Une molécule connue depuis longtemps présente des effets intéressants dans le cadre de la Covid-19. © AGPhotography, Adobe Stock
Santé

Un médicament vieux de 70 ans protège les poumons de la Covid-19

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Le disulfirame est prescrit pour traiter l'alcoolisme, mais des chercheurs du Weil Medical College, aux États-Unis, ont aussi observé qu'il réduisait dans les poumons de hamsters les dégâts causés par le coronavirus.

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L'action thérapeutique du disulfirame est connue depuis près de 70 ans. Utilisé d'abord comme antiparasitaire, il est aujourd'hui prescrit dans le cadre d'une dépendance à l'alcool. En effet, le disulfirame inhibe l'action d'une enzyme impliquée dans l'élimination de l'alcool dans l'organisme. La molécule amplifie donc les symptômes de la « gueule de bois », un moyen de dissuader les alcooliques de consommer à nouveau de l'alcool.

Souvent, un médicament autorisé pour une maladie donnée fait l'objet de nouveaux tests pour estimer son effet dans une autre. C'est ce qu'il s'est passé pour le disulfirame. En 2020, des chercheurs ont observé que la molécule limite la formation de NETs (pour neutrophil extracellular traps, en anglais), une structure extracellulaire que les globules blancs neutrophiles déploient comme une toile d'araignée pour attraper les pathogènes. Or, ces NETs peuvent aussi agresser les tissus et les vaisseaux pulmonaires. Ils sont présents dans les poumons de certains patients atteints de la Covid-19.

« Les NETs peuvent endommager les tissus, mais comme le disulfirame interfère avec la gasdermine D, une molécule requise pour produire les NETs, il ne s'en forme aucun après un traitement au disulfirame », explique Mikala Egelbad, première autrice de l'étude parue dans JCI insight.

Un neutrophile (en jaune) qui déploie son NET (en vert) pour attraper des bactéries (en violet). © CHDENK, Wikimedia Commons

Des essais pré-cliniques positifs

Après des tests in vitro qui ont montré que le disulfirame empêche les neutrophiles de déployer leurs NETs, les chercheurs ont réalisé des essais pré-cliniques sur des hamsters dorés atteints de Covid-19. Une prise de disulfirame un jour avant et un jour après l'infection par le SARS-CoV-2 réduit la formation de NETs et en conséquence les dommages tissulaires dans les poumons (fibroses), et éteint aussi l'inflammation néfaste.

Les NETs sont impliqués dans d'autres maladies pulmonaires, agir sur leur formation pourrait être intéressant au-delà de la Covid-19. Les chercheurs ont testé le disulfirame sur des souris atteintes du syndrome respiratoire aigu post-transfusionnel (TRALI), qui est une détresse respiratoire aiguë après une transfusion sanguine. Un traitement au disulfirame a augmenté significativement la survie du groupe de souris, comparativement à celles non traitées. Un petit essai clinique mené sur 60 patients Covid est en cours à l'Université de Californie à San Francisco pour confirmer les effets positifs du disulfirame. 

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