Santé

Bisphénol A : ses dangers pour les fœtus encore pointés du doigt

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Le bisphénol A est de nouveau dans le collimateur de l'Anses. L'agence sanitaire signale dans un nouveau rapport ses effets néfastes pour la santé, notamment pour les enfants à naître, et rappelle que 80 % des contaminations proviennent de l'alimentation.

Les fœtus pourraient compter parmi les premières victimes du bisphénol A. En effet, ce perturbateur endocrinien viendrait troubler le développement de l'enfant, et augmenterait les risques de développer une tumeur mammaire. © Maxime Delrue, Flickr, cc by nc nd 2.0

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a lancé mardi une mise en garde sur les effets pour la santé du bisphénol A (BPA), et a appelé à la prudence pour les produits de substitution. Ce produit chimique est couramment utilisé, en particulier chez les femmes enceintes et les hôtes de caisse.

Dans une « évaluation des risques sanitaires associés au bisphénol A », l'Anses « confirme » les effets potentiellement néfastes du BPA (produit classé comme perturbateur endocrinien), déjà pointés du doigt en septembre 2011 par cette même agence. « Les effets identifiés portent sur une modification de la structure de la glande mammaire chez l'enfant à naître, qui pourrait favoriser un développement tumoral ultérieur », explique l'organisme dans un communiqué.

Les femmes enceintes particulièrement concernées

La population est principalement exposée au BPA par le biais de son alimentation (80 % de la contamination), surtout via les boîtes de conserve qui contiennent souvent un vernis intérieur au BPA. Elles expliqueraient à elles seules la moitié des contaminations.

Les boîtes de conserve constituent la principale source de contamination au bisphénol A. D'ici deux ans, en France, on ne devrait cependant plus retrouver de trace de cette molécule. Mais quoi à la place ? © Alexh, StockFreeImages.com

L'Anses attire aussi l'attention sur l'exemple des bonbonnes en plastique des fontaines à eau de type polycarbonate, présentes dans les entreprises. Celles-ci représentent « une source conséquente d'exposition au bisphénol A ». Certaines professions sont aussi plus exposées que d'autres : c'est le cas en particulier des personnes qui manient du papier thermique comportant du BPA utilisé pour les tickets de caisse, comme les hôtes de caisse des magasins. La préoccupation, dans ces deux situations de contact avec le BPA, porte essentiellement sur les femmes enceintes, en raison des risques pour les futurs bébés. L'Agence parle pour celles-ci de « situations à risque spécifiques associées à la manipulation de papiers thermiques et à la consommation d'eaux conditionnées dans des bonbonnes en polycarbonate ».

Le bisphénol A bientôt remplacé, mais par quoi ?

À la suite du premier avis de l'Anses, la France avait décidé de bannir le BPA des contenants alimentaires, à commencer par ceux utilisés pour les nourrissons en 2013, puis ceux destinés à l'ensemble de la population en 2015.

« Cette nouvelle législation devrait conduire à une baisse très significative du niveau d'exposition au bisphénol A, dont il conviendra d'évaluer l'impact dans le temps », souligne l'Agence.

Mais cette dernière s'inquiète des produits substitutifs utilisés par l'industrie pour remplacer le BPA. « En l'absence de données scientifiques complémentaires, l'Anses n'encourage pas l'utilisation d'autres bisphénols comme solution de substitution au bisphénol A », indique-t-elle.

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