai dernier, Marisol Touraine, ministre déléguée à la Santé, avait précisé vouloir encadrer la cigarette électronique de la même façon que la cigarette traditionnelle. Le mois suivant, les députés votaient une loi qui en interdit la vente aux mineurs, car elle peut être un premier tremplin vers le tabagisme.

Ce travail, qui n'a pas utilisé une machine à fumer, mais une installation jugée plus précise par le magazine pour estimer réellement les taux des molécules dégagées, reste préliminaire. S'il est effectivement prouvé que le produit n'est pas exempt de tout risque pour la santé, reste à mesurer les réels dangers, et à les comparer avec ceux occasionnés par le tabac, responsable de six millions de décès dans le monde en 2012.

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