Tous les groupes sanguins ne seraient pas à égalité avec le Covid-19. © Guteksk7, Adobe Stock

Santé

Les personnes de groupe sanguin A seraient plus sensibles au coronavirus

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Certaines personnes développent des formes plus sévères que d'autres du virus de Covid-19. Les personnes avec un groupe O, les plus nombreuses, seraient à l'inverse moins affectées. Ce phénomène aurait la capacité de ralentir considérablement la propagation des coronavirus par rapport aux modèles habituels.

Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés pour le Covid-19. Le taux de mortalité augmente ainsi fortement chez les personnes âgées, les patients atteints de maladies chroniques respiratoires et cardiovasculaires. Le diabète, l’hypertension, l'obésité ou le tabagisme favorisent également les formes graves de la maladie. Une nouvelle étude mise en ligne sur le site MedRxiv met en lumière un nouveau paramètre : le groupe sanguin.

Groupe sanguin A : un taux de mortalité supérieur de 20 % au coronavirus

Avec ses collègues des hôpitaux de Wuhan et de Shenzhen, Wang Xinghuan a examiné le cas de 2.173 patients porteurs du SARS-CoV-2 et calculé que les personnes de groupe sanguin A présentent un taux de mortalité supérieur de 20 % à celui des autres groupes. À l'inverse, les patients de groupe O ont un taux de mortalité inférieur de 33 %. Même en prenant en compte l'âge et le sexe, ces différences demeurent. « Les patients de groupe sanguin A infectés par le virus SARS-CoV-2 doivent faire l'objet d'une vigilance accrue », insistent donc les chercheurs.

L’effet protecteur des anticorps anti-A

Ce constat avait déjà été établi lors de précédentes recherches sur le SRAS en 2003. Une étude de 2005 avait ainsi montré que les patients de groupe sanguin O étaient moins susceptibles de contracter la maladie. Un phénomène qui pourrait s'expliquer par la présence d'anticorps anti-A (absents chez les patients de groupe A et AB), qui bloquent l'interaction entre la protéine de surface du virus et l'enzyme 2 de conversion qui sert de récepteur cellulaire. « Les anticorps anti-A assurent ainsi une protection naturelle contre le virus », explique une équipe de chercheurs de l'Inserm (France), dans une autre étude parue en 2008 dans Glycobiology.

Nombre de cas et durée de l’épidémie. A : sans effet de polymorphisme ABO ; B : Effet modéré du polymorphisme ABO et C : fort effet du polymorphisme ABO. © Patrice Guillon et al, Glycobiology, 2008

Ces derniers ont également construit un modèle mathématique prenant en compte les différents groupes sanguins et constaté que le polymorphisme ABO « peut réduire considérablement la propagation du virus, en affectant à la fois le nombre de personnes infectées et la cinétique de l'épidémie». Car les groupes sanguins O et B (pourvus d'antigènes anti-A) sont majoritaires dans la population (bien que la fréquence varie fortement selon les régions et les types ethniques). En France par exemple, on compte 42 % de groupe O, 44 % de groupe A, 10 % de groupe B et 4 % de groupe AB.

Au niveau mondial, la répartition des groupes sanguins O, A, B et AB est de respectivement 45 %, 40 %, 11 % et 4 %. © Humdan, Adobe Stock, adaptation C.D pour Futura

Les anticorps sanguins, un remède préventif aux épidémies de coronavirus ?

Cependant, le taux d'antigènes anti-A et anti-B a tendance à décroître au fil du temps dans les pays développés, « possiblement en raison de l'amélioration de l'hygiène, suggère l'étude. Il pourrait donc être intéressant d'augmenter les niveaux d'anti-A ou anti-B dans toutes les populations afin de ralentir et de limiter la propagation de certains pathogènes émergents. Cela pourrait constituer une stratégie de prévention efficace contre le SRAS mais aussi contre d'autres coronavirus, responsables d'une proportion importante des rhumes courants et qui peuvent contribuer à des infections plus graves des voies respiratoires ». L'étude, qui rappelons-le a été publiée en 2008, s'avère aujourd'hui prémonitoire.

  • Les personnes avec un groupe sanguin A ont un taux de mortalité supérieur aux coronavirus.
  • Les personnes avec un groupe O semblent au contraire protégées.
  • Cela pourrait être dû à la présence d’anticorps anti-A, qui inhibent la liaison entre la protéine virale et le récepteur de la cellule.
  • Cet effet protecteur est susceptible de ralentir considérablement l’épidémie.
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