La charge virale serait plus importante et durable chez les cas sévères. © Microgen, Adobe Stock

Santé

Le coronavirus resterait plus longtemps dans l'organisme des patients sévèrement atteints

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Selon une récente étude rétrospective, le SARS-CoV-2 resterait plus longtemps dans l'organisme des patients atteints d'une forme sévère de la maladie que dans celui des patients modérément atteints. De plus, le pic de la charge virale durerait également plus longtemps chez ce type de patients. Prudence cependant, car cette étude comporte des limites.

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La pandémie de SARS-CoV-2 a déjà contaminé plus de 2,5 millions de personnes dans le monde. Pour endiguer l'épidémie et donc la contagiosité des porteurs, il est primordial de savoir comment évolue la charge virale chez les patients infectés. Une récente étude parue dans le British Medical Journal donne quelques pistes qui devront être confirmées.

Elle avait pour objectif d'évaluer la progression de la charge virale en fonction de la sévérité de la maladie. 96 patients ont été admis dans l'analyse de données, 74 cas sévères et 22 modérés. L'échantillon est petit et disproportionné, ce qui peut conduire à d'éventuels biais. Plus de 3.497 échantillons différents (mucus, selles, sérum, urine) ont été prélevés chez les malades. Voici ce que les scientifiques ont observé et ce qu'ils en concluent. 

Charge virale et gravité de la maladie

En premier lieu, les patients de cette cohorte atteints par une forme sévère de la maladie gardent le virus plus longtemps dans leur organisme (durée médiane à 21 jours) que les cas modérés (durée médiane de 14 jours). Ensuite, le pic de la charge virale, c'est-à-dire le moment où celle-ci culmine car le virus se réplique énormément, dure également plus longtemps chez ces patients.

En effet, le pic s'observe durant la deuxième semaine chez les cas modérés, puis s'estompe alors qu'il reste élevé lors de la troisième semaine de la maladie chez les patients sévèrement atteints. Enfin, les auteurs remarquent que le virus est présent pendant une durée bien plus longue dans les selles des patients (durée médiane de 22 jours) que dans leurs sécrétions respiratoires (durée médiane de 18 jours), peu importe la gravité de la maladie. 

Une forme sévère de la maladie est associée à une charge virale détectable plus longtemps. © Halfpoint, Adobe Stock

Que faut-il penser de ces observations ? 

Il faut les prendre pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire des observations. L'étude comporte des limites, notamment le fait qu'elle ne soit pas multicentrique et que la taille de l'échantillon soit insuffisante. Les auteurs le reconnaissent eux-mêmes : « Cela peut conduire à une répartition déséquilibrée des facteurs de confusion lors de l'évaluation de l'excrétion virale et de la charge virale. » Ensuite, la charge virale est influencée par de nombreux facteurs.

La qualité des échantillons prélevés affecte directement la charge virale, de sorte que l'étude de la charge virale ne reflète que partiellement la quantité de virus dans le corps. Enfin, les tests PCR ne peuvent pas faire la distinction entre un virus viable et un virus non viable, et ne reflète pas le niveau de réplication du virus dans différents tissus. Il faut donc être prudent avec ces résultats préliminaires et ne pas en tirer de conclusion hâtive. 

  • Une étude d'observation avait pour objectif d'étudier la relation entre sévérité de la maladie et charge virale.
  • Les cas sévères auraient une charge virale plus durable et le pic de virus détectable serait présent plus longtemps. 
  • Quelle que soit la gravité de la maladie, le virus semble rester plus longtemps dans les selles des patients même lorsqu'il n'est plus détectable dans les sécrétions respiratoires.
  • Ces données sont des faits d'observation et doivent être interprétées comme telles, l'étude comportant plusieurs limites notables. 
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