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Premier clonage – presque – réussi d’un animal disparu

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Un bouquetin des Pyrénées, dont le dernier individu a disparu en 2000, est né par clonage en Espagne. L'animal n'a pas survécu mais cette deuxième tentative laisse espérer des succès à venir. Les perspectives sont immenses.

Un bouquetin des Pyrénées. Source Commons

Publiée dans la revue Theriogenology le 23 janvier dernier, l'information est presque passée inaperçue. Pourtant ses implications potentielles sont énormes. Une équipe de scientifiques dirigée par Jose Folch et J.L. Alabart (Service de Recherche en Agriculture et Alimentation du Gouvernement d'Aragon, Espagne), ainsi que M. J. Cocero (Institut National de Recherche sur les Technologies Agraires et Alimentaires, Espagne) a pour la première fois conduit à terme la conception in vitro par clonage et la naissance d'un mammifère disparu, en l'occurrence une sous-espèce de bouquetin des Pyrénées (Capra pyrenaica ssp. pyrenaica).

Bien que l'animal n'ait survécu qu'une dizaine de minutes après sa venue au monde, l'expérience est une réussite sur le plan technique et préfigure un vaste programme de recherches qui s'étendra vraisemblablement au monde entier.

Parmi les quatre sous-espèces connues de bouquetin des Pyrénées, deux ont irrémédiablement disparu, comme le soulignait un récent rapport de l'UICN sur les mammifères menacés : ssp. lusitanica à la fin du XIXe siècle et ssp. pyrenaica en 2000. Le dernier survivant de cette dernière était une femelle nommée Celia, tuée accidentellement par la chute d'un arbre dans le parc national d'Ordesa y Monte Perdido (Pyrénées espagnoles) le 6 janvier 2000.

En octobre de la même année, le gouvernement espagnol autorisait la compagnie de biotechnologie ACT à tenter la reconstitution de Capra pyrenaica ssp. pyrenaica par clonage, au départ de cellules provenant de biopsies cutanées prélevées sur le dernier spécimen en 1999. L'accord impliquait que les individus, s'ils vivaient, soient réintroduits dans leur environnement naturel.

Une première tentative a échoué en 2003. Sur 54 embryons obtenus par clonage et transférés dans 12 animaux porteurs (une chèvre domestique, Capra hircus), tous sont morts, seuls deux ayant atteint une durée de développement de deux mois (la période de gestation normale étant de cinq mois).

Clonage réussi !

La deuxième tentative vient d'aboutir. Pour cela, Jose Folch et son équipe ont utilisé des cellules somatiques de Celia et les ont introduites par électrofusion dans des ovocytes de chèvre préalablement énucléés. Cette technique consiste à provoquer, au moyen d'une décharge électrique, la fusion des membranes d'un ovocyte énucléé et d'une cellule donneuse de noyau.

Après culture in vitro de 36 heures et 7 jours, les embryons ainsi obtenus ont été transférés, selon leur degré de développement, dans l'oviducte ou l'utérus des animaux porteurs, un hybride de bouquetin des Pyrénées et de chèvre domestique.

Après cinq mois de grossesse, un des embryons est arrivé à terme et a été délivré par césarienne. Morphologiquement identique à l'animal disparu, il n'a malheureusement survécu que quelques minutes à l'air libre, en raison d'une malformation pulmonaire. Cependant, l'examen de son ADN a confirmé la parfaite similitude entre le clone et Capra pyrenaica ssp. pyrenaica.

Jose Folch ne se déclare pas déçu par la mort du spécimen, car cela reste extrêmement courant en matière de clonage expérimental. Il confirme qu'une nouvelle tentative sera encore effectuée cette année, au plus tard début 2010, dans le but d'obtenir un spécimen viable.

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