Ce sont cette fois les composés qui se forment dans les e-liquides, par mélange d’arômes et de solvants, qui sont mis sur le banc des accusés. Selon les chercheurs, ils seraient toxiques. © Oleg GawriloFF, Shutterstock
Santé

Les cigarettes électroniques forment des produits toxiques

ActualitéClassé sous :Cigarette électronique , composés toxiques , vapotage

Durant l'été 2019, un sondage de Santé publique France révélait que la moitié des Français considèrent que la cigarette électronique est au moins aussi nocive que la cigarette classique. Des travaux présentés à l'occasion du dernier congrès de la Société européenne des maladies respiratoires semblent aller dans ce sens. Les composés qui se forment dans les e-liquides seraient toxiques et pourraient causer des problèmes respiratoires, cardiaques et vasculaires.

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[EN VIDÉO] Interview : les dangers de la cigarette électronique, par Paul Hofman  Moins chère et peut-être moins toxique que le tabac, la cigarette électronique connait depuis quelques années un franc succès. Futura-Sciences est parti à la rencontre de Paul Hofman, directeur du laboratoire de pathologie de Nice et chercheur pionnier dans la détection du cancer du poumon, pour en savoir plus sur les risques de la cigarette électronique. 

La cigarette électronique. Il y a un an, au cœur d'un rapport consacré à la lutte contre le tabagisme, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) la qualifiait d'« incontestablement nocive ». Mettant en avant des risques d'irritation des voies respiratoires, de la gorge et des yeux, ou encore le risque d'effets cardiovasculaires. Et avançant même qu'elle « ne devrait pas être promue comme une aide au sevrage ». Une position tranchée qui avait soulevé un tollé quasi-général.

Des doutes qui se confirment

En janvier dernier, l'OMS a encore un peu plus enfoncé le clou avançant qu'« il n'y a aucun doute que les cigarettes électroniques sont dangereuses pour la santé ». Et les études sur la nocivité potentielle du vapotage se sont multipliées. Plusieurs suggèrent que l'usage de la cigarette électronique n'est pas sans risque. Des chercheurs de l’université Duke (États-Unis) affirment même aujourd'hui que des niveaux élevés de composés toxiques se forment lorsque les fabricants de e-cigarettes mélangent arômes et solvants et lorsque les e-liquides sont stockés.

Pour en arriver à ces conclusions, ils ont analysé les cellules qui tapissent les bronches. D'abord lorsqu'elles sont exposées à des produits aromatisants tels que la vanilline, le benzaldéhyde (baies, fruits) ou le cinnamaldéhyde (cannelle). Puis, lorsqu'elles sont exposées aux composés qui se forment après mélange avec des solvants tels que le propylène glycol (PG) ou la glycérine végétale (VG). Résultat : les nouveaux composés sont plus toxiques que les composés parents et les produits dérivés du benzaldéhyde et du cinnamaldéhyde sont plus toxiques encore que les composés dérivés de la vanilline.

Une autre étude menée par des chercheurs de l’université de Yale (États-Unis) montre que certains e-liquides vendus en Europe contiennent un refroidissant synthétique destiné à simuler l’effet rafraîchissant de la menthe. Sa sécurité à l’inhalation est à ce jour inconnue. © Hanno Erythropel, Université de Yale

Une toxicité à préciser

Les chercheurs montrent que ces nouveaux composés sont responsables de réponses inflammatoires pouvant mener à une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, mais aussi à des toux et à des difficultés respiratoires. Ils montrent même que de faibles concentrations de ces produits peuvent suffire à provoquer la mort des cellules pulmonaires en endommageant leur métabolisme.

Ces résultats suggèrent que les cigarettes électroniques libèrent des mélanges chimiques instables contenant une grande variété de produits chimiques aux propriétés toxicologiques inattendues. Les chercheurs appellent donc au lancement d'études scientifiques qui permettraient d'évaluer réellement leurs niveaux de toxicité.

