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Les ascendances

Dossier - Le vol à voile chez les oiseaux
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Pour observer et comprendre le vol à voile des oiseaux, il faut se trouver dans le haut d'une falaise et à proximité d'une colonie de vautours. Un très grand nombre de prises de vue sera effectué d'oiseaux en vol, alors en route pour l'aventure...

  
DossiersLe vol à voile chez les oiseaux
 

On distingue deux sortes d'ascendances :

  • les ascendances thermiques, qui sont de grosses bulles ou des colonnes d'air chaud qui s'élèvent à partir d'un sol chauffé par le soleil. Lorsque l'air emporté est humide, la vapeur d'eau se condense tout en haut du thermique en un petit cumulusnuage de beau temps »).
© Dessin Michel Mouze - Reproduction et utilisation interdites.
  • et les ascendances orographiques (ou « dynamiques ») qui résultent du contournement par le haut d'un vent rencontrant un relief.
© Dessin Michel Mouze - Reproduction et utilisation interdites.

Comment les oiseaux parviennent-ils à détecter et à localiser les ascendances ?

Il se pourrait que les oiseaux planeurs utilisent l'indice fourni par la présence de cumulus pour localiser les thermiques. On pense en effet que certains, comme le puffin majeur (Puffinus gravis), parviennent à repérer de très loin, et en plein océan, les petites îles où ils doivent se reproduire, grâce à l'existence des cumulus qui y s'y forment et qui les surmontent. De même on a remarqué que les vautours sont capables de repérer et de suivre les alignements de thermiques (« rues de thermiques ») qui prennent naissance dans certaines conditions aérologiques, paraissant aussi réagir à des signes évidents d'ascendance tels que les cumulus en formation. Il pourrait s'agir là du résultat d'un apprentissage par la répétition de l'association : cumulus-ascendance.

D'autres indices signalent souvent l'existence d'une ascendance : ce sont les éléments légers - débris végétaux, plumes, insectes... - qui sont emportés par le courant d'air et qui peuvent monter jusqu'en haut de l'ascendance.

Une ascendance thermique pourra aussi se signaler aux oiseaux planeurs par la présence d'autres oiseaux insectivores en cours de ravitaillement, ou d'oiseaux de leur propre espèce déjà en cours d'ascension. Ainsi un pélican quittant sa zone de pêche repère de très loin des congénères occupés à spiraler dans un thermique, et on le voit se diriger sans hésitation vers la base de cette ascendance pour en profiter, lui aussi.

© Michel Mouze - Reproduction et utilisation interdites.

Par contre, les cigognes en migration ne semblent pas sensibles ces indices parfois très évidents de thermiques, mais elles pratiquent un autre mode de repérage de l'ascendance, tactique coopérative permise par leur comportement social et leur vol en grand nombre : ces oiseaux, souvent en groupes de plusieurs centaines d'individus, volent à quelques mètres les uns des autres en formations très étalées latéralement, et non alignées, ce qui fait qu'une troupe entière balaye le niveau de vol sur une très grande largeur. Aussitôt qu'une partie du groupe entre - fortuitement - dans une ascendance et s'élève par rapport aux autres, leurs congénères convergent vers eux, et si le thermique est assez développé, le groupe tout entier se concentre rapidement dans la zone où ça monte le plus vite.