1,41 million de décès par cancers devraient survenir en 2019 dans l'UE et les taux de mortalité par cancer du sein devraient baisser cette année, d'après une étude. © nito100 / Istock

Santé

Le cancer devrait tuer 1,4 million de personnes en Europe en 2019

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1,41 million de décès par cancers sont prévus cette année dans l'Union européenne. Mais les taux de mortalité sont toujours en baisse et les chercheurs prévoient une diminution de 9 % des taux de mortalité par cancer du sein. Plus de 5 millions de décès par cancers ont été évités sur les 30 dernières années, d'après l'étude. 

Près d'un million et demi (1,41 million) de décès par cancers devraient survenir en 2019 dans l'Union européenne (UE), selon une étude parue dans la revue spécialisée Annals of Oncology. Les chercheurs prévoient aussi une baisse de 9 % des taux de mortalité par cancer du sein baisseront cette année de 9% dans l'ensemble de l'Union par rapport à 2014, sauf en Pologne. Parmi les six pays les plus peuplés, le Royaume-Uni affiche les plus fortes prévisions de baisse des décès par cancer du sein (-13 % depuis 2014), suivi par la France (-10 %), l'Allemagne (-9 %), l'Italie (-7%), l'Espagne (-5 %), alors qu'en Pologne c'est une hausse de 2% qui est prévue.

Sur les 1.410.000 décès par cancers prévus en 2019, 787.000 concernent les hommes et 621.900 les femmes. Selon les auteurs, les professeurs Carlo La Vecchia (Université de Milan, Italie) et Fabio Levi (Université de Lausanne, Suisse) et leurs collègues, les morts par cancers du poumon chez les femmes, qui ont commencé à fumer plus tard que les hommes, excéderont en 2019 ceux par cancers du sein (96.800 contre 92.800). Le cancer du poumon reste le plus meurtrier dans les deux sexes, avec 279.000 décès (dont 183.000 décès masculins) prévus pour 2019.

Des taux de mortalité en baisse continue

Ce travail confirme la tendance à la baisse continue de la mortalité par cancers dans l'UE depuis 2014, en pourcentage de la population, écrivent les chercheurs. La probabilité de mourir d'un cancer baisse en effet : les taux de mortalité standardisés diminuent en passant de 139 pour 100.000 hommes en 2014 à 131 pour 100.000 en 2019 (soit une baisse de 6 %) et de 86 à 83 pour 100.000 femmes (baisse de 3,6 %), d'après l'étude. Mais en raison du vieillissement et de l'accroissement de la population européenne (513 millions en 2018, selon Eurostat) le nombre de décès augmente modérément en nombre absolu.

« Plus d'efforts et d'investissements doivent être déployés pour prévenir la survenue des cancers les plus fréquents, en particulier en réduisant le nombre de personnes qui fument et qui sont en excès pondéral », renchérit le professeur Fabrice André (Institut Gustave Roussy, région parisienne), cancérologue et éditeur en chef de la revue. Les chercheurs ont également estimé le nombre de décès par cancers qui ont pu être évités entre 1989 et 2019 à plus de 5 millions, dont 440.000 étaient des cancers du sein, ce qui s'explique entre autres par un diagnostic et un traitement précoces.

Pour en savoir plus

Les cancers font moins de morts mais le nombre de cas augmente

Article de Futura avec Relaxnews, publié le 02/06/2015

Une très large étude américaine a étudié l'incidence et le taux de mortalité de 28 cancers dans 188 pays ces vingt dernières années. Tous cancers confondus, le nombre de nouveaux cas est en hausse à l'échelle mondiale. Cependant, grâce à une prise en charge aujourd'hui améliorée dans les pays développés, le taux de mortalité baisse.

Les chercheurs de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l'université de Washington viennent de rendre publique dans le journal JAMA Oncology du 28 mai une vaste étude portant sur le cancer et intitulée « Global Burden of Cancer 2013 ».

Ils ont analysé l'incidence, la mortalité, les années vécues avec incapacité, les années de vie perdues mais aussi les années de vie perdues ajustées sur l'incapacité (c'est-à-dire que les chercheurs ont mesuré les années de vie en parfaite santé qui ont été perdues). Ces données ont été étudiées en fonction du sexe et pour 28 cancers dans 188 pays entre 1990 et 2013.

Leurs conclusions révèlent que le nombre de nouveaux cas, pour pratiquement tous les types de cancers (c'est-à-dire l'incidence globale) est en hausse à l'échelle mondiale. Ainsi, en 2013, ils ont recensé 14,9 millions de nouveaux cas. Seule l'incidence du lymphome de Hodgkin (cancer du système lymphatique) était en baisse sur la période étudiée. Les cancers de la prostate et du sein sont en forte progression, suivis du cancer colorectal (plus 92 %), du cancer du foie (plus 70 %) et de l'estomac (plus 23 %).

Le cancer reste aujourd'hui la deuxième cause de décès dans le monde. Le taux de mortalité recule toutefois dans les pays développés. ©Tyler Olson, shutterstock.com

Hommes et femmes : les inégalités devant le cancer

Chez les hommes, l'incidence du cancer de la prostate a plus que triplé entre 1990 et 2013 avec 1,4 million de nouveaux cas en 2013 et 293.000 décès. Un fait que les chercheurs attribuent à la croissance démographique et au vieillissement de la population. Le cancer du poumon est quant à lui la principale cause de pertes d'années de vie.

Le cancer du sein représente en 2013 1,8 million de nouveaux cas chez les femmes, ainsi que 464.000 décès. Son incidence a plus que doublé en 23 ans. Il est aussi la principale cause d'années de vie ajustée sur l'incapacité au niveau mondial.

Les chimiothérapies, radiothérapies, immunothérapies et autres traitements contre le cancer sont de plus en plus efficaces et de nouveaux progrès sont attendus dans les années à venir, ce qui fera encore reculer la mortalité des cancers. © Kendrak, Flickr, CC by-nc-sa 2.

Des taux de mortalité en baisse, principalement dans les pays développés

Les progrès les plus marquants ont été constatés pour la prévention et le traitement de la leucémie infantile, notent les chercheurs. Les taux de mortalité, normalisés selon l'âge, pour tous les cancers sont en baisse dans 126 pays sur les 188 étudiés. Ils recensent 8,2 millions de décès en 2013. Les chiffres révèlent avant tout une amélioration continue de la prise en charge dans les pays développés, selon cette étude, grâce à la prévention et aux campagnes de dépistage.

Le cancer reste cependant une menace majeure dans les pays en voie de développement. Le cancer du col de l'utérus est la plus fréquente cause de décès chez la femme après 40 ans dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne où le dépistage et la prévention des cancers sont insuffisants. En Chine, le cancer de l'estomac tue le plus, tandis qu'au Qatar et aux Émirats arabes unis, le lymphome non hodgkinien est le plus fréquemment diagnostiqué chez les hommes.

Il reste important de connaître les spécificités d'incidence et de mortalité de chaque cancer selon les pays pour développer des politiques de prévention et de lutte ciblées, concluent les chercheurs. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer reste aujourd'hui la seconde cause de décès dans le monde après les maladies cardiovasculaires.

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