Environnement, santé, réduction de la pollution…, les avantages des OGM. © BillionPhotos.com, Adobe Stock
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Découvrez les 8 avantages des OGM

Question/RéponseClassé sous :Agriculture , OGM , Riz doré

Une majorité de Français estiment que les OGM présentent un danger. Pourtant, certaines plantes génétiquement modifiées apportent de réels bénéfices en améliorant la qualité nutritionnelle des aliments, en réduisant l'usage de pesticides et en luttant contre les maladies ou pour fabriquer des matériaux aux propriétés entièrement nouvelles. Tour d'horizon de tous les avantages des OGM.

Environ 57 % des Français estiment les OGM dangereux, selon le Baromètre 2019 de l’IRSN et 86 % sont pour l'interdiction totale des cultures OGM, même dans l'alimentation animale, d'après un sondage Ifop. Beaucoup d'écologistes mettent en avant le principe de précaution et les dangers supposés des plantes génétiquement modifiées. Ces dernières ont pourtant de réels bénéfices à faire valoir.

Selon une méta-étude de 2014, les plantes OGM ont ainsi permis une augmentation moyenne du rendement agricole de 22 %, une réduction de 37 % de l'usage de pesticides et une hausse de 68 % des bénéfices des agriculteurs. Voici tous les avantages potentiels des OGM déjà existants ou à l'étude.

Améliorer la qualité nutritionnelle des aliments

Le riz doré, une variété enrichie en vitamine A, permet de lutter contre les carences responsables de la cécité de 250.000 à 500.000 enfants chaque année. Disponible depuis 2005, ce riz n'a malheureusement toujours pas pu être distribué en raison de la réglementation sur les OGM. Ont également été mis au point des tomates transgéniques cinq fois plus riches en lycopène, des huiles végétales à teneur élevée en acides gras insaturés limitant les risques cardiovasculaires, du riz enrichi en fer ou encore des pommes de terre à teneur réduite en acrylamide, un composé cancérigène qui se forme à la cuisson. Des OGM permettent également d'augmenter la quantité de certains acides aminés dans les graines, comme la lysine ou la méthionine, ce qui pourrait avantager les personnes suivant un régime exclusivement végétal.

Moins de produits chimiques et de pollution

Alors qu'une grande majorité de personnes sont réticentes à l'idée de manger des OGM, elles avalent tous les jours des fruits et légumes bourrés de pesticides. Les OGM permettent pourtant de limiter drastiquement l’usage de pesticides. Les protéines codées par les gènes Bt (issus de la bactérie Bacillus thunringiensis) permettent de lutter contre certains ravageurs bien ciblés comme la pyrale du maïs, et donc de diminuer les traitements. Mais aussi de protéger les insectes non ciblés et réduire des émissions de CO2 (moins d'interventions mécaniques, augmentation de la séquestration de carbone dans le sol). Même les OGM résistants aux herbicides (essentiellement le glyphosate) permettent en réalité de limiter l'usage de produits chimiques, en réduisant le nombre et la quantité d'autres traitements bien plus toxiques.

Les OGM permettent de réduire drastiquement la quantité et la fréquence des traitements chimiques. © Dusan Kostic, Adobe Stock

Des plantes résistantes à la sécheresse ou au réchauffement

L'Argentine envisage l'autorisation d'un blé rendu résistant à la sécheresse, commercialisé par le semencier français Florimond Desprez. Grâce à un gène de tournesol, ce dernier offre un rendement en moyenne 16 % plus élevé dans des conditions de stress hydrique. D'autres recherches visent à maintenir ou augmenter les rendements dans des conditions de températures et de concentrations en CO2 plus élevées, qui sont attendues dans le cadre du réchauffement climatique. Améliorer les capacités de résistance permettrait aussi de rendre accessibles à la culture des terres actuellement non exploitables. Des chercheurs chinois ont ainsi développé du riz capable de pousser sur des sols pauvres en phosphore.

Lutter contre les maladies humaines

Du riz transgénique contre l'allergie au pollen, des plants de tabac fabriquant de l'hémoglobine humaine, des bananes OGM qui « vaccinent » contre l'hépatite B, du maïs produisant des anticorps pour détruire les cellules tumorales ou encore des plantes de carthame qui produisent de l’insuline : en modifiant le patrimoine génétique de plantes, ces dernières peuvent synthétiser des substances immunisantes contre certains virus ou des protéines d'intérêt médical. Les OGM de type Bt limitent de leur côté le développement de moisissures toxiques, responsables de graves intoxications.

