Si l'on connaît bien mieux qu'avant les différents mécanismes par lesquels nos cellules immunitaires détectent et combattent les corps étrangers pathogènes, il reste encore beaucoup de choses à explorer chez nos petits globules blancs, notamment concernant les messages qu'ils s'envoient.

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Dans un but d'efficacité, notre système immunitaire doit toujours être sur le qui-vive. Notre survie dépend entre autres de sa réactivité et de la qualité de la communication entre nos cellules afin d'enclencher une réponse adaptée contre les divers pathogènespathogènes dont nous subissons les attaques quotidiennes. On sait que ce sont les ectosomes (des microvésicules chargées de délivrer des messages aux cellules) qui s'attèlent à la tâche d'estafette à l'aide de chemin semblable à des synapsessynapses. Mais ce qu'on ne savait pas c'est que la structure et la composition de ces ectosomes jouent un rôle majeur dans la bonne communication et dans l'efficacité de notre système immunitairesystème immunitaire.

Le saviez-vous ?

Les vaccins fonctionnent grâce à nos lymphocytes. En effet, ces derniers, après avoir été exposés à un antigène, font des réserves de soldats contre cet ennemi spécifique pour prévenir une éventuelle future agression. Au bout de quelques décennies, ces troupes s'estompent : cela explique le rôle des rappels vaccinaux.

Piqûre de rappel sur l'immunité

Notre système immunitaire se compose de plusieurs petites armées, chacune possédant ses petites unités de soldats bien spécifiques. On distingue habituellement deux grands types de cellules immunitaires : les cellules de la lignée myéloïdemyéloïde (leucocytes) et celles de la lignée lymphoïdelymphoïde (lymphocyteslymphocytes). Les lymphocytes, qui peuvent encore être déclinés en deux sous-unitéssous-unités (les T et les B, eux-mêmes possédant des sous-unités et des sous-sous-unités, etc.) sont les généraux. Ils s'adaptent aux pathogènes à combattre et enclenchent les cascades de réactions immunitaires.

Mais comme dans toute bonne attaque, ces derniers seraient mal en point sans les éclaireurs, à savoir les CPA. Ce sont des grosses cellules (cellules dendritiques, macrophagesmacrophages, monocytesmonocytes, même si les lymphocytes ont aussi la capacité de reconnaître certains antigènesantigènes) qui patrouillent dans notre organisme. Lorsqu'elles repèrent un corps étranger qui n'a rien à faire ici, elles prennent un échantillon protéique du pathogène (appelé antigène) et le présente à nos troupes d'assaut (les anticorpsanticorps) afin que ces derniers se préparent en fonction de la spécificité de l'ennemi. C'est ce principe que l'on utilise lors d'un dépistagedépistage. Par exemple, lorsque vous faites un test pour connaître votre sérologie concernant le Virus de l'immunodéficience humaine (VIHVIH), votre sang est mis en contact avec les anticorps spécifiques du VIH. Si cela réagit (en terme scientifique, on parle d'agglutinationagglutination), c'est que votre sang contient des antigènes spécifiques au virusvirus et que vous êtes donc infecté. Si rien ne se passe, vous ne possédez pas d'antigènes spécifiques au virus dans votre sang et vous n'êtes donc pas infecté.

Notre système immunitaire se compose de plusieurs petites armées, chacune possédant ses petites unités de soldats bien spécifiques. © Wax, Fotolia
Notre système immunitaire se compose de plusieurs petites armées, chacune possédant ses petites unités de soldats bien spécifiques. © Wax, Fotolia

Ce que les chercheurs ont découvert

À l'aide d'une cellule synthétique en trois dimensions, les scientifiques ont réussi à intercepter et à déchiffrer les messages envoyés par les ectosomes à l'ensemble des cellules immunitaires in vitroin vitroGrâce à une technologie de pointe (microscopemicroscope de résolutionrésolution supérieure, ciseaux génétiquesgénétiques et spectrométrie de massespectrométrie de masse), les investigateurs ont observé que ce sont ces ectosomes qui, malgré leur petite taille, orchestrent la réponse immunitaire et participent à la maturation des cellules dendritiques. Le message d'amorce de la reconnaissance d'antigène et de la création de lymphocytes peut être contenu dans un seul ectosome.

« Cette recherche a révélé que la formation et la composition de ces ectosomes dépendent d'interactions moléculaires directes au niveau de la synapse immunitaire et ont de profondes implications sur la compréhension de la communication de cellule à cellule », a déclaré le coauteur de l'étude, le docteur David Saliba. Exploiter ces nouvelles connaissances est important pour la mise au point de futurs traitements pouvant contribuer à façonner la réponse immunitaire contre des maladies spécifiques.