La microgravité n'est pas sans conséquence sur le corps humain. Elle pourrait fragiliser les futurs voyageurs interstellaires face aux maladies, en diminuant les capacités de l'immunité.

Lors d'un voyage dans l'espace, le corps humain est soumis à rude épreuve. Sans gravitégravité terrestre, la massemasse musculaire des astronautes fond comme neige au soleilsoleil ; ils perdent aussi de la masse osseuse par exemple. La recherche s'intéresse beaucoup aux conséquences de la microgravitémicrogravité sur la santé humaine depuis les premiers séjours spatiaux au long court des astronautes dans la station MirMir. La microgravité dérange aussi les équilibres de notre système immunitaire.

Sans en comprendre totalement les mécanismes, il a été observé qu'elle diminue nos défenses face aux pathogènespathogènes, autorisant, par exemple, un virus à se répliquer plus vite. Une étude récente, parue dans Scientific Reports, affine nos connaissances sur ce sujet. Selon les scientifiques de l'université de Standford, la microgravité diminue l'activité de lymphocytes T4lymphocytes T4 et T8, mais augmente celle des lymphocytes T régulateursrégulateurs.

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Des cellules immunitaires engourdies par la microgravité…

Les cellules mononuclées du sang (PBMC) de huit volontaires ont été soumises à la microgravité, ou à une gravité de 1G pour contrôle, pendant 18 heures. Après ce traitement, les échantillons ont été laissés tels que ou ont été stimulés avec des antigènesantigènes (ConA ou un anti-CD28) pour provoquer une réponse immunitaire. Les réactions de chaque cellule ont été étudiées grâce à la cytométrie en fluxcytométrie en flux et l'étude de leur ARNm.

Leurs résultats indiquent que la microgravité diminue les réponses, après stimulationstimulation, des lymphocytes T4, dont le rôle est entre autre d'activer les lymphocytes B pour qu'ils se différencient et produisent des anticorps, des lymphocytes T8 qui détruisent les cellules infectées et les cellules NK (natural killer), effecteurs de l'immunité innée qui tuent aussi les cellules infectées. La sécrétionsécrétion des cytokinescytokines, les moléculesmolécules qui permettent la communication entre toutes les cellules, baisse aussi dans les conditions de microgravité, notamment le TNFα, pro-inflammatoire, le CCL4 une molécule qui attire les NK sur le lieu de l'infection.

Le protocole utilisé par les scientifiques pour étudier la réponse immunitaire en microgravité. © J. M. Spatz et <em>al., Scientific Reports</em>
Le protocole utilisé par les scientifiques pour étudier la réponse immunitaire en microgravité. © J. M. Spatz et al., Scientific Reports

…et des régulateurs au garde à vous

À l'opposé, l'expression des lymphocytes T régulateurs est augmentée en microgravité. Comme leur nom l'indique, ils sont en charge de contenir la réponse immunitaire pour ne pas qu'elle s'attaque au soi. Ces cellules sont aussi impliquées dans la préventionprévention des maladies auto-immunesmaladies auto-immunes. La suractivité des T régulateurs en condition de microgravité ralentit encore la réponse immunitaire déjà faible après stimulation. 

Voilà comment la microgravité endort notre système immunitaire. Cela pourrait avoir des conséquences graves sur la santé des futurs voyageurs à destination d'autres planètes si, par exemple, un microbemicrobe s'infiltre dans le vaisseau spatial.