« Ces travaux montrent que le liquide pour les cigarettes électroniques a été mis à la disposition des consommateurs sans une compréhension et des tests de sécurité adéquats. Ils soulignent le fait que les cigarettes électroniques ne peuvent pas être considérées comme une alternative sûre aux cigarettes au tabac », affirme Jorgen Vestbo, membre du conseil d'administration de la Société européenne des maladies respiratoires à l'occasion de son dernier congrès virtuel. Il appelle les régulateurs à prendre les mesures nécessaires « pour réduire les risques autant que possible ».

Pour en savoir plus

Cigarettes électroniques : leur nocivité ne fait « aucun doute » pour l'OMS

Voilà qui va relancer la vive polémique sur les cigarettes électroniques. L'OMS publie cette semaine un nouveau rapport condamnant clairement l'utilisation de ces substituts à la cigarette conventionnelle, mais elle met en garde également contre le vapotage passif. Cette étude fait bondir, de l'autre côté, les défenseurs de la e-cigarette et experts de la dépendance au tabac. On est encore loin de pouvoir fumer le calumet de la paix ! 

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews paru le 23/01/2020

Les cigarettes électroniques sont à coup sûr nocives tant pour les vapoteurs que pour ceux exposés à leurs fumées, qui peuvent causer des dommages aux fœtus et aux cerveaux des adolescents, a mis en garde, dans un rapport, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Il n'y a aucun doute qu'elles sont dangereuses pour la santé », a conclu cette institution spécialisée de l'ONU, tout en soulignant qu'il est « trop tôt pour fournir une réponse claire sur l'impact à long terme de leur utilisation ou de l'exposition à celles-ci. »

Dans le rapport sur ces cigarettes électroniques rendu public en début de semaine sous forme de questions-réponses, l'Organisation mondiale de la Santé relève à cet égard qu'il n'y a pas assez de preuves selon lesquelles elles aident les consommateurs de tabac à arrêter de fumer. Les vapoteurs sont même davantage susceptibles de fumer des cigarettes conventionnelles, note-t-elle.

L'OMS renforce sa mise en garde en direction des jeunes gens dont le cerveau continue de se former jusqu'à 25 ans. © Licsiren, Istock

Vapotage passif et protection des adolescents d'un côté

Ces appareils « sont particulièrement risqués » pour les adolescents, a poursuivi l'OMS, dont les mises en garde sont plus fortes que celles qu'elle avait initialement lancées en 2019. « La nicotine est hautement addictive et les cerveaux des jeunes gens se développent jusqu'à leur 25e année environ », a-t-elle averti dans ce document, insistant sur les  « effets dommageables à long terme » liés à l'exposition à cette substance le plus souvent contenue dans les cigarettes électroniques. Celles-ci créent « des risques significatifs pour les femmes enceintes car elles peuvent altérer le développement du fœtus », écrit encore l'OMS. Vapoter accroît en outre les risques de contracter des maladies cardiaques ou d'être victime de complications pulmonaires, poursuit-elle.

Les cigarettes électroniques « font courir des risques à leurs utilisateurs et à ceux qui ne les utilisent pas », assure cette organisation qui exige notamment que leur usage soit solidement encadré avec, en particulier, une interdiction de les vendre aux jeunes mais également, de s'en servir sur les lieux de travail confinés ainsi que dans les espaces publics. L'exposition aux fumées sortant de ces appareils est également dangereuse, avec la présence de « substances toxiques, dont le glycol qui est utilisé dans la fabrication de l'antigel ».

La cigarette électronique est une option bien moins risquée

Erreurs et désinformation de l'autre 

Le rapport de l'OMS a suscité la colère de certains experts, à commencer par Peter Hajek, le chef de l'Unité de recherche sur la dépendance au tabac à l'université Queen Mary de Londres, qui y a vu « un militantisme contre le vapotage » et de nombreuses erreurs.

