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Un OGM pour lutter contre le SIDA

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Une bactérie commensale du vagin modifiée génétiquement pourrait être utilisée comme "préservatif vivant". Cette bactérie sécréterait des protéines protégeant les femmes contre une infection par le VIH. En effet de récents résultats suggèrent qu'une bactérie sécrétant la protéine soluble CD4 empêcherait l'entrée du VIH dans l'organisme.

Image en microscopie électronique du virus du SIDA.

La bactérie choisie, Lactobacillus jensenii est une des bactéries qui peuple naturellement la flore vaginale. Les chercheurs ont modifié cette bactérie afin qu'elle puisse sécréter une forme soluble de la protéine CD4. Cette protéine naturellement présente à la surface de certains lymphocytes (cellules immunitaires), est utilisée par le virus du VIH pour pénétrer dans la cellule. L'idée est donc de leurrer le virus en lui présentant de nombreuses cibles inutilisables.

Afin de pouvoir mener leurs expériences sur un animal modèle, les chercheurs sont en train de vérifier si la bactérie naturelle (chez l'homme) est capable de coloniser la muqueuse vaginale du singe rhésus. Cependant, cette stratégie a déjà été employée avec succès in vitro, où la bactérie a permis de bloquer totalement l'infection de cellules humaines par une souche de laboratoire du VIH.
L'objectif des chercheurs est de pouvoir débuter des essais cliniques le plus rapidement possible.

Bloquer l'entrée du virus dans la cellule

Etant donné qu'au moins plusieurs années seront encore nécessaires afin d'obtenir un vaccin efficace contre le VIH, de nombreux chercheurs se sont concentrés sur les moyens possibles pour bloquer la toute première étape de l'infection : l'entrée du virus dans la cellule.
Une des pistes étudiées est le développement de médicaments vaginaux, agissant comme un préservatif chimique, en inhibant ou même détruisant le virus avant son entrée dans les cellules. Le problème de ces approches est que les composés utilisés s'avèrent être particulièrement agressifs pour la muqueuse vaginale, la rendant par la même occasion plus perméable au virus.
Ainsi cette nouvelle approche offrirait l'avantage de présenter des conditions très similaires à l'environnement naturel du vagin. De plus ce système présente une grande flexibilité car à partir du moment où il aura montré son efficacité chez l'homme, il sera possible de faire exprimer par cette bactérie aussi bien des anticorps dirigés contre le virus, que des protéines ayant une activité virucide.

Des essais humains avec d'autres souches naturelles de Lactobacillus suggèrent que ces bactéries peuvent coloniser la muqueuse vaginale durant plusieurs jours, voir même des semaines. Un procédé a même été développé permettant de fabriquer des tablettes lyophilisées de la bactérie, pouvant être stockées un an sans réfrigération.

Cependant il est difficile de prévoir quel accueil sera réservé à ce médicament d'un nouveau genre. En effet de nombreux pays se sont déjà clairement proclamés contre les organismes génétiquement modifiés. Même si cette position concernait principalement la présence de maïs transgénique dans l'alimentation, il est possible que le même accueil soit réservé à ce médicament. Les chercheurs espèrent cependant que l'avantage de pouvoir bloquer l'entré du VIH dans le corps prendra le pas sur les réticences.
Il est aussi important de noter que cette stratégie ne permet de bloquer qu'une seule des voies d'infection du VIH. Ainsi, même si cette bactérie s'avère efficace, elle ne constituera certainement pas un moyen de se protéger totalement du SIDA.

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