Santé

Première mondiale : une femme devient mère après une greffe d’utérus

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Pour la première fois, une femme souffrant d'une absence congénitale d'utérus a pu mener une grossesse et mettre au monde un bébé. Cette première mondiale a été réalisée en Suède, à Göteborg, et donne un espoir à toutes celles souffrant d'infertilité utérine.

Le premier bébé né d’une femme ayant un utérus greffé est venu au monde en Suède. © Portraitlady4306, Wikimedia Commons, DP

L'infertilité absolue de l'utérus est due à l'absence d'utérus ou à la présence d'un utérus non-fonctionnel. Certaines femmes ayant eu un cancer et subi une chirurgie de l'utérus peuvent aussi souffrir de cette infertilité qui jusqu'à présent était incurable. C'est pourquoi en 1999 l'université de Göteborg a démarré un projet visant à permettre à des femmes sans utérus d'avoir un enfant.

Ainsi, 9 femmes ont reçu un utérus provenant de donneuses vivantes, souvent la mère de la receveuse, mais aussi d'autres membres de la famille ou d'amies proches. Dans deux cas, l'utérus greffé a dû être retiré, une fois à cause d'une infection grave, et dans l'autre cas à cause de caillots sanguins dans les vaisseaux transplantés. Les 7 femmes restantes ont démarré leurs essais de fécondation in vitro (FIV) en 2014, avec leurs propres embryons introduits dans l'utérus greffé. Une première naissance a pu avoir lieu ; elle est décrite dans la revue The Lancet.

L'heureuse maman souffrait d'une absence congénitale d'utérus (syndrome de Rokitansky). En 2013, à l'âge de 35 ans, elle a subi une greffe avec un utérus provenant d'une femme de 61 ans, qui avait eu deux enfants et sans lien de parenté avec elle. La receveuse a eu ses règles pour la première fois 43 jours après la greffe et a continué à être réglée normalement en moyenne tous les 32 jours.

La patiente a été enceinte dès le premier essai de fécondation in vitro. © Canwest News Service, Wikimedia Commons, DP

Naissance réussie avec un utérus provenant d’une femme ménopausée

Un an après la greffe d'utérus, la patiente a reçu un premier embryon qui a conduit à une grossesse. Elle suivait un traitement immunosuppresseur avec 3 molécules : tacrolimus, azathioprine et des corticostéroïdes, y compris pendant sa grossesse. Après sa greffe, elle a connu 3 épisodes de rejets légers, dont un pendant sa grossesse. Ces épisodes ont pu être arrêtés avec le traitement immunosuppresseur à base de corticostéroïdes. 

La croissance du fœtus et les flux sanguins dans les artères utérines et le cordon ombilical étaient normaux lors de la grossesse. Mais à 31 semaines et 5 jours de grossesse, la patiente a été admise à l'hôpital avec une pré-éclampsie ; 16 h plus tard, une césarienne a été pratiquée en suivant un protocole normal. D'après Mats Brännström, qui a réalisé la césarienne, le petit garçon nouveau-né était en parfaite santé ; il pesait 1,775 kg, un poids normal à ce stade de la grossesse. « La mère et l'enfant vont tous les deux bien et sont rentrés chez eux. Les nouveaux parents sont bien sûr très heureux et reconnaissants. La raison de la pré-éclampsie de la maman est inconnue, mais cela pourrait être dû à son traitement immunosuppresseur combiné au fait qu'il lui manque un rein. L'âge de la donneuse d'utérus pourrait aussi être un facteur. De plus, la pré-éclampsie est en général plus courante chez les femmes qui sont tombées enceintes par un traitement FIV. »

Cette première mondiale est un espoir pour de nombreuses femmes : « ceci nous donne des preuves scientifiques que le concept de greffe d'utérus peut être utilisé pour traiter l'infertilité utérine, qui jusqu'à présent est restée la dernière forme incurable d'infertilité féminine. Cela montre aussi que les greffes avec des donneuses vivantes sont possibles, y compris avec une donneuse ménopausée ».

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