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La fatigue chronique serait une maladie biologique

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La fatigue chronique est une maladie biologique et non psychologique car elle peut être identifiée par des marqueurs dans le sang : c'est ce qu'affirme une étude publiée récemment. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour un traitement contre cette maladie.

Le syndrome de la fatigue chronique peut finir par être difficilement supportable par la personne qui en est atteint. L'état de fatigue ne cède pas au repos et le sommeil n'est pas réparateur ce qui finit par affecter le moral. © Lars Zahner, shutterstock.com

Une découverte publiée dans le journal Science Advances constitue la première preuve physique solide que le syndrome de fatigue chronique (SFC) est une maladie biologique, et non un désordre psychologique, et que la maladie comporte des étapes distinctes, affirment les auteurs de cette recherche de la Mailman School of Public Health, à l'université Columbia, aux États-Unis. Sans cause ni traitement connus, le syndrome de la maladie chronique, connu sous le nom d'encéphalomyélite myalgique (ME/CFS), a longtemps laissé les scientifiques perplexes. Il peut provoquer une fatigue extrême, des maux de tête, des difficultés de concentration et des douleurs musculaires.

« Nous avons maintenant la confirmation de ce que des millions de gens atteints de cette maladie savaient : la ME/CFS n'est pas psychologique, affirme Mady Hornig, professeur associé en épidémiologie à la Mailman School et principal auteur de l'étude. Nos résultats devraient accélérer le processus pour établir un diagnostic (...) et découvrir de nouveaux traitements en se concentrant sur ces marqueurs sanguins. »

Dans le sang circulent de nombreuses molécules. Parmi elles, certaines permettent de diagnostiquer certaines maladies. © J. Gathany, CDC

Les cytokines, des marqueurs de la fatigue chronique

Les chercheurs ont testé les niveaux de 51 marqueurs du système immunitaire dans le plasma de 298 malades et de 348 personnes en bonne santé. Ils ont découvert que le sang des patients atteints de la maladie depuis trois ans ou moins comportait des niveaux plus élevés de molécules nommées cytokines. En revanche, le sang des patients ayant contracté la maladie depuis plus de trois ans ne présentait pas ce niveau de cytokines. Le lien semble inhabituellement fort avec une cytokine appelée interferon gamma, liée à une fatigue qui suit beaucoup d'infections virales, selon l'étude. Cependant les niveaux de cytokine n'expliquent pas la gravité des symptômes, qui fluctuent selon les jours. Les malades souffrent certains jours et d'autres jours pas du tout.

« On dirait que les malades atteints de ME/CFS sont frappés de plein fouet par les cytokines jusqu'à la troisième année environ. À ce moment-là le système immunitaire montre des signes d'épuisement et les niveaux de cytokine chutent », explique Mme Hornig.

Cette découverte pourrait soutenir la théorie selon laquelle la maladie frapperait des patients vulnérables qui contractent un virus commun comme celui d'Epstein-Barr, à l'origine des mononucléoses, et qui ne parviennent pas à s'en remettre.

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