Santé

Cheveux blancs : les UV et le stress mis en cause

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Les agressions de la peau, causées par les UV, les blessures ou le stress, accéléreraient le blanchissement des cheveux. Les cellules qui les pigmentent migreraient progressivement vers les zones abîmées, jusqu'à disparaître complètement des bulbes pilaires.

Les stars aussi sont victimes des cheveux blancs. © Nicolas Genin, Wikimedia Commons, cc by sa 2.0

La couleur de la peau et des cheveux est contrôlée par les mélanocytes situés à la base de l'épiderme. Ces cellules produisent la mélanine, un pigment qui assure une protection naturelle contre les rayons ultraviolets (UV). Ainsi, lors d'une exposition au soleil, le corps bronze car la fabrication de mélanine augmente afin de protéger l'ADN des cellules.

Les mélanocytes sont au contact des kératinocytes, les cellules qui produisent le cheveu. Ces dernières se chargent de mélanine et assurent la croissance d’un cheveu doté de pigments. Cependant, tôt ou tard ils finissent tous par devenir blancs. Ce phénomène, appelé canitie, est un mécanisme naturel qui se produit en vieillissant.

Selon cette étude, l'exposition aux rayons UV accélère le processus de formation des cheveux blancs. Les cellules productrices de mélanine quittent le bulbe du poil et se dirigent vers les régions attaquées par le soleil. © georgeparrilla, Flickr, cc by 2.0

Dans la gaine externe du follicule pileux, on trouve une population de cellules souches de mélanocytes dormants, qui ne produisent pas de pigment. Lorsqu'un cheveu tombe, son unité de pigmentation est détruite et une autre se régénère à partir du réservoir de mélanocytes souches. Or le taux de mélanocytes souches diminue avec le temps et les nouveaux cheveux finissent par repousser blanc. Une fois le processus amorcé, il n'existe malheureusement pas de retour en arrière...

Les UV accélèrent la formation des cheveux blancs

D'autres facteurs pourraient accélérer le blanchissement des cheveux. Une équipe de la New York University School of Medicine s'est intéressée à l'effet d'une agression de la peau sur les mélanocytes souches. Les résultats mettent en évidence leur déplacement vers les zones abîmées, ce qui accélérerait la décoloration des poils et des cheveux. L'étude est publiée dans la revue Nature Medicine.

Les scientifiques ont utilisé des souris génétiquement modifiées contenant des mélanocytes souches marqués, afin de suivre leur déplacement au cours du temps. Ils ont ensuite réalisé une petite incision sur le dos des rongeurs et ont observé le mouvement des mélanocytes. Leurs résultats révèlent une migration des mélanocytes du bulbe des follicules pileux vers l'épiderme. Une exposition aux rayons UVB a conduit au même constat. Les chercheurs ont alors réalisé une expérience similaire sur des cultures de cuir chevelu humain et ont obtenu les mêmes résultats.

Le stress impliqué dans la migration des mélanocytes

Lors de cette étude, les chercheurs ont également montré que le récepteur à la mélanocortine de type 1 (Mcr1), qui fixe des hormones impliquées dans le stress, était essentiel à ce phénomène de migration. Chez des souris ne fabriquant pas ce récepteur, le déplacement des mélanocytes ne se produit pas. Selon les scientifiques, cela pourrait expliquer l'effet du stress sur la formation des cheveux blancs.

Ainsi, lors d'une attaque de la peau, les cellules productrices de mélanine quittent le bulbe du cheveu ou du poil pour venir protéger la zone abîmée. Les dommages de la peau au cours de la vie contribueraient donc au blanchissement progressif des cheveux. L'expression « se faire des cheveux blancs » semble trouver une justification scientifique...

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