Santé

Diurétiques et antihypertenseurs en prévention d’Alzheimer

ActualitéClassé sous :médecine , Maladie d'Alzheimer , traitement préventif de la maladie d'Alzheimer

Une étude estime que les médicaments diurétiques ainsi que certains antihypertenseurs pourraient réduire de 50 % ou plus les risques de développer la maladie d'Alzheimer, et ce, indépendamment de la tension artérielle. A-t-on trouvé un traitement préventif de la principale cause de démence ?

Les médicaments diurétiques peuvent être utilisés contre l'hypertension. Or, ils pourraient à l'avenir faire également office de traitement préventif contre la maladie d'Alhzeimer, bien que l’on ne sache pas exactement quel effet protecteur ils peuvent avoir sur les neurones. © NIH, Wikipédia, DP

Le vieillissement de la population s'accompagne de dommages collatéraux. Ainsi, les maladies neurodégénératives, maladie d’Alzheimer en tête, concernent un nombre grandissant de personnes à travers le monde. Si elles étaient approximativement 35 millions en 2010, ce nombre pourrait tripler dans les 40 prochaines années. Problème : on ignore l'essentiel des mécanismes de cette principale cause de démence, ce qui explique l'absence de traitements préventifs et curatifs vraiment efficaces. Les thérapies actuelles ne permettent que de tenter de ralentir l'évolution de la maladie.

L'hypertension artérielle figure parmi les facteurs de risque associés à cette neurodégénérescence. Des scientifiques de l'université Johns Hopkins (Baltimore, États-Unis) ont voulu vérifier si les médicaments efficaces contre ce trouble circulatoire, comme les diurétiques ou des antihypertenseurs, procuraient un quelconque bénéfice contre la maladie d'Alzheimer. Ils apportent dans la revue Neurology une nouvelle confirmation à cette question.

Les médicaments contre l’hypertension protégeraient d’Alzheimer

Leur étude repose sur 2.248 patients appartenant originellement à une cohorte établie pour vérifier l'efficacité du Ginkgo biloba contre la démence (cette recherche s'était d'ailleurs révélée négative). Les auteurs, menés par Sevil Yasar, ont simplement récolté des données sur ces patients, âgés de 75 à 96 ans au début du suivi, et ne souffrant nullement de démence. Les traitements reçus en parallèle par les personnes incluses dans cette recherche avaient été précisés.

La maladie d'Alzheimer affecte principalement les seniors. À l'heure actuelle, il n'y a presque rien à faire pour enrayer sa progression inéluctable. Pourrons-nous un jour compter sur les médicaments diurétiques et antihypertenseurs ? © Candipa.Performa, Flickr, cc by 2.0

Ainsi, 351 d'entre eux étaient placés sous diurétiques, 140 recevaient des antagonistes de l'angiotensine II (Ara-II), 324 avalaient des inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (ECA), 333 étaient traités par des inhibiteurs calciques ; enfin, 457 baissaient leur pression artérielle grâce à des bêtabloquants.

Au final, 290 d'entre eux ont développé la maladie d'Alzheimer. Mais ils n'étaient pas également représentés dans tous les groupes. Et les patients soumis aux diurétiques, aux Ara-II ou aux ECA avaient 50 % de risques en moins de contracter la neurodégénérescence. Plus fort encore : les diurétiques avaient le même impact sur les personnes atteintes de trouble cognitif léger, une situation intermédiaire entre la perte intellectuelle liée à l’âge et la démence, souvent annonciatrice d'Alzheimer.

Faire du neuf avec du vieux

Les résultats vont même un peu plus loin. Car ils semblent montrer que cet effet préventif se produit indépendamment de l'action de ces médicaments sur la pression artérielle. Autrement dit, ils compteraient parmi leurs propriétés intrinsèques celles de limiter les risques de développer la démence. Malheureusement, elles n'ont pas encore été définies, tant les mécanismes sous-jacents de la maladie restent méconnus.

D'autres efforts devront être menés en ce sens, afin de confirmer ces données qui n'apportent que des informations préliminaires. Mais dans l'attente de mieux cerner la neurodégénérescence et d'en trouver un traitement efficace, la possibilité de limiter son occurrence pourrait résider dans des médicaments connus et utilisés depuis de nombreuses années.

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