57 % des français se disent prêt à se vacciner contre le coronavirus lorsqu'un vaccin sera disponible. Est-ce suffisant pour protéger tout le monde ? © Near, Adobe Stock
Santé

Covid-19 : la part de la population souhaitant se vacciner suffira-t-elle à stopper l'épidémie ?

ActualitéClassé sous :Coronavirus , Vaccin , éradication des maladies

Dans un sondage mené par l'Ifop, 74 % des participants ont indiqué vouloir se vacciner contre la Covid-19 lorsqu'un vaccin sera disponible. En France, c'est seulement 59 %. Est-ce que cette couverture vaccinale sera suffisante pour limiter significativement la propagation du virus ?

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Du 24 juillet au 7 août 2020, l'Ifop a conduit un sondage sur sa plateforme Ifop Global Advisor. Environ 20.000 personnes en provenance de 27 pays du monde entier ont partagé leur impression sur la vaccination contre la Covid-19. Le sondage prenait la forme d'une échelle de Lickert où les participants devaient indiquer s'ils étaient « tout à fait d'accord », « d'accord », « pas tout à fait d'accord « ou « en fort désaccord » à des affirmations autour de la vaccination anti-Covid.

Que nous disent les résultats révélés par l'institut de sondage dans un communiqué de presse le 31 août dernier ? 

57 % des Français souhaitent se faire vacciner contre la Covid-19

Avant de se plonger dans les différences entre les 27 pays, notons que 74 % des participants sont en accord avec la phrase «  si un vaccin pour la Covid-19 était disponible, je me ferais vacciner ». À l'inverse, 26 % des sondés refuseraient de se faire vacciner contre la Covid-19.

Regardons maintenant plus en détail les différences entre les pays. C'est en Chine que les intentions de vaccination sont les plus importantes : 38 % des sondés affirment vouloir se faire vacciner contre la Covid-19. À cela s'ajoutent 59 % des autres sondés qui souhaitent aussi se faire vacciner, mais de façon moins certaine. Ce qui fait au total 97 % d'opinion positive sur le vaccin anti-Covid-19. Pour seulement 3 % d'opinion défavorable.

De l'autre côté de l'échiquier, les Français interrogés par l'Ifop ne sont que 22 % à exprimer une intention ferme de vaccination. Mais ils sont presque autant (20 %) à être totalement défavorables à l'administration d'un vaccin anti-Covid-19. Sur ce point, seuls les Hongrois (28 %) et les Russes (24 %) sont plus défavorables. Au total, 59 % des Français se sont exprimés favorables à la vaccination.

Dans l'ensemble, ce sont environ 5.000 personnes qui se sont prononcées contre la vaccination contre la Covid-19. Le sondage s'est donc intéressé aux raisons de ce choix. À l'échelle globale, la principale préoccupation est la survenue d'effets secondaires, cela concerne 56 % des sondés. La deuxième crainte est le manque d'efficacité du vaccin pour 29 % des personnes.

Réponse des sondés à la phrase « si le vaccin pour la Covid-19 était disponible, je me ferais vacciner ». © Ifop

Les effets secondaires, premiers freins à la vaccination

Là encore, il existe des disparités entre les pays. Dans certains d'entre eux, les participants se sont prononcés comme étant anti-vaccin en général à des pourcentage non négligeables. C'est le cas de la Russie, qui fait jeu égal avec l'Italie où 30 % des sondés sont anti-vaccination. La France arrive en troisième position avec 24 % des sondés qui refuseraient la vaccination.

Dans son communiqué de presse, l'Ipsos souligne le fait que, pour la France, l'échantillon est représentatif de la population générale âgée de moins de 75 ans. En se basant sur cela, seulement 57 % des Français auraient l'intention de se vacciner contre la Covid-19. Est-ce suffisant pour limiter la propagation du coronavirus ?

L'épidémie de SARS-CoV-2 étant récente et toujours en cours, il n'existe pas de données dans la littérature scientifique traitant de la couverture vaccinale idéale pour arrêter la propagation du virus, ni de meilleures stratégies à appliquer. Il existe néanmoins une publication sur l'effet de différentes stratégies vaccinales appliquées au MERS-CoV et au SARS-CoV-1, deux autres coronavirus zoonotiques comparables au SARS-CoV-2, dans le milieu médical.

Les principales raisons du refus de la vaccination des sondés. © Ifop

Quid de la couverture vaccinale ?

Pour faire simple, les conclusions de cette publication étaient les suivantes : il faudrait qu'au moins 75 % du personnel hospitalier soit vacciné pour diminuer significativement l'apparition de nouveaux cas de SRAS. Du côté des patients, il faudrait aussi qu'ils soient 75 % à être immunisés pour éviter 50 % de nouveaux cas de SRAS. Les résultats sont plus aléatoires pour le MERS-CoV. Aucun vaccin contre le SARS-CoV-1 ou le MERS-CoV n'a été commercialisé puisque ces épidémies se sont éteintes toutes seules.

Un article récemment publié sur Futura détaillait que, si la couverture vaccinale était de 75 %, le vaccin devrait être efficace à au moins 80 %. Dans leur conclusion, les auteurs soulignent le fait que le vaccin seul ne permettra pas un retour à la normale, à moins d'une couverture vaccinale très élevée et qui semble difficilement atteignable au regard des intentions de vaccination de la population générale.

Pour rappel, la poliomyélite, causée un poliovirus, a été éradiquée dans la plupart des pays grâce à la vaccination. La poliomyélite a disparu d'Europe en 2002 grâce à une campagne de vaccination obligatoire des nourrissons (le DTP) débutée en 1964, dont les rappels sont fortement recommandés, mais plus obligatoires à partir de 6 ans, tout au long de la vie. En 2002, la couverture vaccinale frôlait alors les 97,5 % à 24 mois. Le virus sauvage de la poliomyélite a disparu de tous les pays sauf de l'Afghanistan et du Pakistan où il circule encore.

Un autre virus extrêmement contagieux (un malade contamine entre 15 et 20 personnes), responsable de la rougeole, circule encore, mais la vaccination a permis d'éviter 20,4 millions de décès entre 2000 et 2016 selon l'OMS, essentiellement des jeunes enfants de moins de 5 ans. En France, la rougeole n'a pas disparu. En 2018, le pays a connu une recrudescence du nombre de cas de cette maladie. Selon santé publique France, 87 % des malades étaient mal ou non vaccinés.

Pour la Covid-19, rien n'est certain : la disponibilité du vaccin, son efficacité et sa date de mise sur le marché, et quelle sera le meilleure stratégie vaccinale pour qu'une part suffisante de la population soit immunisée. Depuis longtemps, la vaccination se heurte à la défiance de certaines personnes qui la refusent en bloc, craignant des effets secondaires ou le fait que, entre autres raisons, les vaccins ne soient pas efficaces .

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