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L’andropause, une réalité ?

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La ménopause au masculin, c'est possible ? C'est en tout cas le résultat d'une étude menée à l'Université de Manchester. Les chercheurs ont non seulement montré l'existence de l'andropause, mais en ont également défini les critères biologiques.

L'andropause atteindrait 2,1% des hommes mûrs. © hiro008 / Creative Commons

L'andropause chez l'homme est l'équivalent de la ménopause chez la femme. Bien que souvent prise pour une légende, l'andropause réelle ou imaginaire des patients conduit les médecins américains à prescrire de la testostérone en masse. Problème : l'hormone augmente les risques de développer un cancer de la prostate. Des chercheurs de l'Université de Manchester et de l'Imperial College London se sont intéressés à la question pour y répondre une fois pour toutes, et déterminer les critères précis de l'andropause.

L'étude a été menée sur 3369 hommes âgés de 40 à 79 ans et provenant de 8 pays européens. Le but était d'identifier des signes de mal-être d'après les réponses des volontaires à un formulaire adapté sur leur vie sexuelle, leur santé physique et psychologique, et de corréler ces symptômes au taux réel de testostérone dans le sang.

Sur 32 symptômes explorés, seuls 9 ont été validés comme étant potentiellement la conséquence d'une baisse de testostérone. Parmi ceux-ci, trois symptômes d'ordre sexuel (baisse de la fréquence d'érection matinale, baisse du désir sexuel et problèmes d'érection), trois symptômes physiques (incapacité à effectuer certaines activités physiques comme courir, effectuer une marche de plus d'1 kilomètre, s'agenouiller), et trois symptômes psychologiques (perte d'énergie, tristesse et fatigue).

2,1% des hommes andropausés

L'article publié dans le New England Journal of Medicine conclu par estimation que 2,1% des hommes souffriraient d'andropause, et ce chiffre varierait en fonction de l'âge : 0,1% des hommes de 40 à 49 ans, 0,6% des hommes de 50 à 59 ans, 3,2% des hommes de 60 à 69 ans, et 5,1% des hommes de 70 à 79 ans. Une précédente étude (des mêmes chercheurs) ne prenant en compte que des données biochimiques, indiquaient que 23,3% des hommes présentaient un hypogonadisme. 

Cependant, les résultats de cette nouvelle étude sont à prendre avec des pincettes : les chercheurs indiquent que les différences de taux de testostérone entre les hommes symptomatiques ou asymptomatiques n'étaient pas grandes. Certains hommes asymptomatiques avaient un taux de testostérone supérieur au seuil, et à l'inverse des hommes dont le taux de testostérone était bas ne souffraient d'aucun symptôme. De plus, cette étude ne démontre pas le lien direct entre le taux de testostérone et les symptômes : des paramètres autres que le taux de testostérone pourraient en être la cause.

Les chercheurs concluent néanmoins par la définition des critères indiquant un hypogonadisme des hommes mûrs : une association de trois symptômes sexuels, combinée à un niveau de testostérone total inférieur à 11 nanomoles par litre, et un niveau de testostérone libre inférieur à 220 picomoles par litre. L'application de ces critères devrait permettre de réduire les diagnostiques d'andropause et donc aussi de réduire la quantité de prescriptions de testostérone.

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