Une récente étude s'est intéressée aux possibles liens entre la gravité de la pandémie de Covid-19 et la détérioration de notre environnement causée par les produits chimiques. Ce nouvel éclairage pointe les perturbateurs endocriniens, ces polluants du quotidien pouvant être impliqués dans les formes sévères de Covid-19.

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[EN VIDÉO] 22 % de la population serait plus vulnérable aux complications de la Covid-19 Environ 1,7 milliard de personnes, soit 22 % de la population mondiale, seraient atteintes de troubles de la santé susceptibles de causer des complications en cas d'infection par le virus Covid-19. C'est le résultat d'une étude mise en ligne par le CDC basée sur des relevés collectés tout au long du mois d'avril 2020 aux États-Unis.

Certains sujets infectés par le SARS-CoV2 n'ont aucun symptômesymptôme majeur ; d'autres tombent gravement malades. La littérature scientifique a prouvé que l'âge, le sexe, le poids et les maladies chroniques préexistantes, jouent un rôle dans la variabilité substantielle de l'évolution de la Covid-19Covid-19. D'autres facteurs comme les polluants de l’environnement pourraient aussi être impliqués, notamment en favorisant l'obésitéobésité et les maladies chroniques.

En effet, « notre nouvelle étude révèle que l'exposition à des produits chimiques qui dérèglent le système endocriniensystème endocrinien (les perturbateurs endocriniensperturbateurs endocriniens ou PE) pourrait interférer avec différents signaux biologiques du corps humain jouant un rôle important dans la sévérité de la Covid-19 », explique Karine Audouze, maître de conférencesmaître de conférences à l'université de Paris, qui a porté cette étude au sein du laboratoire T3S* (Université de Paris, Inserm) et qui a été publiée le 19 novembre 2020 dans la revue Environment International.

Microscopie électronique d’une cellule infectée par le SARS-CoV-2. © Philippe Roingeard et Sébastien Eymieux, unité Inserm U1259, Morphogenèse et antigénicité du VIH et des virus des hépatites, université de Tours (France)
Microscopie électronique d’une cellule infectée par le SARS-CoV-2. © Philippe Roingeard et Sébastien Eymieux, unité Inserm U1259, Morphogenèse et antigénicité du VIH et des virus des hépatites, université de Tours (France)

Une approche bio-informatique pour cerner le rôle possible des PE

L'exposition aux perturbateurs endocriniens a été associée à des maladies chroniques métaboliques telles que le diabète, l’obésité ou certaines maladies cardiaques, qui peuvent toutes contribuer à la gravitégravité de la Covid-19. Pour mieux comprendre les relations entre ces substances et l'augmentation du risque de Covid-19 sévère, les chercheurs ont utilisé une approche bio-informatique.

Ils ont pour cela identifié les voies biologiques (et les protéinesprotéines clés de ces voies) qui étaient associées à la fois aux modes d'action des PE et, en parallèle, aux maladies chroniques favorisant la sévérité de la Covid-19. Ils ont alors pu identifier des voies communes, qui sont en l'occurrence impliquées dans la défense de l'organisme vis à vis de pathogènespathogènes (la réponse immunitaireréponse immunitaire).

Les auteurs suggèrent qu'il existe une relation possible entre la gravité de cette pandémiepandémie et la détérioration de notre environnement par les produits chimiques. Ils soulignent d'une part que les populations fortement exposées aux PE méritent la meilleure préventionprévention possible et, d'autre part, que les protéines clés des voies biologiques qui sont à la fois ciblées par les PE et liées à la gravité de la Covid-19, peuvent représenter des cibles possibles pour les thérapiesthérapies futures.