La polypose nasale est une maladie inflammatoire chronique caractérisée par la présence de polypes dans les cavités nasales. © Prostock-studio, Adobe Stock
Santé

Au cœur de l’inflammation de type 2, pour comprendre certaines maladies inflammatoires chroniques comme la polypose nasale.

ActualitéClassé sous :maladies respiratoires , système immunitaire , polypose nasale

Chez 8 patients sur 10, la polypose nasale est associée à une inflammation de type 2. Comment se produit cette surréaction de l'immunité au niveau cellulaire, aussi observée dans d'autres maladies comme la dermatite atopique ou l'asthme ? On vous explique tout !

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Quand des pathogènes ou des allergènes pénètrent dans le corps, il se défend. Ces agressions extérieures induisent une réponse inflammatoire spécifique, appelée inflammation de type 2. Bien que cette réaction soit tout à fait normale, elle peut être trop intense et trop prolongée, et dans certains cas provoquer des maladies. L'asthme ou l'eczéma sont des maladies qui peuvent être associées à une réaction inflammatoire de type 2, la polypose nasale aussi.

Une inflammation incontrôlable

Les médecins ne parviennent pas toujours à identifier l'élément déclencheur de l'inflammation chez les patients atteints de la polypose nasale. Plusieurs pistes de recherches ont été évoquées comme l'implication des allergies respiratoires ou d'une précédente infection par un micro-organisme. Les conséquences sont bien connues dans le cadre d'une polypose nasale : apparition de polypes, perte de l'odorat et du goût, ou encore un nez encombré ou qui coule, accompagné de douleurs faciales.

À l'échelle cellulaire, les mécanismes de l'inflammation de type 2 dans la polypose nasale sont de mieux en mieux compris par les scientifiques. Les cellules de la muqueuse nasale identifient une menace, et communiquent avec le système immunitaire pour la neutraliser. Les lymphocytes T s'activent et se différencient en lymphocyte Th2. Ils sécrètent alors trois molécules clés dans l'inflammation de type 2 : l'IL-4, l'IL-5 et l'IL-13.

Ces cytokines servent de message de communication entre les lymphocytes différenciés et les autres cellules de l'immunité. Elles indiquent la présence d'une menace et sa localisation. Par chimiotactisme (déplacement de certaines cellules déclenché en présence de cytokines), les éosinophiles et les mastocytes voyagent jusqu'à la muqueuse nasale. De leur côté, les Th2 prolifèrent et amplifient le signal d'alerte.

La naissance des polypes

Les mastocytes stockent dans leur cytoplasme des granules contenant des molécules pro-inflammatoires, comme l'histamine ou le TNF-alpha. Les éosinophiles libèrent aussi leur contenu, on dit qu’ils « dégranulent. » Toute cette activité abîme la muqueuse nasale, elle est déstabilisée et irritée. Les polypes résultent de l'infiltration des cellules immunitaires dans l'épithélium et de sa déstabilisation ; tout comme une production anormale de mucus, ou encore des démangeaisons et des douleurs faciales.

Dans le cas de la polypose nasale, cette inflammation locale devient peu à peu chronique et ne disparaît pas. Les traitements prescrits sont adaptés en fonction des symptômes. Les corticostéroïdes locaux, en complément d'un lavage du nez avec une solution saline, constituent le traitement de première intention de la polypose nasale. Leurs propriétés anti-inflammatoires permettent d'apaiser cet emballement immunitaire, mais ne traitent pas son origine.

L'objectif de cette prise en charge thérapeutique est de soulager les symptômes les plus handicapants, mais aussi d'améliorer la qualité de vie des patients et de les prémunir au maximum des risques de complications et de récidives. Dans les formes les plus graves de polypose nasale, le médecin ORL peut avoir recours à la chirurgie ou à des corticoïdes systémiques, qui agissent alors sur tout l'organisme et non plus dans la cavité nasale uniquement, pour « éteindre le feu » de l'inflammation. Enfin, en cas d'échec, il faut envisager d'autres solutions.

Lorsque plusieurs maladies inflammatoires cohabitent

L'inflammation de type 2 est impliquée dans d'autres maladies qui peuvent coexister. Il n'est pas rare qu'un patient présente plusieurs pathologies inflammatoires de type 2, à des degrés variables. La polypose nasale cohabite fréquemment avec l'asthme ou encore la dermatite atopique. Combinées, ces pathologies sont plus difficiles à prendre en charge que lorsqu'elles apparaissent seules. Ainsi, les patients qui présentent une polypose nasale combinée à de l'asthme ont trois fois plus de risque de faire une rechute post-chirurgicale.

La compréhension fine des liens entre l'inflammation de type 2 et les maladies inflammatoires comme la polypose nasale pourrait contribuer à améliorer la prise en charge générale des patients.

Article réalisé en partenariat avec Sanofi Genzyme.

Sources :

Référence 7000035242 - 11/2021

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