Santé

Les chèvres pourraient transmettre une forme rare de cancer

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Une équipe de l'Inra a mené une étude sur le cancer bronchioloalvéolaire, une forme rare de cancer du poumon. D'après les résultats de l'étude, cette maladie pourrait se transmettre entre ovins et caprins, puis de caprins à l'Homme, par un rétrovirus. 

Les cas de cancer bronchioloalvéolaire pourraient être liés à une exposition aux caprins. © Zigazou76, Flickr CC by 2.0

Existe-t-il un lien entre un cancer pulmonaire qui touche généralement certains animaux et une forme similaire qui affecte - dans de rares cas - l'Homme ? C'est la question que se pose une équipe française du CHU de Lyon. Selon ses travaux en effet, l'exposition professionnelle aux chèvres pourrait être liée à une augmentation du risque d'une forme rare d'adénocarcinome pulmonaire : le cancer bronchioloalvéolaire !

« Cette maladie affecte principalement les femmes et fait partie des 10 % à 15 % de cancers pulmonaires qui ne sont pas liés au tabagisme », nous explique le Dr Nicolas Girard, oncopneumologue au CHU de Lyon. Lors du congrès de la Société européenne des maladies respiratoires (ERS) à Amsterdam (Pays-Bas), il a présenté un travail réalisé auprès de 44 patients souffrant de ce sous-type d'adénocarcinome. Le groupe « contrôle » était constitué de malades atteints d'un cancer du poumon dans sa forme la plus classique, liée au tabagisme.

Tous ont été interrogés par questionnaire afin de mieux connaître leur environnement. Avec des questions du type : Avez-vous été particulièrement exposé à certains animaux ? Quelle profession exercez-vous ou avez-vous exercé ? Fumez-vous ou avez-vous des antécédents tabagiques... ?

Les éleveurs de chèvres par exemple auraient plus de risques de développer un cancer bronchioloalvéolaire. © keepps, Flickr CC by nc-sa 2.0

Cancer bronchioloalvéolaire : de la chèvre à l'Homme ?

« Pour le groupe "adénocarcinome" qui nous intéresse, nous avons d'abord retrouvé des éléments connus, à savoir que cette affection touchait surtout les femmes et les non-fumeurs, poursuit le Dr Girard. Mais en plus nous avons constaté une relation avec une exposition aux caprins. Les patients en question étaient principalement des agriculteurs. Même si ce résultat est préliminaire, il nous interroge dans la mesure où ce cancer est rare. »

L'explication ? « Il ne s'agit pour l'heure que de suggestions, reprend-il. Avec nos collègues de l'Inra nous avons observé que cette maladie se manifestait généralement chez les ovins. Il s'agit également d'une forme d'adénocarcinome liée semble-t-il à un rétrovirus et sans doute transmissible par voie aérienne. » Elle se manifeste par une toux, un essoufflement, un amaigrissement et un écoulement nasal abondant. Le Dr Girard poursuit : « Touche-t-elle aussi les caprins puis l'Homme ? Nous allons donc explorer cette piste afin de savoir si une exposition professionnelle est susceptible d'être liée à cette maladie ».

En conclusion, l'auteur insiste sur le fait que « cette étude met l'accent sur les cancers pulmonaires non liés au tabagisme. Il s'agit également d'un champ d'investigation très important ».

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