Va-t-on un jour se vacciner en mangeant des bananes ? En modifiant génétiquement les fruits, on peut leur faire produire des antigènes protégeant contre certains virus. © graja, Adobe Stock

Dépolluer l’air, l’eau et les sols

Planter des arbres est l'un des moyens les plus efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique. Si toutes les grandes cultures comme le maïs, le blé ou le soja voyaient leur capacité de stockage de carbone augmenter, on pourrait absorber encore bien plus de CO2. Des chercheurs du Salk Institute ont ainsi réussi à doper l’absorption de CO2 de plantes en leur transférant un gène codant pour une hormone. Des chercheurs californiens ont introduit des bactéries génétiquement modifiées capables de « manger » les hydrocarbures que l'on pourrait déverser dans la mer en cas de marée noire. D'autres équipes travaillent sur des plantes hyperaccumulatrices utilisables pour la phytoremédiation des sols pollués au plomb, au cadmium ou à l'arsenic. Une fois récoltées, ces plantes peuvent en outre être valorisées sous forme de biomasse pour le chauffage. Certaines plantes possèdent cependant « naturellement » des propriétés hyperaccumulatrices.

Booster la production alimentaire

Grâce à la technique CRISPR, des chercheurs de l'Académie chinoise des sciences ont réussi à produire un riz avec 25 % à 31 % de grains en plus. D'autres expériences sur le blé et le soja sont parvenues à des résultats similaires. L'amélioration des rendements permet en outre de réduire l'impact environnemental de l'agriculture. Selon un rapport de 2017, l'utilisation des OGM a permis en 2015 « d'économiser » près de 20 millions d'hectares à des fins agricoles, réduisant ainsi la déforestation et la destruction de terres sauvages. Les OGM pourraient aussi permettre de manger de nouveaux aliments. Des chercheurs ont ainsi mis au point du coton débarrassé de gossypol, une molécule qui le rend toxique à la consommation. Or, la graine de coton contient 23 % de protéines et pourrait jouer un rôle primordial dans l'alimentation humaine.

Les OGM offrant un meilleur rendement permettent de cultiver sur moins de surface, et donc de limiter la déforestation. © Viachaslau, Adobe Stock

Réduire le gaspillage alimentaire

Un tiers des aliments finissent chaque année à la poubelle. Les pertes atteignent même 45 % pour les fruits et légumes, plus fragiles. Dans la plupart des cas, en raison des mauvaises conditions de conservation au niveau des producteurs ou chez les consommateurs. La pomme transgénique Arctic, qui ne brunit pas une fois tranchée, permet de limiter le gaspillage. La pomme de terre Innate, recombinée avec des gènes d'autres variétés, évite quant à elle le noircissement interne consécutif aux meurtrissures. Des mangues, melons, bananes et ananas au mûrissement retardé ont également été développés, ce qui permet d'augmenter la durée de stockage et de retarder leur détérioration.

Développer une chimie « verte »

Remplacer le pétrole par des OGM ? C'est la promesse de la chimie verte, qui vise à produire des molécules d'intérêt industriel par des plantes génétiquement modifiées spécialement conçues, à l'instar de la pomme de terre Amflora, à teneur renforcée en amidon, qui a été finalement interdite par l'Union européenne en 2013. Destinée à un usage industriel, elle devait pourtant contribuer à produire du papier, du textile, des adhésifs et même du béton de façon plus écologique. Des chercheurs américains ont de leur côté produit des peupliers sans lignine, une substance du bois difficile à éliminer qui rend la production de papier polluante. Autres exemples : la startup Checkerspot crée des microalgues modifiées qui produisent des acides gras spéciaux améliorant l'imperméabilité et la résistance des vêtements extérieurs. Sont également à l'étude des graminées plus faciles à hydrolyser pour la fabrication de biocarburant.

Bien entendu, les OGM présentent aussi des risques : apparition de résistance aux insecticides, réduction de la biodiversité, dissémination des gènes dans l'environnement, risque d'allergie, ou perte d'indépendance des agriculteurs. Autant de paramètres à surveiller pour les scientifiques travaillant sur ces technologies.

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