Santé

Après le Médiator, l'Afssaps épingle l'Épitomax comme coupe-faim

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Depuis l'affaire du Médiator, l'Afssaps se montre prudente et épingle de nouveau l'utilisation hors-AMM d'un médicament, l'Épitomax. Antimigraineux et antiépileptique, il est prescrit en tant que coupe-faim et présenterait, dans ce cadre-là, des effets indésirables importants.

Entre 80.000 et 90.000 boîtes d'Épitomax sont écoulées chaque mois... © Phovoir

Après le Médiator, l'Épitomax ? L'Afssaps met en garde les professionnels de santé et le public contre une utilisation en dehors des autorisations de mise sur le marché (AMM) de ce traitement antiépileptique et antimigraineux utilisé à des fins amaigrissantes.

« L'Épitomax (topiramate) est indiqué comme antiépileptique chez l'adule et l'enfant et comme antimigraineux, uniquement chez l'adulte », rappelle l'Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps). Le détournement de son usage comme coupe-faim peut se révéler dangereux pour la santé des patients.

Plusieurs effets indésirables peuvent ainsi survenir au niveau rénal, oculaire ou métabolique. En outre, « le topiramate diminuerait l'efficacité de la contraception œstro-progestative chez la femme. Et il expose le fœtus à des malformations car il traverse la barrière placentaire », souligne l'agence. Ces effets, pouvant survenir chez tout patient sous Épitomax « peuvent être majorés chez des personnes pour lesquelles cette molécule n'est pas indiquée comme antiépileptique ou comme antimigraineux ».

Les professionnels de santé doivent suivre strictement les utilisations prévues dans l'AMM du médicament prescrit. © Phovoir

Toujours respecter l'utilisation prévue dans l'AMM

L'Afssaps rappelle qu'« avant une nouvelle utilisation, toute molécule fait l'objet d'une évaluation complète des aspects liés à la qualité, l'efficacité, et la sécurité d'emploi ». Les prescripteurs sont donc appelés à « respecter strictement les indications prévues dans les AMM ». Disponible depuis 1996 comme antimigraineux et antiépileptique, les ventes de ce médicament sont relativement stables depuis trois ans. Entre 80.000 et 90.000 boîtes sont écoulées chaque mois.

L'utilisation hors-AMM de certains traitements dans un but amaigrissant révèle une demande importante du public dans ce domaine. Or « la démarche de perdre du poids n'est ni anodine, ni sans conséquences pour la santé », insiste l'Afssaps. Celle-ci doit faire l'objet d'une prise en charge individualisée et « s'inscrire sur le long terme sous le contrôle d'un médecin ».

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