Depuis longtemps, l'Homme cherche à retarder l'inéluctable : sa mort certaine. C'est dans cette optique que s'inscrit la médecine, mais également la recherche sur le vieillissement. Une famille de facteurs de protéines serait chargée de réguler ce processus dans quantité de tissus et chez beaucoup d'espèces, selon une nouvelle étude.

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Nous connaissons tous les télomèrestélomères. Ces petits doublons de matériel génétiquematériel génétique situés à l'extrémité de nos chromosomeschromosomes. On sait que leurs longueurs est un facteur déterminant notre longévité. Bien sûr, il n'est pas le seul. Certains mécanismes biologiques tels que l'autophagieautophagie, des enzymes clésenzymes clés ou des protéinesprotéines de transcriptionstranscriptions comme ici, peuvent aussi jouer un rôle négatif ou positif dans notre vieillissement cellulaire. Des chercheurs ont découvert que la famille de protéines E-twenty-six (ETS) était chargée de gérer une partie du vieillissement au sein de la plupart des tissus chez la drosophiledrosophile et chez le ver.

Le saviez-vous ?

Le rat-taupe nu est l'une des espèces les plus impressionnantes qui soit. Son espérance de vie est de 30 ans (quatre ans pour ses homologues souris). Les scientifiques l'expliquent par un système immunitaire hors norme contre toutes sortes de maladies. Il ne ressentirait pas la douleur et survit sans oxygène pendant 18 minutes.

Des protéines qui régulent notre espérance de vie

Cette fameuse famille de protéines aurait pour but de réguler à la hausse ou à la baisse notre espérance de vieespérance de vie. Chez la drosophile, on sait que le niveau d'insuline est un facteur clé dans la gestion du vieillissement. Plus il est élevé, moins la longévité est grande et inversement. De faibles niveaux d'insulineinsuline activent certains facteurs de transcription précis nommés Aop et Foxo. Les effets de ces deux compères sont identiques lorsqu'ils agissent individuellement. Lorsqu'ils sont combinés, Aop peut modérer les effets de Foxo ou au contraire agir en synergiesynergie selon le contexte cellulaire.

De l'autre côté se trouve Pnt, un régulateurrégulateur de l'activité génétique faisant partie de la même famille de protéines que Aop (les ETS). Son activation semble plutôt corrélée à un vieillissement accéléré car son rôle essentiel serait de gérer les désordres métaboliques et les stressstress nutritionnels tels qu'un excès de sucresucre. Ces trois moléculesmolécules semblent former un axe Aop-Foxo-Pnt, où chacun s'exprime à tour de rôle en fonction de l'environnement cellulaire et des comportements de l'individu. Cette étude constate donc, une nouvelle fois, l'importance du mode de vie sur le vieillissement chez l'animal. Affaire à suivre chez l'Homme...

Le ridicule ne tue pas. Le vieillissement, si. Il doit donc être considéré comme un véritable problème de santé publique. © Edu, Pexels
Le ridicule ne tue pas. Le vieillissement, si. Il doit donc être considéré comme un véritable problème de santé publique. © Edu, Pexels

Le vieillissement : une maladie ? 

Ces analyses génétiques sont importantes pour mieux comprendre le vieillissement et lutter contre ce dernier. Cependant, la croyance populaire nous enseigne que le vieillissement ne serait pas une maladie. Pourtant, le plus grand meurtrier d'êtres vivants, c'est lui. Mais dans la mesure où ce dernier est « naturel », on lui accorde moins d'importance qu'à la survenue d'un cancercancer ou d'un infarctus, par exemple.

Tout compte fait, si on regarde l'argument de plus près, tient-il la route ? Un virusvirus, c'est bien « naturel » ? Une infection a un virus, c'est donc bien naturel ? Dans ce raisonnement, on ne devrait donc pas soigner l'infection au virus de l'immunodéficience humaine (VIHVIH), par exemple. On pourra objecter que tout le monde vieillit alors que tout le monde n'est pas infecté par le VIH, certes. Mais tout le monde (la grande majorité des personnes en France) est contraint de se faire opérer des dents de sagesse, alors que leur croissance est naturelle. On le voit bien, l'argument est bancal. Loin de l'idéologie transhumaniste où il est parfois question de vouloir vaincre la mort, il faut tout simplement accepter de considérer le vieillissement comme une maladie et, de ce fait, tenter d'y faire face grâce à la science.