Ses auteurs « devraient assumer la responsabilité du recours à une désinformation flagrante pour empêcher les fumeurs de passer à une option bien moins risquée », à savoir les cigarettes électroniques, a-t-il estimé.


Le vapotage aurait des effets nocifs sur le système cardiovasculaire

Article de Futura avec Relaxnews publié le 07 novembre 2019

Il serait prématuré de considérer la cigarette électronique comme une alternative sûre à la cigarette, selon une nouvelle étude. Son usage comme outil de prévention contre le tabagisme ne serait pas neutre et aurait des effets nocifs sur le système cardiovasculaire. De quoi relancer la polémique entre pro et anti-vapotage, déjà ravivée cet été, après l'épidémie de maladies pulmonaires sévères aux États-Unis.

Les cigarettes électroniques pourraient avoir des effets nocifs sur le système cardiovasculaire, selon une étude publiée jeudi, qui juge prématuré de les considérer comme « une alternative sûre » aux cigarettes.

« Les e-cigarettes contiennent de la nicotine, des particules fines, des métaux et des arômes, ce n'est pas simplement de la vapeur d'eau inoffensive, souligne l'auteur principal de ces travaux, le Pr Loren Wold, de l'université de l'État de l'Ohio (États-Unis). Les études sur la pollution de l'air montrent que les particules fines (moins de 2,5 microns) pénètrent dans la circulation sanguine et ont des effets sur le cœur. Les données sur les e-cigarettes pointent dans cette direction. »

Nicotine et particules fines pointées du doigt

Cette étude, qui compile les précédents travaux sur le sujet, est publiée dans la société européenne de cardiologie (ESC), Cardiovascular Research. Les auteurs soulignent l'action de la nicotine, qui augmente la pression sanguine et le rythme cardiaque, ainsi que des particules fines, qui peuvent provoquer un durcissement des artères et des inflammations.

Tous ces effets suggèrent que « l'utilisation chronique d'e-cigarettes pourrait augmenter le développement de maladies cardio-vasculaires», jugent les auteurs de l'étude. Ils demandent davantage d'études sur les arômes contenus dans les liquides de vapotage : « Si la plupart sont réputés sûrs quand ils sont ingérés, leurs effets sont peu connus lorsqu'ils sont inhalés ».

En outre, les auteurs de l'étude réclament plus de travaux sur l'utilisation des cigarettes électroniques sur une longue durée, alors que c'est son usage sur le court terme qui est le plus souvent étudié. Cette étude est un épisode de plus dans la longue controverse autour des cigarettes électroniques. D'un côté, des autorités sanitaires comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) jugent qu'elles ne peuvent être considérées comme un outil de prévention du tabagisme en raison du peu de recul qu'on a sur leurs effets potentiels.

Cigarette contre vapotage, la controverse durera tant que des travaux sur l'utilisation des cigarettes électroniques sur une longue durée n'auront pas été rendus. © Wlodzimierz, Adobe Stock

Ingérer n'est pas inhaler

Cette position fait bondir le camp des pro-vapotage, auquel appartiennent la plupart des tabacologues. Car, pour les personnes qui fument déjà, un consensus scientifique existe sur le fait qu'il est moins nocif de vapoter que de fumer du tabac : la nicotine reste, mais les substances cancérigènes présentes dans les cigarettes ne sont plus inhalées. En effet, le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage, et non la combustion, d'un liquide qui contient la plupart du temps de la nicotine, hautement addictive mais pas cancérigène.

Cette controverse a enflé ces derniers mois à cause de la mystérieuse épidémie parmi les vapoteurs aux États-Unis. Elle a pour l'instant fait 37 morts et près de 1.900 malades pulmonaires sévères, selon le dernier bilan des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Dans les trois quarts des cas, les malades américains ont consommé dans leur cigarette électronique des produits au THC, l'agent psychoactif du cannabis, souvent achetés illégalement. Mais les causes exactes de l'épidémie sont toujours inconnues.

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