Le Leonardo Project a de quoi étonner : il s'agirait de mieux connaître le mode de vie, l’alimentation, l’apparence physique et le génome de Léonard de Vinci. Pour ce projet un peu fou, les scientifiques se baseront sur ses écrits, ses œuvres et ses restes – dont il faudra prouver l’authenticité.
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Récemment, des scientifiques ont étudié avec succès le génomegénome de Richard III, des siècles après son décès. Or comme Richard III, Léonard de VinciLéonard de Vinci est né en 1452, et tout comme lui sa sépulturesépulture a connu des vicissitudes qui font que sa localisation exacte - supposée être au château d'Amboise - reste à prouver.

Grâce au Leonardo Project, les chercheurs espèrent répondre à de nombreuses questions sur la vie du génie de la Renaissance : pourquoi était-il si innovant, si créatif ? D'où lui viennent ses talents ? Il y a quelques décennies un tel projet n'aurait pas été possible sans les techniques de séquençage actuelles ; aujourd'hui nous savons que l'ADNADN peut être préservé pendant des siècles, voire plus.

Dans le cas présent, il risque d'être compliqué d'avoir accès à l'ADN de Léonard de Vinci. Pourtant, Rhonda Roby, une généticienne impliquée dans le projet, se veut optimiste : « De plus en plus de techniques sont mises au point pour récupérer l'ADN de personnes qui ont touché des choses. Je pense aussi qu'il y a une possibilité de matériel biologique à l'intérieur de peintures ... Le défi serait effectivement d'obtenir ce matériel sans endommager l'œuvre d'art. » Les chercheurs ambitionnent de se pencher sur des œuvres du maître. En effet, Léonard de Vinci utilisait ses doigts comme ses pinceaux pour peindre. C'est pourquoi il est possible de retrouver des cellules de son épidermeépiderme mélangées aux couleurscouleurs de la peinture.

Le Leonardo Project implique différentes équipes de France, Italie, Espagne, des États-Unis et du Canada. Les chercheurs présentent leur projet dans un numéro spécial de la revue Human Evolution. Ils pourront vérifier les caractéristiques physiques de Léonard d'après les données historiques, ses portraits et son supposé crânecrâne. Ses maladies, blessures, traumatismes, habitudes alimentaires et activités physiques pourraient être étudiées d'après des traces laissées sur les os.

La tombe de Léonard de Vinci se trouve dans la chapelle Saint-Hubert du château d’Amboise. © StevanZZ, Shutterstock

La tombe de Léonard de Vinci se trouve dans la chapelle Saint-Hubert du château d’Amboise. © StevanZZ, Shutterstock

Des restes présumés à séquencer

Les chercheurs aimeraient étudier les descendants de la famille de Léonard de Vinci (lui-même n'aurait pas eu d'enfant, contrairement à ses frères et sœurs) et reconstruire son arbrearbre généalogique. Il faudra aussi inspecter les sols d'églises italiennes pour localiser les os des membres de la famille de Léonard : les restes de sa mère à MilanMilan et d'autres membres de sa famille à Florence.

L'équipe veut aussi travailler sur les restes supposés de Léonard, qui sont toujours entourés de mystère. Officiellement, Léonard de Vinci est enterré à la chapelle Saint-Hubert au château d'Amboise, mais des doutes subsistent sur l'authenticité de ces restes. Décédé au clos Lucé à Amboise en mai 1519 à l'âge de 67 ans, Léonard a été enterré dans la chapelle Saint-Florentin au château d'Amboise, conformément à son souhait. Mais cette chapelle a été démolie en 1802, certaines tombes détruites et des restes perdus.

En 1863, sur les lieux du bâtiment détruits, un cercueil a été découvert avec un squelette et, près de ce cercueil, une inscription LEOLEO DUS VINC pour Leonardus Vincius. Ces restes pourraient servir l'étude : il faudrait pouvoir comparer leur ADN à celui des descendants de la famille de Vinci.

Les chercheurs espèrent annoncer leurs résultats pour la célébration du 500e anniversaire du décès de Léonard de Vinci en mai 2019.