La France n’est pas épargnée par les risques sismiques. Quels sont-ils ?© vchalup, Adobe Stock
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Quels sont les risques sismiques en France ?

Question/RéponseClassé sous :Géologie , Séisme , risque sismique
 

[EN VIDÉO] La sismologie, le stéthoscope qui écoute le cœur de la Terre  « La Terre est opaque mais elle est transparente aux ondes sismiques » nous explique Jean-Paul Montagner, chercheur à l'IPGP (Institut de physique du Globe de Paris), en préambule de cette vidéo. Nous plongeons grâce à elle dans les entrailles de la Terre, pour y observer sa structure et comprendre l'origine des séismes. 

La détermination du risque sismique sur un territoire permet aux autorités de mettre en place une politique de prévention ainsi qu'une préparation des secours dans les zones où le risque est le plus fort. Le risque sismique représente la combinaison de deux paramètres : l'aléa sismique et la vulnérabilité à cet aléa. La France n'est pas épargnée, avec des régions plus exposées que d'autres.

Qu'appelle-t-on aléa sismique et vulnérabilité ? L'aléa sismique représente la potentialité d'une région à subir une secousse sismique. La vulnérabilité à cet aléa repose sur l'évaluation des conséquences d'un séisme sur le plan économique et humain. Il dépend du nombre de personnes exposées, des biens et des activités présents sur le site, ainsi que de l'environnement (mer, montagne, modes de construction, qualité des matériaux de construction). La combinaison de ces deux facteurs donne le risque sismique. Il est donc possible d'avoir un risque quasi nul malgré un aléa fort, comme par exemple dans un désert.

Au contraire, une région à forte densité de population avec des habitations non parasismiques aura un risque élevé, même si l'aléa y est relativement modéré. L'aléa sismique est décomposé en un aléa régional et un aléa local. L'aléa régional est déterminé grâce à l'identification des sources sismiques et le calcul du mouvement vibratoire en surface. L'aléa local permet de prendre en compte l'influence des conditions géologiques et topographiques locales sur la vibration sismique. Il intègre notamment les effets de site.

Il s'agit des caractéristiques géologiques produisant des effets induits lors d'un séisme (mouvements de terrain, amplification, liquéfaction des sols). Certains sols ont en effet la capacité d'amplifier les vibrations, causant des dégâts considérables malgré un séisme de magnitude moyenne. Dans les plaines alluviales, les secousses sismiques peuvent également conduire à une liquéfaction des sédiments : les vibrations sismiques engendrent un tassement rapide des sédiments et chassent l'eau intergranulaire. Ce phénomène peut causer l'effondrement des habitations. La connaissance détaillée de la nature du sous-sol, du contexte tectonique et de l'aléa sismique, qui repose sur un inventaire historique des séismes, avec leurs localisations et leurs intensités, est donc nécessaire pour une prévention efficace.

Le risque sismique est la combinaison de deux facteurs : l’aléa sismique et la vulnérabilité. © BRGM

Sismicité : aléa et zonage en France

L'aléa sismique est évalué grâce à l'identification des failles actives et de leur potentiel sismique. Il intègre la magnitude, l'intensité et la période de retour des séismes. On définit ainsi un temps de récurrence qui représente l'intervalle de temps entre deux séismes successifs sur une même portion de faille. Il correspond au temps nécessaire à l'accumulation des contraintes jusqu'à une nouvelle rupture. La connaissance de cette récurrence est primordiale pour définir l'aléa sismique et ainsi déterminer le risque sismique.

En France métropolitaine, l'aléa sismique est considéré comme faible à modéré suivant les régions. En effet, la sismicité est très faible en France, mais des événements sismiques surviennent tout de même régulièrement, comme les séismes d'Annecy en 1996, de Saint-Paul-de-Fenouillet dans les Pyrénées en 1999, à Lorient en 2003, ou plus récemment, en 2019 au Teil (Ardèche) où a eu lieu un séisme de magnitude 5. Toutefois, la répartition de la sismicité est très hétérogène et en lien étroit avec l'histoire tectonique des régions.

Les zones où l'aléa sismique est le plus fort sont associées aux chaînes de montagne : les Pyrénées, les Alpes, le Jura et les Vosges. On trouve aussi une activité sismique modérée en Bretagne, Vendée et Poitou où certaines failles hercyniennes se trouvent réactivées dans la compression Nord-Sud actuelle. En revanche, les grands bassins sédimentaires comme les bassins parisien et aquitain sont pratiquement asismiques.

Carte du zonage sismique en France. © Plan séisme

Prévention du risque sismique

Chaque année, on recense en France une centaine de séismes d'une magnitude supérieure à 3. Le site du RéNaSS (Réseau national de Surveillance sismique) à Strasbourg enregistre et recense en temps réel les derniers événements sismiques détectés en France et en zone frontalière. Ce réseau de stations de sismomètres permet de réaliser une écoute sismique permanente et de voir ainsi l'évolution de la sismicité en France métropolitaine (répartition, récurrence, magnitude...).

Il est, pour l'instant, impossible de prédire l’occurrence d’un séisme et donc d'agir sur l'aléa sismique. Cependant, le risque sismique peut être réduit par la mise en place d'actions de préventions. Ces actions sont : l'information du citoyen, la réduction de la vulnérabilité des constructions et du bâti par la mise en œuvre de normes parasismiques, un aménagement approprié du territoire et une préparation à la gestion de crise.

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