Selon une étude publiée par des chercheurs de l’Institut Pasteur, chiens et chats seraient épargnés par le Covid-19. © MT-R, Adobe Stock
Santé

Covid-19 : nos animaux de compagnie seront-ils épargnés ?

ActualitéClassé sous :Coronavirus , Covid-19 , SARS-CoV-2

En Chine, les habitants des provinces contaminées par le SARS-CoV-2 auraient été enjoints de se débarrasser de leurs animaux de compagnie. Objectif : réduire le risque de contamination par des chiens et des chats infectés. Cette mesure a-t-elle un sens ? Pas sûr, prévient l'Institut Pasteur. 

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Coronavirus versus Grippe : leurs différences, leurs ressemblances  Au tout début de l’épidémie, le Covid-19 a été comparé à la grippe, d’aucuns la qualifiant de « grippette ». Or, il n’en est rien. Depuis, les scientifiques du monde entier ont mis en commun leurs observations, s’appuyant notamment sur celles des Chinois. 

Il est aujourd'hui largement admis que la chauve-souris constitue le réservoir initial du coronavirus SARS-CoV-2 responsable de la pandémie de Covid-19. Mais la question se pose toujours du rôle que les animaux domestiques pourraient jouer dans sa propagation. Peuvent-ils être malades ? Servir d'intermédiaires ? D'amplificateurs ? Pour apporter une première réponse à ces questions, des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'École vétérinaire d'Alfort (France) ont mené une étude sur des chiens et des chats.

Récemment, une étude chinoise -- non encore validée par des pairs -- suggérait que le SARS-CoV-2 pouvait notamment infecter les chats. Qui pouvaient même se contaminer entre eux via des « gouttelettes respiratoires ». Épargnant cependant les chiens. Des conclusions que les chercheurs ont tirées après avoir inoculé le coronavirus à des animaux en laboratoire.

Pour améliorer les modèles épidémiologiques et prendre les mesures les plus appropriées à la protection des populations, les chercheurs étudient l’hypothèse selon laquelle nos animaux de compagnie pourraient servir d’hôtes intermédiaires ou d’amplificateurs du virus. © Tatyana Gladskih, Adobe Stock

Peu de risques d'être infectés

Pour savoir ce qu'il en est en conditions réelles, les chercheurs de l'Institut Pasteur ont testé 9 chats et 12 chiens dont les propriétaires avaient, pour plusieurs, montré des signes cliniques compatibles avec une infection par le coronavirus. Deux avaient même été testés positifs. Certains animaux ont bien présenté des signes qui laissaient croire à leur infection. Mais aucun n'a pu être testé positif au SARS-CoV-2 par méthode PCR. Une méthode qui permet de détecter la présence du coronavirus chez un individu et donc de diagnostiquer les animaux malades. Les tests sérologiques -- qui servent à identifier les individus ayant développé une immunité contre le coronavirus et donc ayant été malades -- n'ont pas non plus trouvé d'anticorps dans leur sang.

Les chercheurs soulignent qu'il s'agit là de résultats préliminaires. Ils permettent tout de même de suggérer que nos animaux de compagnie, essentiellement les chiens et les chats, ne sont pas aisément infectés par le coronavirus. Y compris lorsqu'ils vivent en contact étroit avec un humain touché.

Pour en savoir plus

Non, les animaux domestiques ne transmettent pas le coronavirus à l'Homme

Il n'existe « aucune preuve » que les animaux de compagnie et d'élevage puissent transmettre le nouveau coronavirus, a indiqué mercredi l'agence sanitaire Anses, soulignant qu'il était « peu probable » que le virus repasse de l'humain à l'animal.

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews paru le 16/03/2020

Le nouveau coronavirus ne serait pas transmissible de l'humain à l'animal. © Ingon, Adobe Stock

Le cas d'un chien testé « faiblement positif » au nouveau virus à Hong-Kong fin février, alors que son maître était lui-même contaminé, a soulevé des questions sur les infections humain-animal. L'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement, et du travail) a donc réuni « en urgence » un groupe d'experts pour se pencher sur cette question et celle, liée, d'une contamination par ingestion de viande.

« À la lumière des connaissances scientifiques disponibles, il n'existe aucune preuve que les animaux de compagnie et d'élevage jouent un rôle dans la propagation du virus SARS-CoV-2 », conclut l'Anses. Même si le nouveau coronavirus SARS-CoV-2, qui provoque la maladie Covid-19, est sans doute né chez la chauve-souris avant de passer par une autre espèce, puis de se transmettre à l'Homme, son passage « de l'être humain vers une autre espèce animale semble actuellement peu probable », assurent les experts.

Ils mettent notamment en avant le fait qu'« aucun virus » du même groupe que ce nouveau coronavirus n'a jamais été détecté chez un animal domestique. En effet, si chez certaines espèces, le récepteur auquel s'attache le SARS-CoV-2 pour entrer dans les cellules est présent, cette présence n'est pas suffisante pour permettre la réplication du virus, explique l'Anses, recommandant toutefois des études complémentaires pour identifier les facteurs permettant cette réplication.

Jeudi 12 mars, 2.281 personnes sont contaminées par le coronavirus en France. © Romolo Tavani, Adobe Stock

Pas de contamination par voie digestive

Les experts estiment par ailleurs que la détection du virus dans les cavités nasales et orales du chien de Hong-Kong n'est pas une preuve de l'infection de l'animal, évoquant la possibilité d'une « contamination passive » (survie du virus sur une muqueuse sans qu'il s'y réplique). Ils appellent toutefois à réaliser des études complémentaires sur ce point.

Excluant la contamination d'un animal d'élevage, l'Anses exclut donc aussi la possibilité de transmission du virus en mangeant de la viande issue d'un tel animal. Pour les experts, la seule voie possible de contamination des aliments est leur manipulation par une personne malade. Dans l'état actuel des connaissances, la contamination par voie digestive est écartée, indique le rapport. En revanche, une infection des voies respiratoires lors de la mastication « ne peut être exclue ».

L'agence plaide pour de bonnes pratiques d'hygiène et note qu'une cuisson à 63 °C pendant quatre minutes permet de diviser par 10.000 le risque de contamination d'un produit alimentaire.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !